Voilà maintenant 1 an, à quelques jours près, que je chemine sur ma voie du sencha. Flash-back.
Le 11 juin 2010, je recevais mon kyusu Watanabe Tozo, qui officie désormais chez Sébastien / Vacuithé.
Quel coup de coeur avec cette terre de l'île de Sado, si soyeuse, cet objet robuste et délicat à la fois, ses formes rondes, caressantes...
Une semaine plus tard arrivait ma commande de thé à Yoshiaki Hiruma, Saïtama. Vous en voyez ici un paquet, en l'occurence le fukamushi fabriqué avec le cultivar Hokumei ほくめい. Quelle claque
! Au même moment j'ouvrais le paquet de son Kukicha Honeppoi yatsu 骨っぽい奴. Reclaque ! Sur le coup je me suis dit que c'était là ma plus grosse émotion de thé (pour reprendre feu le titre de mon
blog). 1 an après, je confirme. Ce sont ces thés qui aujourd'hui me donnent le plus de plaisir, les meilleures sensations gustatives, mais bien au delà...
Découverte donc du sencha 煎茶 au travers de thés très...atypiques des sencha...ça je m'en rendrai compte plus tard...
L'été s'écoule...je continue à boire mes thés rouges le matin (assam, darjeeling, qimen, yunnan...). Le thé vert japonais est un petit (grand !) plaisir occasionnel...Le kukicha fait merveille
par les fortes chaleurs : facile à boire, raffraîchissant. Le Hokumei sied aussi bien au contexte : du végétal très typé, additionné de notes fleuries très fraîches, une amertume très
regivorante...
Septembre 2010 : nouvelle rencontre décisive, avec JF, qui me présente le travail de la famille Yamada : Yamada So 山田 想 et son père Yamada Emu 山田常山, désormais appelé Yamada Jozan IV. Ce dernier
est le fils de Yamada Jozan III, décédé en 2005, et qui fut le premier artiste japonais fabriquant des objets de thé (chaki) à être nommé Trésor National Vivant au Japon. Je tombe en admiration
devant les pièces 'Yakishime' de ces potiers (pièces cuites au feu de bois).
Voici une photo prise ce matin même. Mon kyusu Yakishime signé Yamada So. Incroyables oeuvres de la nature. Créées par l'homme à l'origine, mais oeuvres sur lesquelles la nature - le bois, le
feu, la terre... - vient mettre sa patte, imprimer son empreinte. Hasard des couleurs, des motifs, des textures...Echo au tronc d'un hêtre que je croise dans mes ballades...petit coussin de
mousse sur une pierre...il y a tout ça sur ce kyusu.
Mais bizarrement, le 22 septembre 2010, ce n'est pas un kyusu de ce type que je reçois du Japon, mais son frère, argile rouge, cuit au gaz, shudei en japonais 朱泥急須.
Ici une des toutes premières photos que je prenais de ce kyusu. Sans l'avoir prémédité, plannifié...voici qu'entre chez moi une concurrente directe de la théière Watanabe Tozo.Et son exacte
opposée. Watanabe Tozo c'est : parois épaisses, surface lisse, anse et bec très discrètement attachés au corps de la thèière, dans un mouvement très fluide. Yamada So c'est : parois fines,
surface granuleuse, et ces marques caractéristiques aux points d'attache des bec et manche, la terre écrasée par les doigts du potier ou par un petit instrument.
Je vais très vite mettre Watanabe Tozo au placard...avec une certaine nostalgie, car c'est elle qui m'a ouvert la voie au thé japonais...
04 novembre 2010 : autre date fondamentale. Première dégustation d'un thé japonais dès le saut du lit, 6h30. Depuis bientôt 10 ans, le thé rouge fait mon bonheur au petit-déjeuner. Darjeeling les
premiers temps, Qimen, Yunnan...plus rarement un assam, quelques fois un petit pu er shu...En tout cas une liqueur foncée, forte, dans ma théière Wendan 35 cl terre marron. Le tout accompagné de
tartines marmelades d'orange...Ce petit rituel prend fin ce 04 novembre. Un peu fébrile, pas bien réveillé, je tente le sencha au réveil. Mais ce n'est pas qu'une expérience, une
curiosité...Non, c'est devenu une nécessité : le thé japonais doit devenir quotidien. Non tant par addiction, mais par hygiène de vie, par discipline. Le thé japonais ne peut être un petit
plaisir, une gourmandise occasionnelle. Il DOIT être ce compagnon du quotidien. Cela s'impose à moi, naturellement...
Depuis cette date, je consacre environ 1 heure le matin, 6h30 - 7h30, au thé japonais. Même plateau marron, alternance shudei - yakishime.
Décembre 2010 : commande de thés chez Maruyama-en. Je découvre le sencha "traditionnel, classique". Moins avant-gardiste que celui de Hiruma-san. Je redoute un peu cet instant : "Et si mon amour
du thé japonais se limitait à ces thés de Saïtama, évidemment thés verts japonais dans toute leur noblesse, mais malgré tout des thés atypiques, nés de l'imagination et du savoir-faire
incroyables de ce grand maître de thé...?". Ma crainte sera rapidement dissipée. Enorme coup de coeur en effet pour 2 thés : un Sayama cha 狭山茶, de la même région que les thés de Y. Hiruma, mais
fabriqués selon une méthode très classique ; et un Asatsuyu あさつゆ.
Le Sayama m'ouvre la voie des fukamushi sencha, étuvage long, feuilles brisées, parfois poudreux, en l'occurence ici avec une phase finale de fabrication qu'on appelle hi-ire, très marqué, qui
donne au thé une saveur sucrée, très douce, voire douceureuse comme le dit si bien Florent, notre sommelier en thé japonais, grâce à la gentillesse de qui j'obtiens d'ailleurs cette commande de
bien jolis thés. J'adore ce thé !
Asatsuyu est aussi une découverte forte. Cultivar à nul autre pareil. Saveur prononcée de fèves, haricot, avec aussi de la menthe et du brocoli ! Mélange bizarre...mais je suis vite conquis par
ce thé, qui ne me quitte plus depuis lors.
Février 2011 : Voilà que la République Tchèque fait irruption dans cette histoire franco-nippone !
J'entre en contact avec Petr Novak, qui me propose avec une infinie gentillesse de fabriquer un set de thé adapté à mes besoins. Je souhaite un set tout terrain ! Amener partout avec moi mon thé
japonais, voilà le but. Au bureau...et l'envie secrète de thé dans la nature...Samedi 12 février je reçois cette théière et cette tasse. Génial !
Ce set fait mon bonheur au bureau, quand j'ai le temps après déjeuner. En déplacement en week-end ou pendant les vacances...Et évidemment dans la nature. Petit sac à dos, théière et tasse dans
leur petite boîte en carton, thermos, sachet de thé. Assis sur une pierre au bord d'un petit ruisseau, dans une bande enherbée jouxtant un champ de colza en fleur, dans un parc proche de mon
bureau, ...multiples théâtres de mes bonheurs de thé...
Février 2011 c'est aussi une nouvelle commande de thé, chez Thés du Japon, la boutique de Florent. Magnifique sélection. Superbe travail de notre nihon-cha instructor. Okuyutaka confirme mon
amour pour les fukamushi au hi-ire marqué. Un nouvel Asatsuyu dont je suis dingue. Kôshun, futsumushi de Shizuoka, étuvage standard : caramel au beurre salé de Guérande, noisette, luxueuse
astringence, délice !
11 mars : Sendaï tremble, et moi avec. Le couvercle de Shudei tombe. Brisé en 3 morceaux. Il est encore plus beau aujourd'hui.
20 avril : arrivée du kyusu Yakishime. La nature sur mon plateau à thé.
8 juin : arrivée du shincha 2011. Kagoshima Saemidori, Sakimidori, évidemment Asatsuyu. Ouvert Saemidori : quelles feuilles, quel parfum ! Quelle caresse...
1 an
Environ 1700 g de thé consommé
4 kyusu : Yamada So (2 shudei et 1 Yakishime), Petr Novak
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kukicha honeppoi yatsu
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骨っぽい奴
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hojicha okorinbou
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おこりん棒
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manma
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まんま
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hokumei
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ほくめい
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yumewakaba
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ゆめわかば
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sayamakaori
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さやまかおり
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fukumidori
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ふくみどり
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fumika
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ふみか
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chakakacha
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茶花花茶
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taishou
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大賞
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bihakkou tsuyayaka
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つややか
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hanhakkoucha
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てふてふ
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asatsuyu
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あさつゆ
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tamaryoku cha
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玉緑茶
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sayama
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狭山茶
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kabuse cha
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かぶせ茶
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kawane
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川根
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kagoshima, oku-yutaka
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おくゆたか
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kagoshima, asatsuyu
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あさつゆ
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yame
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八女茶
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shizuoka, hon.yama
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本山
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shizuoka, kôshun
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kama-iri cha
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釜炒り茶
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Des rencontres, hélas uniquement virtuelles :
F, Mulhouse
JF, Grenoble
Yoshiaki Hiruma
Hiroshi Kurimoto
Toru Yoshikawa
Hajime Koie
Yamada So
Florent
Petr Novak
Domo arigato gozaimashita.
Watashi wa ocha daisuki desu.