Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 13:05

Mais que se passe t-il ? Je suis là, au bureau, concentré sur mon écran d'ordinateur, et voilà que me parviennent de délicieuses effluves d'un parfum que je connais...Mais oui, c'est un parfum de pu er ! Un pu er en vrac de 1992. Ca sent la terre humide, un parfum dense et sombre, additionné d'une pointe de camphre, une note mentholée très rafraîchissante. Mais comment est-ce possible ? Un collègue de bureau m'aurait caché sa passion pour le thé et ferait infuser en ce moment quelques feuilles de ce magnifique pu er ? Non, impossible...En cherchant d'où peut provenir ce parfum, je me dirige vers la plante qui me tient compagnie sur le bout de mon bureau. Mais bien-sûr ! Je l'ai arrosée il y a quelques minutes et c'est elle qui émet cette odeur si agréable. Savoureuse expérience que de sentir au dessus de cette plante l'exacte réplique du parfum terrien et camphré que d'habitude je sens au dessus de ma théière taïwanaise alors qu'y séjournent des feuilles de pu er 1992. Magnifique moment. Je crois que ce soir je vais déguster ce pu er, en relisant Proust...


Par Lionel - Publié dans : Au quotidien... - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 17:15

Fin 2006 a eu lieu un concours de haïku sur le thème du thé. J'y avais participé. Je ne figure pas parmi les 5 lauréats, dont vous pouvez lire les haïkus à l'adresse suivante : http://www.afhaiku.org/aphp/page1.php?page=afh-the2006.

C'est drôle, car j'ai vécu avec la gagnante le moment de thé qui, je pense, lui a inspiré son haïku. Il s'agissait du chanoyu pour Hatsugama 2006. Hatsugama est la première cérémonie japonaise de l'année, au cours de laquelle notre professeur de chanoyu avait sorti ses plus beaux objets, dont l'antique bouilloire dont parle Chantal Peresan-Roudil.

Voici ci-dessous les 2 haïkus que j'avais envoyés. Ce sont quasiment les premiers haïkus que j'avais écrits sur le thé. Peut-être que les textes que j'ai écrits depuis (et que vous avez eu la chance de lire !) auraient fini en meilleure place dans ce palmarès, mais tout cela importe peu...

 

la barque tangue

la mer et la vie s'agitent

ouf ! une île : le thé

 

abri protecteur

rouge le matin noir le soir

deux thés pour un toît


Par Lionel - Publié dans : Haïku - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 17:15

Un petit clin d'oeil à Philippe de "La Galette de thé" et Basquiat, tous deux grands amateurs de galette, à boire ou à écouter...

 

Yixing et tasse qing

le bateau le pot et l'eau

symphonie du thé

 

(à lire à voix haute...)


Par Lionel - Publié dans : Haïku - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 16:27

5h30 ce matin. 4 g de la galette 1998 (n°31 - M3T). Théière Yixing ancienne. Parfum des feuilles sèches puis rincées : minéral, légèrement acide, complexe. Ma Yixing permet une analyse des parfums des feuilles moins fine que ma théière taïwanaise (cf une photo d'un post précédent). La Yixing seule dégage un parfum lorsqu'on la chauffe, ce qui est assez fascinant, parfum qui est la résultante des nombreuses infusions qu'a subie cette théière...

La 1ère liqueur est un peu fermée, elle manque d'expression. Mon palais à cette heure n'est-il pas prêt ? Un pu er bien plus fin que d'autres pu er de cet âge que j'ai goûtés par ailleurs. Retour sur les feuilles : eau de vie, vin cuit, Pineau ? Liqueur assez courte en bouche.

La 2è liqueur est plus foncée. Je trouve qu'elle manque un peu de relief, elle est plutôt plate. Elle n'a pas le mordant et le fond d'un Tuo Cha 1986 (aussi M3T), par ailleurs sublime (j'en reparlerai). Mais je me rends compte raisonnant ainsi que je suis dans le relatif, dans la dualité. Or le zen m'enseigne : "Ce qui est, est". Je dois savoir apprécier ce thé pour lui même, pour ce qu'il est indépendamment d'un autre pu er peut-être meilleur...Ce pu er est donc assez plein en bouche, mais à mon sens trop plat et court. Cependant, la liqueur donne d'assez jolies choses lorsqu'on "joue" avec en bouche, lorsqu'on l'oxygène.

La 3è liqueur est très jolie, j'y perçois des notes fruitées en fin de bouche, sur la dominante minérale, forestière et doucement camphrée. La 4è liqueur est parfaitement équilibrée, plus mordante, grâce à un temps d'infusion plus long (1 minute au lieu de 15-20 secondes). Ces jeunes pu er (mais pas trop jeune tout de même) sont ceux qui me transportent le mieux en forêt, plus que les pu er plus âgés aux notes plus gourmandes, parfois sucrées (chocolat, cacao...). Ces jeunes pu er sont pour moi plus sauvages, plus exigeants, moins purement  "délicieux", à l'image de la nature je trouve...

La 5è liqueur est plus claire, j'y trouve moins de matière. J'ai vraiment l'impression de "manger des feuilles mortes". Les 6, 7 et 8è liqueurs sont très belles : plus légères de corps, mais d'une douceur infinie, plus complexes et subtiles qu'au début. La 8è liqueur est peut-être la plus jolie de toutes, ce qui n'est pas commun dans une dégustation. Preuve que ce thé a une durée de vie très importante. Sur les 9 et 10è liqueurs je trouve une note de confiture d'abricot.

En résumé, une jolie dégustation, essentiellement minérale et forestière, avec une très belle évolution au fil des infusions et des liqueurs tardives à ne pas négliger...Ce gongfucha matinal m'a inspiré les quelques textes suivants...

 

dans la théière elles s'étirent

les feuilles de pu er

moi aussi

les anciennes feuilles de thé

et mes yeux fatigués

s'ouvrent à l'unisson

l'eau bouillante réveille

les belles endormies

petit matin

je quitte notre lit

pour trouver la liqueur

d'un amour à l'autre

 

je quitte mon amour

pour trouver mon amour

du lit à la liqueur

 

(lequel de ces deux derniers haïkus préférez-vous ?)


Par Lionel - Publié dans : Dégustations - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 18:34

 

boire un peu d'histoire

ou croquer une fleur - ce soir

pu er ou wulong ?


Par Lionel - Publié dans : Haïku - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 16:41

 JOYEUSES FETES et BONNE ANNEE 2007

 

Avez-vous remarqué qu'au delà des six familles de thé (blanc, jaune, vert, bleu-vert, rouge, noir), il existe deux grands types de thés ? La classification que je vous propose ici ne repose pas sur des critères liés au processus de fabrication, mais sur la nature de la liqueur, sa structure plus exactement. D'un côté, les thés que je qualifie de "monolithiques", simples, bruts, de l'autre, des thés complexes, polychromes, polymorphes. Dans la première catégorie, je range essentiellement les thés rouges et certains pu er. Dans la seconde, les wulongs et d'autres pu er.

En quoi consiste une dégustation de thé ? En la rencontre entre soi et le thé. En l'occupation par la liqueur d'un espace-temps. L'espace de la bouche et du nez, le temps du thé...Chacun de ces deux types de thés occupe l'espace et le temps à sa façon. Les premiers sont francs, immédiatement entiers, instantanément eux-mêmes. Ils se présentent à nous sans apparat. Ils sont là, simplement. La liqueur est souvent sombre, marron, brune. Dès l'entrée en bouche, le caractère est affirmé, il variera peu même si l'on "joue" avec la liqueur en bouche. Pas de notes de tête ou de notes de queue. Assez peu d'évolution au fil des infusions. Ils occupent l'espace-temps par leur simplicité et leur personnalité unique et forte. Un Yunnan (Dian Hong), un Keemun (Qi Hong), un Lapsang souchong...Fiers monolithes, solides blocs de pierre, inaltérables et inusables. Mon coeur ne se lasse pas de les rencontrer. Les seconds thés sont plus mystérieux, ils ne dévoilent leurs charmes qu'après quelques préliminaires...Petit à petit, on les découvre dans toute leur complexité, pas à pas on chemine dans la diversité de leurs arômes et de leurs parfums. En bouche c'est le feu d'atifice : "Ô le miel ! Ô le chevrefeuille !". Kaléidoscopes, symphonies de fragrances. Cui Yu, Si Ji Chun, Mi Lan Xiang, Da Hong Pao...Rares pépites, précieux diamants aux multiples reflets.

Je vais vers les premiers quand je me sens dispersé, dilué dans les contingences de la vie quotidienne. Ils m'apportent unité et simplicité. Je rencontre les seconds en toutes autres circonstances. Quand mon corps et mon esprit, déjà en harmonie, veulent s'offrir un voyage exotique et coloré, aux mille aventures et rebondissements.


Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 07:54

En écho au magnifique haïku de Buson :

devant le chrysanthème blanc

les ciseaux un instant

hésitent

 

je vous propose :

frêle bourgeon de thé

la main de la cueilleuse un instant

hésite


Par Lionel - Publié dans : Haïku - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 12:57

"Je me plais dans mes pensées" fait dire Hugo à Marius dans Les misérables. Je me permets de reprendre cette phrase à mon compte et de la compléter pour dire : "Je me plais dans mes pensées de thé". J'aime vagabonder dans l'espace fermé de ma boîte cranienne, espace peuplé d'infinies richesses théistiques. Assis dans le train alors qu'à travers la vitre passent encore timides les rayons du soleil de mai, j'embarque pour Darjeeling et ses jardins aux noms prestigieux : Castelton, Jungpana, Margaret's Hope, Makaïbari...Le parfum végétal et doucement fruité de ses liqueurs est comme une vague qui envahit mon corps de fraîcheur. Fin d'après-midi d'automne. Sous la nuit tombante, les essuie-glaces s'activent courageusement pour venir fouetter les gouttes de pluie qui tentent en vain de venir s'accumuler sur mon pare-brise. Un Keemun. Oh oui, c'est un Keemun qui me réchauffera en rentrant. J'appliquerai fermement mes mains au contact de la tasse chaude. La liqueur sera là : rouge sombre, dense. Je me blottirai dans sa douceur animale et chocolatée. Envie d'essentiel. Besoin d'oublier les contingences de la vie quotidienne. Torse nu, fenêtre ouverte sur la nature paisible. Une natte en bambou. Une petite théière japonaise aux couleurs minérales, accompagnée de deux petites tasses aux nuances de nacre. Une liqueur verte, saumâtre, brute. L'essentiel m'emplit la bouche et gagne mon être tout entier. Je ne fais plus. Je suis. Je vis. La petite Yixing Hu noire posée sur son bateau à thé, un céladon Qing, dégage des volutes de fumée. Presque instantanément, la voilà renversée sur Cha Hai, le pot à thé, qui recueille le précieux liquide. Puis c'est au tour de Wen Xiang Bei, la tasse à sentir, de l'accueillir l'espace d'un instant, avant de passer le relais à Cha Bei. Mes lèvres s'y portent alors. "Mon Dieu, que ne donnerais-je pas pour revivre à l'infini de tels moments !". Je croque une fleur, j'écoute une symphonie de parfums qui se succèdent à l'envi. La liqueur gagne ma gorge mais laisse dans mon âme une empreinte indélébile. L'empreinte d'un Cui Yu - jade vert - ô combien précieux à mon coeur.


Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /Déc /2006 13:07

 

Je continue petit à petit à lever le voile sur mes objets de thé. Après le pot et la tasse, voici mes deux théières à pu er. Je vous les présenterai chacune de façon plus détaillée ultérieurement, mais voici d'ores et déjà leur plus beau profil. A gauche, une petite Yixing en "terre épuisée" de 10 cl environ. A droite, de même contenance, une taïwanaise de fabrication contemporaine. Voilà pour les présentations, à bientôt pour plus de détails...(waouh le teasing !)

 

un petit bisou

Yixing et taïwanaise

réconciliation


Par Lionel - Publié dans : Objets de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 12:40

Le plaisir du thé, c'est avant tout le plaisir des saveurs, des parfums et des arômes. Mais le plaisir des yeux est aussi très important. J'ai commencé par acquérir pas mal d'ustensiles, chinois, japonais, théières en fonte (bouilloire à l'origine...), en terre, en porcelaine, pots et tasses diverses, boîtes à thé etc etc...Après avoir exploré la diversité des objets, je me suis recentré sur quelques beaux objets de thé. Les principaux sont rassemblés sur la photo de l'article de bienvenue. Je vous propose ici un zoom sur le pot et la petite tasse que j'utilise en particulier pour les pu er (mais aussi les wulongs...). On voit beaucoup d'objets en porcelaine bleu et blancs, typiquement chinois, accompagner les petites théières en terre. J'ai pour ma part choisi le vert. La petite tasse est un céladon de l'époque Qing (1644-1911). Elle est irrégulière, l'intérieur est creusé de petites "cavernes", de trous, de failles, les parois sont épaisses. Quel bonheur de l'utiliser pour porter la liqueur à la bouche. Le pot est un pot de potier chinois. Peu émaillé, la liqueur de pu er y laisse des empreintes à l'intérieur et le long du bec verseur, mais celles-ci s'effacent facilement au lavage à l'eau claire. La vue et le toucher sont donc ainsi satisfaits avec de tels objets, et ne jalousent plus le goût et l'odorat qui se régalent avec la liqueur de pu er. Reste à satisfaire l'ouïe, mais la Yixing granuleuse est là qui crépite quand on y verse de l'eau bouillante...(je vous en reparlerai). Bref, les cinq sens en éveil, pour mon plus grand bonheur...

 

ensemble ils papotent

la tasse et le pot à thé

verte prairie


Par Lionel - Publié dans : Objets de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés