Mercredi 22 août 2007

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Des nouvelles du morceau de galette de pu er crue que nous avons partagée en 6. Voici l'endroit où j'ai mis mon morceau, emballé dans un papier kraft : dans le grenier de notre maison. C'est un endroit plutôt sain, normalement non humide (quoique...vu les quantités d'eau qui tombent ces jours-ci je ferais bien de surveiller attentivement...), aéré...A proximité on trouve des champs où pâturent vaches et chevaux, donc à défaut d'embruns iodés, ce pu er va probablement recevoir de douces effluves animales....hum...
Avant de le mettre en sommeil pendant une année, je l'ai naturellement goûté, comme l'ont fait Tamaryo et Bejita...2 g en Zhong. Et j'ai adoré. Très très vert, léger, fruité. A la première infusion j'ai cru avoir à faire à un thé blanc, tant il était doux et léger. Un léger parfum de châtaigne caractéristique du Yin Zhen sur les feuilles humides. J'ai fait d'assez longues infusions, 30 secondes au début puis 2, 3, 5 et 10 minutes. Après 5 minutes par exemple, on obtient une liqueur à la couleur assez soutenue, et au goût bien dense aussi. Mais alors ce fruité ! Un jus d'abricot, de pêche, de mangue. Vraiment surprenant. Est-ce là le signe que cette galette ne vieillira pas très bien ? On a en effet tendance à dire qu'une jeune galette crue qui produit une liqueur forte, dense, limite amère, est très concentrée et qu'il y a donc là un potentiel de vieillissement important, une réserve en éléments pour produire au fil du temps de riches composés aromatiques...(cette théorie est-elle exacte ?). Ce pu er n'est pas dans ce cas de figure. Mais qu'il est intéressant à apprécier aujourd'hui.
Rendez-vous donc dans un an pour voir comment aura évolué ce pu er, et surtout voir si les 6 différentes conditions dans lesquelles il a été placé ont produit des effets différents...?

par Lionel publié dans : Dégustations
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Mercredi 15 août 2007

 

 

Dimanche, alors que le soleil faisait une de ses rares apparitions de l'été, j'ai cru entendre un petit bruit venant de mon meuble à thé...Mais non je ne rêvais pas, il y avait bien du bruit ! Une souris qui grignote mes galettes de pu er ? Vite je m'en approche...ouvre une porte...Je n'en crois pas mes oreilles, mais oui, ce bruit est la complainte de mes pu er qui me supplient de leur faire voir le jour et profiter de ces quelques rayons du soleil. Ils en ont marre de passer leur vie enmitouflés dans leur papier d'emballage...Et bien, soit ! On déshabille tout le monde et hop, dehors !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quelques branches de sarrasin (blé noir) cueillies la veille sont venues les accompagner...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Lundi 13 août 2007

 

comme le S et le U

dans l'alphabet, je suis

toujours à tes côtés

 

par Lionel publié dans : Haïku
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Vendredi 10 août 2007

 

 

                 Avant d'acquérir un très joli céladon de l'époque Qing pour faire office de bateau à thé, j'utilisais un radeau...:-)

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Mercredi 8 août 2007

Soyons fous ! 5 g de la mini galette Gong Ting cuite de 2005 dans la Yixing. Il est 21h54. Une mini galette que plusieurs d'entre vous je crois ont achetée, sur la base des notes de dégustation élogieuses de Philippe. Le parfum de la galette ne me séduit pas trop. Je sais pas...Vous allez trouver ça bizarre mais j'y trouve un parfum de poisson pas très frais....!!! Mais comme je suis un warrior du thé (souvenez-vous ma galette expérimentale couverte de moisissure et fourrée aux asticots...), j'ai tenté. Sur les feuilles chaudes, le parfum est généreux, vu le grammage et la production importante de chaleur qu'autorise cette théière aux parois épaisses une fois ébouillantée. De la confiture de fraises oui comme l'a dit Philippe et d'autres depuis. Les feuilles rincées offrent quelque chose de différent : registre pâtissier, confiserie, assez plaisant même si ça reste simple. La première liqueur est très très noire, la deuxième encore plus, les 4 suivantes aussi. Au goût, c'est plutôt simple, fraise encore, et une trame assez particulière à laquelle on accède quand vraiment on inonde ses papilles de la liqueur : métallique ?  En tout cas c'est assez "couillu" pour reprendre le terme de Raphaël parlant de la brique CNNP 2000.

 

- un café ?

- oui, s'il te plaît

- robusta ? arabica ?

- non, je vais prendre un Gong Ting plutôt...

 

Certes ce thé n'offre pas la palette aromatique des plus grands cuits, ni évidemment de nos belles références crues. Evidemment logique vu son prix (6-7 euros la galette de 100 g avec les frais de port environ...). Mais ce thé a une personnalité sympa. Je l'aime plus pour l'empreinte qu'il me laisse en bouche que par le pur plaisir de dégustation qu'il m'offre. Marqué de cette empreinte, j'ai bouquiné une petite heure, sans qu'elle ne me quitte...

 

le maxi gong : TONG !

la mini gong : ting !

onomatopées

 

par Lionel publié dans : Dégustations
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Mercredi 8 août 2007

Cela faisait une éternité que je n'avais pas acheté de wulong de la famille des rochers. Vendredi dernier donc, à l'occasion d'un voyage de l'Ille et Vilaine vers le Finistère, j'ai fait un détour vers la jolie ville de Lannion, où se cache une non moins jolie boutique de thé, à l'ombre d'une petite rue piétonne : La feuille de thé, tenue par SoL, de Teaglob. Ensemble nous avons dégusté le Rou Gui photographié ici dans la coupelle du zhong, en parallèle avec un Shui Xian. Et je suis reparti avec 100g du Rou Gui, que le lendemain je me suis empressé de déguster à nouveau tant il m'avait séduit. Le soleil inondait la pièce, à en faire fondre ma porcelaine blanche. Le zhong chaud, les feuilles à l'intérieur, ça ne produit pas autant de parfums que dans une théière en terre vu la température moindre du zhong, mais c'est tout de même un pur régal. Quelle densité ! Quelle richesse de parfums ! C'est fort , sucré, boisé, cacaoté. Ce thé permet d'obtenir 3 belles liqueurs, ensuite on sent qu'on a affaire à "un autre thé", moins riche et plein. Mais qu'est-ce que c'est bon...Une entrée en bouche mordante, un corps assez complexe avec ces notes boisées mais aussi d'autres notes, que j'ai encore du mal à identifier, mais il y a de la fleur, des choses plus légères et délicates que la dominante boisée. Et la finale est aussi joliement amère, juste ce qu'il faut, l'amertume du pamplemousse comme l'a justement décrit Sophie alors que nous dégustions dans sa boutique.

Bref, une famille que je redécouvre avec plaisir. Y a pas à dire, j'aime les thés qui ont du corps. En premier lieu évidemment les pu er, aussi beaucoup les thés rouges, puis parmi les wulongs les rochers...

 

vif, mordant, stimulant

ce thé donne de l'allant

quel entraîneur ce Rou Gui !

(sur une idée originale de mon ami Didier...)

par Lionel publié dans : Dégustations
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Lundi 6 août 2007

 

 

Voici un extrait du poème "Las de l'amer repos" de Stéphane Mallarmé que j'ai récemment découvert...

 

 

 

Imiter le chinois au coeur limpide et fin

De qui l'extase pure est de peindre la fin

Sur ses tasses de neige à la lune ravie

D'une bizarre fleur qui parfume sa vie

Transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant,

Au filigrane bleu de l'âme se greffant.

Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,

Serein, je vais choisir un jeune paysage

Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.

Une ligne d'azur mince et pâle serait

Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,

Un clair croissant perdu par une blanche nue

Trempe sa corne calme en la glace des eaux

Non loin de trois grands cils d'émeraude, roseaux.

 

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mardi 31 juillet 2007

la chair est triste, hélas ! et j'ai bu tous les thés

fuir ! là-bas fuir ! mais vers quel ailleurs ?

arrivé au sommet de la félicité

je ne sais où projeter mon coeur et mes envies

maladroit et honteux, mes membres engourdis

m'empêchent de marcher

aller, toujours aller

de l'avant

et pourquoi pas rester, attendre et s'endormir

pénétré

le coeur imprimé

par les immenses bonheurs dont le thé nous inonde

 

 

Ce texte, qui contient des mots empruntés à Mallarmé et Baudelaire, est l'exact reflet de ma pensée de thé actuelle...Je le dédie à Nadim, lecteur outre Méditerranée, que je remercie encore pour son chaleureux message...

 

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mercredi 25 juillet 2007

 

ce soir, antique et rare pu er

d'une infinie longueur

même colgate en profite

par Lionel publié dans : Haïku
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Dimanche 22 juillet 2007

Albi. 31°C à l'ombre. Tout couvert encore de l'eau de la piscine, que le soleil puissant vient immédiatement sécher, je m'attable pour déguster mon Bai Hai Wulong. Le 14 juillet est passé mais c'est encore le feu d'artifice. Les feuilles dans la boîte tout d'abord. On entre dans une boulangerie : brioche, pain frais et chaud. Puis on parcourt la campagne en cette période de moissons, et on longe un champ de blé fraîchement récolté, parfums de chaumes et de paille. Puis les feuilles dans le zhong chaud. Du caramel, c'est très dense et sucré. En bouche, la palette aromatique est large : du beurre, du lait, des fleurs : je ne sais trop lesquelles, en tout cas ce n'est pas : rose, magnolia, laurier sauce, pois de senteur, jasmin (les fleurs présentes dans le jardin). Des fruits secs aussi : amandes, raisins. C'est devant une telle richesse que me sont revenus les vers de Verlaine

 

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous

 

La liqueur a assez peu de corps, elle est légère et fraîche, agréable en cette chaleur. Je m'attendais à y trouver plus de structure et de complexité, mais je connais encore mal ce thé, nul doute que je n'ai pas encore exploré toutes ses facettes. L'entrée en bouche est parfumée, des fleurs, la finale est plutôt longue et essentiellement pâtissière. Je n'y ai pas trouvé la note franche de miel que l'on cite souvent pour décrire ce thé...J'ai aussi été surpris par la taille et la couleur des feuilles : le dernier bai hao que j'avais goûté avait des feuilles plus petites et d'un brun marron homogène. Là les feuilles sont plutôt grandes et la couleur va du vert kaki au brun. J'ai essayé de voir si l'on remarquait les trous que font les insectes dans les feuilles, créant la réaction de défense de la plante qui donne un goût si particulier à ce thé. J'ai vu des trous, des petites déchirures. Mais sont-ce là les traces des passages des petits insectes ? Ces trous sont-ils seulement visibles ? ...

Voilà, un bien joli thé en tout cas, sacrément riche et dense. Un thé qui fait voyager, comme nous y invite Jules Supervielle...

 

Voyageant d'île en cap et de port en surprise

Il démêle un intime écheveau d'horizons

par Lionel publié dans : Dégustations
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