Mercredi 31 octobre 2007

DSC04598-copie-1.JPG

Juste une photo en passant, pour vous présenter le duel que régulièrement se livrent mes deux théières, lorsqu'elles sentent en moi l'envie de déguster un pu er en gongfucha. A droite la taïwanaise, tout en finesse et en légèreté, à gauche la Yixing aux parois épaisses et à texture granuleuse. Avec pour arbitre la tasse Qing. Qui l'a emporté ? Vous le saurez prochainement...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Dimanche 21 octobre 2007

DSC04567.JPG

Depuis quelques semaines, mes envies de thé vont essentiellement vers les wulongs dits de "rochers", de la région chinoise de Wuyi. Je n'ai pour l'instant en ma possession que le Rou Gui acheté cet été à La  feuille de thé à Lannion. Je le dégustais surtout en zhong ces derniers temps. Hier je l'ai testé en théière : ma première théière en terre cuite, achetée à la Maison des Trois Thés en 2003, que j'avais alors destinée aux wulongs fleuris, dont le Cui Yu dont parle Emmanuel / Cha u Thé qui est un de mes premiers coups de coeur, et aussi le Wen Shan Bao Zhong, Dong Ding etc...Aujourd'hui j'ai moins d'attirance pour ces thés, si bien que cette théière peut être consacrée à une autre famille de thés. 
5g pour un volume d'environ 12cl. Le parfum des feuilles sèches, une fois la théière chaude, moment toujours exceptionnel chez les rochers (comme chez les pu er), est moins plaisant qu'en zhong je dois dire. La théière semble enfermer les parfums, les empêcher de venir à mes narines, et semble en outre imprimer sa propre empreinte au thé. Si bien que je ne retrouve pas le parfum de torréfaction et de chocolat sucré que je trouvais en zhong. Pourtant cette théière n'a pas vu passer des centaines de thés fleuris, et visuellement, à l'intérieur, elle est presque comme neuve. 
La première infusion de 15 secondes est plutôt claire, translucide. C'est très bon, léger de corps, pas de grosse densité chocolatée ou fruits secs comme peuvent le promettre les feuilles sèches, et que l'on peut peut-être trouver sur des rochers plus hauts de gamme. Joli mordant. Une liqueur tout en subtilité, en raffinement, harmonieux enchevêtrement de chocolat et de notes torréfiées sur une structure et un relief intéressants. 
Liqueur 2, 20 secondes d'infusion. Proche de la première. Avec une note nette de cassis environ 1 minute après avoir avalé, de la glace au cassis. Ce thé je crois est appelé Rou Gui Cassia. Je n'y pensais pas au moment de la dégustation, donc pas d'auto-persuasion...
Les liqueurs 3 (45 sec) et 4 (1min) sont encore jolies mais les 2 premières sont tout de même plus fidèles à l'esprit des rochers.
Ce thé est donc très agréble. Certes il n'offre peut-être pas la palette aromatique de grands rochers, ni leur persistance à de nombreuses infusions. Mais les 3 premières liqueurs valent vraiment le coup. Quand à l'intérêt de la théière face au zhong, un point positif : les liqueurs ont peut-être plus de corps et de force (mais je vais encore le vérifier), un point négatif : la théière interfère trop dans l'expression du parfum des feuilles sèches puis humides, chose à laquelle je suis très attaché...

Avez-vous aussi véçu cela : avoir le coup de foudre pour une nouvelle famille de thés, et leur consacrer l'essentiel de vos dégustations pendant plusieurs mois ? Les pu er ne m'attirent presque plus ces temps-ci, alors qu'ils sont ma passion depuis 2 ans. Depuis cet été je rêve de rochers, et ce rou gui m'accompagne souvent. Les noms des thés de cette famille me font rêver :
-Da Hong Pao : grande robe/manteau rouge
- Bai Ji Guan : crête de coq blanche
- Tie Luo Han : nom d'une divinité bouddhique (tie = fer comme dans tie guan yin)
- Ban Tian Yao : ceinture au milieu du ciel
- Shui Jin Gui : tortue de l'eau d'or
- Ba Xian : huit esprits
- Bei Dou : étoile du nord
- Shui Xian : fleur/narcisse d'eau.

Je vous reparlerai certainement prochainement de cette famille de thés, surtout lorsque j'aurai l'occasion d'en goûter d'autres. Si d'ores et déjà vous avez des expériences à partager autour de ces rochers (mode de préparation - idéal = gros dosage et brefs temps d'infusion ?, dégustations...) je suis évidemment très intéressé (je crois savoir que Raphaël est aussi un grand amateur, tout comme Jean Danthes...).

par Lionel publié dans : Dégustations
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Mercredi 10 octobre 2007

lamartine.jpgLe saviez-vous ? Alphonse de Lamartine était un grand amateur de pu er. Si si, je vous l'assure. Même si ses meilleurs biographes et exégètes ne l'ont jamais écrit, je pense avoir découvert cette face cachée en lisant les vers que voici. Je pense qu'il les a écrits vers 1817, alors qu'il dégustait les dernières tasses de la fameuse galette 1795...

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

Qui d'entre nous n'a jamais ressenti les mêmes choses, sans évidemment savoir les exprimer aussi joliement que Lamartine, en dégustant un bon thé ? Vouloir suspendre le cours du temps, faire de cet instant si savoureux une éternité...

Aimons-donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons !

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Et alors que nous terminons les derniers grammes d'un carré 1979, superbe millésime que nous ne reverrons peut-être plus jamais...

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

par Lionel publié dans : Pensées de thé
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 3 octobre 2007

eurêka ! enfin...

le plus beau thé, pour moi, c'est

le prochain...

par Lionel publié dans : Haïku
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 27 septembre 2007

couvertes de poussière

les théières, couvert de baisers

le bébé !

par Lionel publié dans : Haïku
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Jeudi 13 septembre 2007

DSC04348.JPG



                                       Depuis qu'Ethan nous a rejoint, mes habitudes de thé ont quelque peu changé. Plus le temps et l'énergie pour les longues dégustations du soir, difficile de consacrer 1 heure et demie à un carré 79, plus la force de me lever à 5h30 pour jeter quelques feuilles d'une galette 1998 dans la Yixing...Le thé du matin est donc devenu mon unique moment de thé de la journée...Jusqu'à aujourd'hui, je le préparais dans une petite théière en fonte, pratique, robuste, facile à rincer...Ma gamme de thé du matin était composée d'assam, ceylan, yunnan, keemun, lapsang souchong, à 3-5 euros, le premier prix. C'est difficile à expliquer...: j'avais plaisir à me lever et aller vers ce moment du petit dej', mais a posteriori je me rends compte que ce n'était pas un plaisir de dégustation, ou dans une moindre mesure, mais un plaisir de l'instant, de la chaleur de la liqueur accompagnée de quelques tartines toastées. Les moments de thé devenant plus rares, j'ai voulu faire de ce thé du matin un vrai joli moment de thé, une vraie dégustation matinale. Et voici donc l'ustensile qui m'a rejoint pour remplir cet office. Une magnifique théière en terre pourpre-marron, de son petit nom "Wendan", de 30 cl. Forme simple, des lignes épurées, une anse et un bec robustes, un corps tout en rondeur. Une surface granuleuse, surtout à l'intérieur, où ressortent de nombreux petits grains...(Michel tu expliquerais ça mieux que moi...). Cette petite beauté vient de La Feuille de Thé, petite boutique de Lannion dont je vous ai déjà vanté les mérites lors de ma dégustation d'un Rou Gui. SoL m'a en quelque sorte ouvert les yeux sur un nouveau monde du thé : "Pourquoi un thé à 5 balles pour le p'tit dej ?", "Pourquoi n'invites-tu pas quelques grandes feuilles de wulongs à ta table ?", m'a t-elle dit. Mardi matin donc, j'ai rangé la petite théière en fonte dans le meuble à thé, et laissé place à cette théière en terre. Quel plaisir d'y jeter de grandes feuilles d'un Wuyi Qi Lan, très sympathique wulong moyennement fermenté, 5 euros 50 les 100 g, à même la théière, au lieu de les enfermer dans un filtre métallique. Et quel plaisir de dégustation !! Waouh, incroyable. Vraiment. Une petite révolution. J'ai beau connaître la galette 1985 n°11, le carré 79 et le tuo cha 1986 de M3T, sublimes pu er, préparés dans de non moins superbes petites théières à gongfucha, je me rends compte que je n'étais plus capable d'apprécier un "simple" wulong en grande théière. Le lendemain je dégustai un Darjeeling Jungpana : idem, bluffé, ravi. Ce matin : Qimen Hong, toujours de la même boutique. Un régal. Très belles longues feuilles, chocolaté, doucement torréfié, chaleureux. 6 euros 50. Du jour au lendemain, je suis passé de modestes assam et yunnan broken infusés dans de la fonte, à de belles feuilles de wulongs dans une belle terre pourpre. Ces moments de thé me ravissent tellement qu'un grand pu er en gongfucha ne me fait même pas envie en ce moment...

Ce nouveau virage sur mon chemin de thé m'enseigne deux choses : 
- il est facile de se laisser enfermer dans une habitude, un schéma de pensée, un automatisme des gestes, et de ne pas voir à côté de soi un autre monde, comme si un gouffre existait entre ces 2 mondes pourtant pas très éloignés. Et hop ! on passe la frontière et pour rien au monde on ne ferait marche arrière.
-ça vaut le coup d'être exigeant, de se donner les moyens pour apprécier réellement de bons thés. En effet cette théière en terre ne comporte pas de filtre, donc il faut verser la liqueur dans un pot puis dans la tasse, donc de la vaisselle en plus, retirer les feuilles de la théière est un peu fastidieux, il faut la rincer et la sécher avec précaution pour ne pas laisser la terre trop longtemps humide...alors qu'avec la théière en fonte on retire le filtre métallique, on jette les feuilles à la poubelle, on rince avec l'eau du robinet et on laisse sécher négligemment...bien pratique quand il est 7h du mat' et qu'il faut partir bosser sans traîner...Mais quel autre bonheur que de manipuler dès l'aurore cette théière pourpre, sentir le couvercle et les feuilles une fois infusées...quitte à laver ensuite un peu plus de vaisselle...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Vendredi 31 août 2007

 

ethan-fleur.JPG


Non cette photo n'a rien à voir avec le thé, ce n'est même pas du thé que Fleur boit dans son biberon mais bien évidemment du lait. Ce n'était pas dans mes intentions de publier des telles photos quand je débutais ce blog en décembre 2006. Mais au fil des mois passés à rédiger ces articles, lire vos commentaires et y répondre, j'ai senti petit à petit naître autour d'Emotions de thé une petite communauté d'une soixantaine de personnes, certaines que je connais, plus ou moins, d'autres absolument pas, une communauté bien que, parfois lointaine et abstraite, je sens près de moi, devenue un des piliers de mon quotidien. Voici donc la photo du deuxième trésor qui a rejoint notre vie à Emmanuelle et moi. Un petit être de 2,710 g. Je me suis aperçu il y a quelques heures seulement que son prénom comporte les trois lettres de ma passion, cette boisson que nous aimons tous tant, le THE, presque dans l'ordre. Bébé s'appelle ETHAN. Dans les mois et les semaines qui viennent, mon temps et mon énergie convergeront donc souvent vers ces deux êtres et leur maman. Les plus rares dégustations n'en seront que plus intenses. Tout comme mes échanges avec vous.

feuilles de pu er
dans la yixing chaude
ethan qui pleure

par Lionel
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 30 août 2007

 

Comment décrire le moment de la dégustation, cet instant où la liqueur pénètre dans la bouche, imprègne la langue et le palais, et pendant lequel une multitude de choses se passent : sensations, évocations, souvenirs etc etc...Faut-il chercher à décortiquer les choses, analyser, critériser ? ou plutôt laisser les choses se passer, sans faire intervenir l'intellect ?


reptilienne saveur, tu glisses sur ma langue
tels deux draps de soie, sans cesse te dérobes
fuyante couleuvre, indéfinissable
mes mots ont bien peine, à dire ton nom

enchevêtrement de notes exquises
j'aimerais chacune vous apprivoiser
arrêter le temps, vous prendre la main
le temps d'un instant, mêler nos destins

mais l'on n'abat pas la fière Notre-Dame
scruter un à un, ses pierres ses pavés
en toi je pénètre liqueur - cathédrale
et laisse tes cloches faire vibrer mon coeur

par Lionel publié dans : Pensées de thé
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Lundi 27 août 2007

DSC04054.JPG

Bouddha avait raison ! Le désir jamais n'entre en sommeil. Me voilà paré des plus beaux bijoux : théière Yixing en terre épuisée, théière de potier taïwanaise, bateau et tasse en céladon de l'époque Qing, superbes vieux pu er et wulongs...Avec pour écrin une armoire où les espaces vides se font rares. Alors qu'il y a seulement quatre ans, un simple petit meuble suffisait pour abriter quelques modestes thés rouges, wulongs et thés verts, et une théière -bouilloire- en fonte qui servait à infuser tous les thés. Que de chemin parcouru ! Quelle formidable réussite ! Vraiment ?
Souvent je me dis que j'aimerais repartir à zéro. Retrouver la joie de découvrir un Grand Yunnan quand ma seule idée du thé était un sachet jaune avec deux sucres. Esprit zen, esprit neuf. Retrouver cet esprit neuf, se mettre à nu, se défaire de ses belles parures. Mais pourquoi cette envie ?
- car objectivement déguster un Tuo Cha 1986 en théière Yixing ancienne réjouit bien plus les papilles qu'un simple thé rouge sorti d'une théière en fonte ;
- ou alors repartir à zéro pour retrouver cette formidable stimulation intellectuelle et sensitive qui nous conduit à découvrir des nouveaux thés et ustensiles : "waouh ce sencha !", "mon premier Gao Shan Cha !", "Terrible cette galette 1985 !". Se mettre à nu pour à nouveau couche après couche se vêtir de ses plus beaux vêtements. Se défaire de ses possessions pour à nouveau pouvoir se soumettre au désir ? Bouddha doit se retourner dans sa stupa s'il lit ces lignes !
Non. Ressentir ce besoin de revenir aux sources, au dénuement doit nous alerter, nous avertir que nous sommes pris dans le tourbillon du désir, dans l'euphorie du "toujours plus". Et nous inciter à ne jamais perdre cet esprit de débutant (beginner's mind), cette virginité devant un thé, qu'il soit simple thé rouge ou raffiné wulong de haute montagne, infusé en grande théière ou dans une rare Yixing. Etre ici et maintenant pour chaque thé.

par Lionel publié dans : Pensées de thé
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Vendredi 24 août 2007

malatable.jpg 
















Juste en passant ce matin je voulais dire Merci à notre chatte qui répond au doux nom de Mala. Il est là 7h31, je suis au bureau. A 4h31, Mala nous a réveillés, demandant à sortir. Je me suis donc levé pour la faire sortir. De retour au chaud sous la couette, impossible de me rendormir. A 5h20 je décide de me lever. Un peu d'eau froide sur le visage et hop ! direction le meuble à thé. Mes thés favoris en ces matins précoces sont les pu er entre deux âges, à dominante minérale. J'ai donc choisi la galette 1998 n°31 de la Maison des Trois Thés. C'est déjà elle qui m'avait accompagné au cours de ma "Ballade en forêt" (voir posts précédents). Et elle m'a encore ce matin offert un bien joli voyage. Les feuilles sèches dans la Yixing chaude, les feuilles rincées, les feuilles au fil des infusions, les 8 liqueurs que j'ai bues, une évolution permanente, des parfums et des arômes sans cesse différents. Notes minérales, mais aussi fruitées sur les feuilles, une pointe acidulée, puis des liqueurs lointaines évoluant vers le liège, l'écorce d'arbre. Une tenue aux infusions remarquable. Et dire que sans Mala je serais resté au lit et je n'aurais pas connu pareille aventure...Donc oui, vraiment, Merci Mala !

J'ai embrassé l'aube d'été...

par Lionel publié dans : Dégustations
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus