Cette "tortue de l'eau d'or" a rejoint ma petite collection de rochers depuis dimanche dernier. Je l'ai préparé dans ma théière "chocolat" à 7g pour 14 cl.
Sur les feuilles sèches, arrive en tête la note pyrogénée, signature de la torréfaction que l'on sent d'emblée assez forte sur ce thé. Puis se succèdent les notes pâtissières, cacao, chocolat
noir, du café aussi. Et chose surprenante, un flash de tannins d'un bon Médoc. Vraiment quelques secondes mais je crois bien que c'était ça...
Sur les feuilles rincées le café est encore plus présent, quand on y donne des "coups de nez" ou des inspirations courtes et profondes, j'adore.
1ère infusion d'environ 20 secondes : couleur soutenue, on y pressent de la force, de l'amertume ? En bouche, la note de tête domine, le corps est léger. Cette note de tête est celle de la
torréfaction. La finale est moyenne, assez marquée mais elle demeure peu. Il faut remuer la liqueur en bouche pour revenir chercher cette note principale, assez moelleuse finalement. Une amertume
se fait sentir sur l'arrière de la langue, non désagréable elle donne du relief. Puis, autre surprise après le Médoc, du tabac, de la cendre en très fin de bouche, après plusieurs minutes...
2è infusion de 30 secondes. L'amertume guette sans cesse sur l'arrière de la langue, mais encore une fois j'aime assez ça, il faut savoir la dompter c'est tout. Ce rocher a peu de corps, il n'a
pas ce fondu entre ses différentes notes/composantes qu'ont d'autres rochers que je connais. Je crois que c'est chez Alain/Liqueur de thé que j'ai lu qu'une qualité importante chez un rocher est
ce caractère de fondu, de liant entre les riches notes que renferme un rocher : minérale, chocolatée, florale, fruitée...Une capacité à lier tout ça, sans qu'aucune note n'écrase l'autre, mais
que magré tout chacune s'exprime. Ici, la note de tête torréfiée domine et écrase un peu trop le reste à mon goût.
3è liqueur : autre type de liqueur, un côté "watery" apparaît. Je pense que j'ai poussé un peu trop les 2 premières infusions, et "mal géré" ce thé sur la durée...
Un joli thé donc, simple, plutôt torréfié, qui n'offre certes pas une palette aromatique très large mais qui se laisse découvrir avec plaisir. Un rocher qui au sein d'une petite famille permet de
mettre d'autres frères et soeurs de meilleur calibre en valeur.
Autre surprise de cette dégustation, c'est un parfum de confiserie, de sucre cuit qui se dégageait des parois extérieures de la théière lorsque je l'enduisais de thé avec mon pinceau pour la
pâtiner. Vraiment net. Cette théière n'a pas fini de me surprendre et de m'enchanter...
Par Lionel
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L'autre jour je promenais mon fils Ethan en poussette sur un chemin de campagne près de la maison. Un chemin qui dessert des parcelles agricoles, donc emprunté par des tracteurs dont les roues
tracent deux voies, alors qu'au milieu du chemin l'herbe a droit à un sursis. J'avais donc choisi au hasard la voie de droite. Puis au bout de quelques minutes, je commence à protester
intérieurement contre la qualité du chemin : cailloux, petits trous, flaques d'eau...Je lorgne donc sur la voie de gauche qui semble de bien meilleure qualité. Je traverse la bande enherbée et
rejoint le côté gauche. Je repars, satisfait de ma décision, difficile, courageuse, comme en prennent même rarement les PDG de multinationales...Mais au bout de quelques centaines de mètres, même
réflexion, mêmes récriminations contre ce piètre chemin. Je regarde à ma droite et trouve cette fois-ci attirante la voie que je viens de quitter. Bizarre...Je rechange de voie et après quelques
instants, rebelote...J'ai à ce moment là fait un rapprochement entre cette expérience sur ce chemin de campagne des vallons de Vilaine et mon chemin de thé.
Dans le thé comme dans tout autre domaine, la relativité existe. A savoir que ce que nous sommes, ce que nous avons, ce que nous faisons, est notre absolu, mais n'est qu'un barreau sur l'échelle
infinie de la relativité. La théière que j'utilise est-elle bien adaptée au thé que j'y infuse ? Et l'eau, cruciale pour un bon thé, que vaut-elle ? Et mes paramètres de préparation ?
Un moment de dégustation de thé peut se vivre caricaturalement de deux façons, avec deux états d'esprit : 1/ on est sous sa cloche, avec sa théière, son thé, son eau, son grammage et ses temps
d'infusion. On apprécie la liqueur produite. On vit l'instant tel qu'il est, dans sa perfection et dans ses imperfections, sans dualité dit le zen. 2/ on relativise, "le rendu des parfums avec
cette théière aux parois fines et dures est très bien, mais ne serait-il pas encore meilleur avec cette plus petite théière en terre moins dure que j'ai vue sur le blog de x avant-hier ?", "et si
j'avais mis plus de feuilles et infusé moins longtemps n'aurais-je pas obtenu une liqueur plus huileuse ?" etc.
A avoir ce 2è type de raisonnement, on peut passer sa vie à changer de chemin pour menager les vertèbres de bébé dans la poussette, pensant que l'autre voie est plus confortable que la présente,
ou passer son chemin de thé à tester toutes les combinaisons théière x thé x eau x grammage x temps infusion possibles et imaginables...Mais en même temps ne jamais se remettre en cause peut nous
laisser longtemps dans l'erreur, nous mettre des oeillères, nous cacher une vérité si criante près de nous. Comme ce moment où j'ai abandonné ma théière-bouilloire en fonte japonaise et mes thés
broken du petit dej à 3 euros, pour adopter une jolie théière en terre cuite marron et de jolis thés rouges ou wulongs aux belles feuilles pour un prix à peine plus élevé. Pour rien au monde je
ne ferais machine arrière.
La vérité doit se situer entre ces 2 attitudes, la voie du milieu du Bouddha encore une fois éprouvée par cette expérience. Savoir mesurer la valeur des choses que l'on a et des instants que l'on
vit, savoir créer du bonheur avec ce dont on dispose, telle modeste théière infusant tel petit thé sans prétention mais sans grand défaut...Tout en gardant un oeil et une oreille attentifs à ce
qui se passe autour de nous, sans foncer aveuglément dans l'achat d'une miraculeuse théière, mais en suivant tel conseil simple et pragmatique sur le choix d'un thé ou un mode de préparation...
Par Lionel
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Mercredi 10 septembre 2008
dimanche dernier :
du chocolat...
en la théière
dans la tasse
et...
sur la tartine
Par Lionel
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Mercredi 3 septembre 2008
"Le voilà assis à une table dressée pour le thé sur une terrasse que l'auvent des frondaisons épaisses abrite du soleil, par une soirée d'été quand, pensif, il aspire lentement la fumée d'une
longue pipe, tout en jouissant de la vue qui s'ouvre derrière les arbres, de la fraîcheur et du silence. Au loin, on voit le jaune des champs et le vermeil du lac étale comme un miroir, coloré
par les rayons du soleil qui se couche derrière un bois de bouleaux familier; les champs exhalent une vapeur. Il commence à faire frais, la nuit tombe. Les paysans rentrent tous ensemble..."
Oblomov, Ivan Gontcharov
Le livre de poche, n°3315, page 110
Par Lionel
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J'ai commencé mon mois de vacances par un séjour parisien de 3 jours, d'où j'ai notamment rapporté la jolie théière chocolat...A Paris, pour faire le tour de mes boutiques de thé préférées, je me
suis déplacé en Vélib'...
sur mon vélib', place de la Rep', lancé dans le flot de la circulation :
"OK je fonce, le thé est vert " !!!
Puis direction Albi pour faire le stock de degrés Celsius pour l'année à venir (moyenne de 30°C du 26 juillet au 5 août)...Dans le beau jardin de la belle-famille, Ethan poursuit sa découverte du
monde...
Ethan mange des petits cailloux
Moi je déguste des rochers
Outre l'agréable jardin vert et fleuri, la piscine bien-sûr fut au coeur de nos activités...avec le thé...
tour à tour on infuse
le thé dans le zhong
moi dans la piscine
Enfin, quelques rapprochements thé-cuisine ou plantes m'ont sauté aux yeux durant ce séjour...
salade de tomates coeur de boeuf - mozzarella / carré de pu er, brique 1986, tuo cha 1986
marron cuit / long jing
arbre à papillons (buddleja) / bai hao wulong
Par Lionel
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Poursuite aujourd'hui de la découverte de la théière marron...Au menu : Wuyi Rou Gui n°1 de la Maison des Trois Thés. 6g pour 14 cl environ. Je tâtonne encore sur le dosage...J'ai lu que Raphaël
tu dosais tes rochers (en tout cas le Da Hong Pao) 8g pour une théière de 16 cl, en théorie je suis donc un peu faible dans mon dosage mais bien-sûr il n'y a pas de règle...
Le parfum des feuilles sèches dans la théière ébouillantée d'abord : c'est divin, tout simplement. Un excellent rendu, fidèle aux effluves qu'offrent les feuilles telles qu'elles, quand on y
envoie un peu d'air chaud. La théière, bien que non culottée, n'interfère donc pas trop, ne diffuse pas un fort parfum d'argile...
Première infusion : 20 sec. L'enchantement se poursuit : divin nectar. Je ne connais pas ce thé depuis très très longtemps, j'ai du en boire 5 fois en gfc avant...mais là je dois dire que je le
redécouvre...Alors est-ce le fait de manipuler une nouvelle et si agréable théière qui me voile les yeux et le palais ? ou est-ce bien réel ? Un peu des deux on va dire...C'est si
délicieux...Je ne me lancerai pas dans une description de toutes les nuances constitutives de la complexité que j'ai ressentie mais c'est très riche assurément. Fondu, harmonieux, gourmand mais
pas trop, fruits secs, fruits rouges...
Quelques mots sur la théière maintenant...
Potier : Cai Man Zu, Taïwan, fabrication contemporaine.
Volume : 14 cl (env.)
Terre : marron, entre chocolat au lait et chocolat noir...(?), parsemée de multiples points noirs...Dureté moyenne. Parois ni très fines ni épaisses.
Petite embase. Ouverture et couvercle plutôt petits. Le bout du bec est imparfaitement exécuté, il n'est pas tout à fait horizontal...
Elle monte très vite en température, garde l'eau très chaude longtemps et redescend aussi vite en température une fois vidée.
Elle a une texture, un grain de surface vraiment agréable à regarder et toucher. Rien à voir avec mon autre taïwanaise lisse et brillante. Ici il y a un très très léger grain, c'est comme
poudreux, farineux, et c'est mat. Cette texture lui confère selon ce qui m'a été dit une très bonne capacité à se pâtiner, prendre de la brillance au fil des infusions.
Voilà quelques mots supplémentaires pour faire entrer cette théière dans la déjà très riche communauté de théières de la blogosphère du thé française, européenne voire mondiale...
la liqueur en son corps irradie
de son bec la lumière jaillit
théière photophore
Par Lionel
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D'abord quelques images, les mots viendront par la suite...
Par Lionel
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Samedi 26 juillet, début d'un séjour albigeois, et déjà 32°C à l'ombre...Dans le zhong un tie guan yin peu fermenté, aux grandes feuilles bien vertes...léger, trop à mon goût, mais néanmoins
approprié en la circonstance..
Un "Da Hong Pao" ramené de Paris quelques jours plus tôt, qui contrairement à ce que voudrait indiquer ce paquet d'un joli rouge, n'a que de rares points communs avec la grande toge rouge...C'est
voilé, presque salé, cartonneux après aération en bouche...Bref...Comment se fait-il que de tels thés aient le droit de porter un nom si prestigieux ?
Le même TGY que précédemment, cette fois-ci dans une jolie petite théière dénichée (en solde !) dans une boutique d'Albi. Bien agréable liqueur ma fois, sans prétention, ça coule bien dans le cou
comme dit Fleur...
Quand les bractées volent la vedette aux fleurs voisines, et même à la théière...
Par Lionel
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Mon premier est agréable à boire
Mon second est agréable à voir
Mon troisième est agréable à boire
Mon tout est un célèbre conte pour enfants.
Par Lionel
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