Mercredi 21 janvier 2015 3 21 /01 /Jan /2015 09:19

ido

images-13jan10 1113 Rb 

 

 

calice, ô puits des merveilles


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Lundi 19 janvier 2015 1 19 /01 /Jan /2015 18:34

 

 

dans tes arcanes sombres

fébrile je m'avance

volontiers je m'expose

à ta douce morsure

tout mon être est poreux

à ton amer venin

serein je m'abandonne...

délicieux châtiment

 

 

 


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Dimanche 18 janvier 2015 7 18 /01 /Jan /2015 18:16

 

asatsuyu...


nul autre que toi ne sait

ramener au foyer

mes pensées vagabondes

 

 

nul autre thé ne sait

assagir

mes pensées vagabondes

 

 


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Samedi 3 janvier 2015 6 03 /01 /Jan /2015 18:23

 

 

chaleur, obscurité, anoxie

la liqueur est l'aveu

des feuilles mises au supplice

 

 

 

écrire en lettres éphémères

des mots d'eau offerts à la pierre

formes graciles, pensées fragiles

murmures de l'âme

bus par le roc !


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Samedi 8 novembre 2014 6 08 /11 /Nov /2014 17:38

 

le thé est une pluie

qui irrigue ma terre

lentement s'infiltre

glisse dans les interstices

nourrit mes chairs profondes

apaise mes tensions de surface


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Samedi 27 septembre 2014 6 27 /09 /Sep /2014 18:04

 

Le thé offre vraiment des expériences de vie qui nous permettent de mettre le doigt sur des choses qu'on ne percevrait probablement pas de façon aussi fine sans lui.

 

Ceci fait le lien avec le dernier commentaire que tu as rédigé Jean-Frédéric.

 

Depuis 10 jours, j'ai ouvert un sachet d'Asatsuyu 2014. Asatsuyu est mon sencha préféré. Un fukamushi de l'île de Kyushu, aux étonnantes saveurs de fèves, de légumes, très végétal, une liqueur émeraude d'une beauté inégalable selon moi. Or cette année, quelque chose ne va pas. A l'ouverture du sachet, j'ai constaté que la mise sous vide n'avait pas tenu, que de l'air avait pénétré le sachet. Et puis ce parfum d'habitude si frais, de petits fruits rouges, n'était pas là. Mauvais pressentiment donc. Le lendemain dans la tasse, effectivement je n'ai que peu trouvé mes repères. Pourtant depuis 4 ans que je connais ce cultivar, rares ont été les dégustations décevantes. Ce n'est pas mauvais, mais il n'y a pas les notes si particulières de ce sencha. Comme des notes parasites issues d'une oxydation des feuilles dans le sachet durant quelques semaines...?

 

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jardin de Tsujimura Shiro, Nara, Japon

 

Je suis ressorti déçu de la première dégustation. J'ai hésité avant de refaire ce thé un matin suivant. Puis je l'ai refait. Première gorgée : même constat. Je me suis alors rendu compte que j'avais le choix entre 2 attitudes :

 

- considérer ce thé relativement à ce qu'il a toujours été pour moi, donc ici décevant alors qu'il est d'habitude bouleversant. Et donc prolonger cette déception pendant 1 mois et demi, le temps du sachet. Sachant que j'en ai 2 autres sachets qui eux sont restés parfaitement sous vide. Que j'espère donc meilleurs et fidèles à mon souvenir de ce thé. Me dire donc : "ce thé n'est pas bon, alors qu'il a toujours été bon, et que les prochains sachets seront probablement meilleurs".

Penser "relatif".

 

- prendre ce thé pour ce qu'il est. Certes imparfait. Peu fidèle aux millésimes précédents. Mais buvable néanmoins. Essayer en dépit de tout d'en tirer le meilleur. Varier les terres de kyusu, les yunomi, les paramètres de préparation. Ne pas y chercher les notes d'Asatsuyu mais y prendre juste ce qu'il y a.

Penser "absolu".

 

Je m'efforce d'adopter la seconde attitude depuis 10 jours. Et je peux redire la même chose que toi Jean-Frédéric : "je suis heureux avec ce thé". Il m'invite à un chemin passionnant. Il est meilleur chaque jour. Je le garde souvent très longtemps en bouche, pour chercher et chercher encore ne serait-ce que quelques secondes de délicates saveurs en bouche. Et j'y arrive !

 

Cette expérience involontaire me fait réaliser à quel point il est difficile de vivre l'instant dans son absolu, dans sa vérité nue du moment. Combien de fois j'ai vécu un moment de thé matinal en relatif par rapport à la veille ou au lendemain ! Se dire que la vie commence "maintenant...et maintenant...et maintenant". Se dire que c'est là, dans ce petit coin thé sous le toît, de 6h30 à 7h30, que les choses se jouent. Qu'il ne dépend que de toi de faire de cet ici et maintenant la pierre précieuse de ta journée, dont l'éclat éclairera tes pas toute la journée durant.

 

Cette expérience je pense ouvre un champ pour moi, à explorer, approfondir. Accentuer encore cette force centripète que me mène vers moi, et faire perdre de son intensité à la force centrifuge qui me dilue dans le monde...

 

 

 

Il est, dans mon salon, un vieux coffre de rose
près duquel je m’assieds à la tombée du jour

Je pose mon bâton, boueux des coteaux verts,
dans l'angle noir où dort ma pauvre vieille chienne.
Sur mon chapeau fané par les obscurs feuillages
je jette un rameau rouge en fruits de houx luisant,
et, tandis que j'écoute à l'entrée du village
mourir la cloche obscure et rauque d'un bœuf lent,
je pense à ton amour qui veille sur mon âme
comme un souffle de pauvre à quelque pauvre flamme.

 

Francis Jammes, Elégie huitième, Le deuil des primevères

 

 


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Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 11:02

L'autre jour, je dégustais un pu er shu au petit déjeuner.

 

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Un thé tout simple, simplement préparé en grande théière. 20€ la galette. Dégusté seul ou avec des tartines beurrées.

 

Quelques minutes après, je me connectais à internet pour admirer les Chawan exposés à la galerie Ippodo de New York. Dont ceux de Tsujimura Shiro.

 

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Un bol somptueux, oeuvre d'un artiste japonais renommé, exposé dans une galerie réputée.

 

Et là j'ai réalisé à quel point le thé pouvait s'exprimer sous des jours différents.

 

 

shu noir

chawan noir.

même chose

 

 

Je me suis dit : "En fait, ce petit pu er me rend - peut-être - aussi heureux que le ferait ce Chawan incroyable...".

Un petit thé sans prise de tête, facile à préparer, plein, apaisant. Génial moment.

Versus

Un matcha solitaire et silencieux dans ce tsutsu Chawan prestigieux.

 

J'aime ces 2 faces du thé.


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Samedi 6 septembre 2014 6 06 /09 /Sep /2014 18:58

Vendredi 6h30.

Yumewakaba 2014.

Shudei kyusu Yamada So.

Yunomi Shigaraki Kengo Saeki.

 

P1120002.JPG

 

 

Je suis heureux d'utiliser des ustensiles et un thé "simples" et "éprouvés" :

- mon plus ancien kyusu : bientôt 4 ans d'une utilisation régulière, 2-3 fois/semaine

- yumewakaba, un des 3 premiers sencha qui m'ont fait tomber amoureux de cette famille de thés en 2010

- un yunomi cuit au feu de bois, de forme simple, sans chichi, pas cher.

 

J'aime retrouver le matin des ustensiles sans prestige particulier, mais chers à mon coeur.  Je me sens à l'aise avec eux, pas impressionné, comme je peux l'être avec d'autres ustensiles (dont je reparlerai ultérieurement...).

 

 

 

Je me rends compte aussi que je choisis mon thé du matin, entre autres, selon le type de journée que je vais passer. Ce vendredi c'était journée de terrain dans les champs de maïs, nature, soleil, activité physique, grand air. J'avais besoin le matin d'un chaki (ensemble des ustensiles) proche de la nature, d'un thé simple, fort, végétal, boueux...D'où ces terres rouges du kyusu et du yunomi, ce fukamushi simple et franc. Une journée au bureau, à réfléchir sur des trucs plus compliqués par exemple, je sens que j'irais plus vers un thé "de bouche", comme un futsumushi sencha de montagne, dans une petite tasse délicate.

 

Intéressant de voir jusqu'où peuvent aller les liens entre ses ustensiles et thés et sa vie professionnelle, familiale ou autre...Le thé n'est pas un sujet clos, qui se suffit à lui-même, s'auto-alimente et produit des effets juste pour lui-même. Non, le thé est pleinement dans ma vie. Le moment de thé est pensé selon ma vie pratique du jour, et il continue d'infuser dans ma tête durant la journée entière...

 

Est-ce de ce fait paradoxal avec ma réflexion de l'article précédent ? selon laquelle j'essaie pendant mon heure de thé de me couper du monde...

 

 

 

 


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Jeudi 4 septembre 2014 4 04 /09 /Sep /2014 17:25

Je reprends ce blog après plusieurs mois d'absence...Je ressens le besoin d'écrire sur mes moments de thé matinaux...Je vais essayer de relater ici mes expériences, émotions et réflexions au quotidien...comme un journal...

 

 

20140311_102339.jpg

 

Ce matin. 6h35.

Yabukita futsumushi sencha de Shizuoka. Robustes aiguilles de tailles inégales. Superbe thé oeuvre de Mr Shigeta.

Kyusu de mon ami Taisuke-san.

Guinomi Ido Omae Satoru.

 

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Je ressens un privilège immense de pouvoir vivre de tels moments. La 1ère tasse de cette liqueur de sencha vaut tout l'or du monde. J'y passe près d'un quart d'heure.

 

Désormais je ne prends plus de notes pendant mon heure de thé japonais du matin. Je ne lis plus non plus, ou presque plus, sinon de la poésie. Je m'efforce, sans grand succès pour l'instant, de faire le vide, m'extraire du monde pour entrer en moi-même. Pas facile. Les activités de la journée de travail à venir envahissent inévitablement ma tête. Entre autres...

 

J'essaie d'accompagner le trajet de la liqueur qui coule dans mon corps pour apaiser les tensions, laisser retomber la turbidité des idées et des émotions comme le dépôt lentement sédimente dans un verre d'eau sale que l'on vient de remuer.

 

J'essaie aussi d'écouter le silence pour me concentrer. Et de délier les gestes, de les accompagner du souffle.

 

Mais j'ai encore un immense chemin de pratique à parcourir...

 

 

Je me rends compte que la tasse joue un rôle grandissant dans ma pratique du thé japonais. Je suis un grand amoureux des théières, kyusu japonais en particulier. Mais la tasse, guinomi ou yunomi, est finalement l'ustensile que l'on a en main le plus pendant une dégustation. La théière une fois la liqueur versée est reposée sur le plateau. Alors que je garde la tasse en main tout le temps de déguster la liqueur. Le contact physique avec la main et les lèvres donne à la tasse une grande importance.

 

En la matière ce Guinomi Ido est une perle rare. Son émail craquelé est comme la peau d'une main crevassée par le temps et le travail. Il me fait penser aussi à ces terres arides dont la couche de surface se fendille et se soulève comme pour appeler à l'aide...

 

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C'est sur cette terre que je construis la base de ma journée.


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Mercredi 2 avril 2014 3 02 /04 /Avr /2014 14:33

les vagues déferlent sur les rocs,

mes dents

l'écume blanchit la plage,

ma langue

une tempête de pu er fait rage dans

ma bouche

 

 

le thé est l'axe central de la centrifugeuse qu'est la vie

 

 

un thé, un point

patiemment je trace

une ligne de vie

 

 

chaque matin je taille un diamant

dont l'éclat

éclaire mes pas

toute la journée durant

 

 

ta sève coule en moi

tasse tronc

mes veines et ton phloème

communiquent

 

 

en vain j'ai cherché ce matin

à percer le mystère de ta liqueur opaque

mais tu es demeurée

impénétrable

à la lumière de mon coeur

 

 

face à face, dans la boue

deux chevaux mâchent leur foin

qu'il semble chaud et croquant !

 

 

le coureur tente en vain

de suivre la branche morte

sur la rivière en crue

 

 

les chaudes et brillantes paillettes

accueillent l'austère liqueur

comme le printemps jaune des colzas

reçoit mon corps fatigué

 


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