Vendredi 13 juillet 2007

 

 

Je vous dis au revoir...Direction Albi pour une semaine de vacances. Je pars avec dans ma valise :

- les classiques thés rouges du p'tit dej : assam, ceylan, yunnan, et une petite théière en fonte pour les préparer

- un zhong

- une mini galette de pu er Gong Ting 2005 que je connais encore mal, un Wen Shan Bao Zhong qui me semble tout indiqué en été pour sa fraîcheur, et un Bai Hao Wulong que je n'ai pas encore goûté...mais qui me passionne déjà à sentir le parfum de ses feuilles...

Rendez-vous donc dans 10 jours (peut-être avant...?) pour une carte postale de vacances...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Vendredi 13 juillet 2007

            

                     quelques feuilles de pu er 1970

                     dans la théière chaude

                     un toujours dans le jamais

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Samedi 7 juillet 2007

Plus l'temps j'vous dis...Défaire la galette, peser quelques feuilles au quart de gramme près. Préchauffer la théière. Rincer les feuilles. Infusion 1, infusion 2, infusion 3....

Vivons avec notre temps mes amis : boulot, enfants, ménage, rangement, courses...Simplifions-nous la vie dans les rares moments de temps libre que la vie nous concède...

 

 

 

 

Ou pour reprendre les paroles de Mass Hysteria (désolé...je dénote par rapport aux références à Schubert, Bach ou Mozart...) : "Provoquer provoquer, la contraddiction...." (notez les 2 "d"). Oui, un sachet jaune dans une Yixing pour mettre fin à mon addiction aux grands crus de pu er, qui de toute façon sont bientôt une histoire ancienne... Et contradiction, car je sais qu'une telle photo ne manquera pas de susciter chez vous de nombreux et pertinents commentaires...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Lundi 2 juillet 2007

Je me rends compte depuis quelques semaines que je ne publie plus de compte-rendu de dégustation...C'est le juste reflet des paysages par lesquels passe en ce moment mon chemin de thé, faits de vastes plaines où rares sont les dégustations qui se dressent à l'horizon...Travail, fatigue, vie de famille...Mais ça reviendra, et pendant ce temps d'autres publient de beaux commentaires de dégustation (comme le dernier de bejita/tetsubin sur la mini gong ting 2005...).

Dans l'intervalle, et au gré de mes déplacements en voiture, ou lors d'interminables réunions de service, je rêve de thé...

 

 

dans la voiture

pas d'autoradio

des haïkus plein la tête

 

Je me suis récemment pris pour un personnage du voyage de Gulliver à Lilliput, et j'ai plongé dans une théière yixing en pleine infusion, vêtu évidemment d'une combinaison permettant de résister à une eau de 95°C. Et là j'ai pu assister à l'alchimie dont nous ne voyons d'habitude que le résultat. J'ai assisté aux premières loges à la diffusion des arômes et des parfums solubles des feuilles de thé vers l'eau, d'abord neutre et incolore, qui peu à peu se colorait en une liqueur brunâtre (c'étaient des feuilles de pu er...) et prenait une saveur minérale et forestière. Et là m'est apparu un paradoxe que je n'ai pas encore réussi à élucider. Vous me confirmerez tous que les premières liqueurs d'un gongfucha sont les plus fortes, les plus masculines et viriles. Or in situ les choses se passent ainsi...Les feuilles sont comme des Titanic en plein naufrage. A leurs bords, des hommes vêtus de rouge (regardez les bordures des feuilles colorées de rouge-brun...) organisent l'évacuation des passagers, qui en l'occurence sont les huiles essentielles porteuses d'arômes et de saveurs. Les parois des théières empêchent leurs cris de parvenir à nos oreilles, mais ces hommes crient "Les femmes et les enfants d'abord". Voilà pourquoi je suis surpris que ces notes féminines notamment ne nous parviennent en général que dans les liqueurs tardives et lointaines d'un gongfucha...

Puis j'ai continué ma plongée sous-marine, et j'ai gagné les parois de la théière, en l'occurence une ancienne Yixing très poreuse. Et là, sous mes yeux ébahis une succession de grottes, connectées les unes aux autres, certaines isolées auxquelles je n'ai pu accéder. Dans chacune une ambiance olfactive différente. Ici une caverne aux parois tapissées d'huiles essentielles de carré 1979, des parfums d'encens, de camphre, d'épices. Un peu plus loin une autre cavité, où régnait cette fois une atmosphère très forestière, minérale, fine et dense, pure, marque indubitable du grand Tuo cha 1986 n°8. Enfin je terminai mon initiation de spéléologie dans une grotte unique, complètement différente des autres : du miel, de la lavande, beaucoup de complexité et de richesse : un bai hao wulong ! Mais que fait-il là ? Cette théière dédiée aux pu er a au moins une fois servi pour préparer cette merveille de wulong...

Voilà, j'ai repris ma taille normale, ce qui m'a permis de tapoter sur mon clavier pour vous offrir ces quelques lignes. Ce n'est pas un compte-rendu de dégustation, mais j'espère qu'il vous aura tout de même mis l'eau à la bouche...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mardi 26 juin 2007

La "peur de perdre" existe chez les tennismen. N'existerait-elle pas aussi chez le buveur de pu er ? Peur de perdre un morceau de pu er qui une fois dégusté aura disparu pour de bon. C'est la même chose avec tout thé me direz-vous : une fois dégusté, il n'en reste évidemment rien. Mais les pu er étant millésimés, on ne retrouve pas d'une année sur l'autre les mêmes thés, contrairement à un tie guan yin par exemple qui certes n'est pas le même d'une récolte à une autre mais qui change tout de même assez peu...J'ai par exemple devant moi quelques 160 grammes d'une galette 1985 n°11 de M3T, fameuse galette, devenue rare et disparue de la carte de la maison précitée. Il n'existe pas de galette millésimée 1986 s'en rapprochant à ma connaissance, ni 1987...Ces 160 grammes sont donc rares et précieux. Conscient de la fantastique qualité de ce thé, et de sa rareté, j'hésite souvent à le déguster. Je le réserve pour des conditions idéales de dégustation : du silence, du temps devant moi, les sens en éveil...Pour extrémiser les choses, et les modéliser, je pourrais parfois traduire mon raisonnement en langage mathématique :

Soit une quantité finie de thé de 160 grammes, soit 40 dégustations de 4 g chacune. Comment, sur le temps qu'il me reste à vivre, répartir au mieux ces 40 dégustations pour en tirer le maximum de plaisir et de bonheur ? On est là bien loin de l'idée première du thé, de sa philosophie, le thé de l'instant, le thé de l'instinct...Non, là on plannifie, on gère en bon gestionnaire...Les jouisseurs de la vie sans arrière-pensée dégusteront ce thé sans penser à demain, comme si c'était leur dernier jour à vivre...

Avoir dans sa cave quelques unes de ces pièces uniques, au milieu d'autres moins prestigieuses, permet d'équilibrer les dégustations dans le temps, les unes et les autres se valorisant mutuellement, chacune étant dégustée dans des conditions appropriées (réflexion de Raphaël, reprise plusieurs fois au cours de nos échanges via les commentaires...).

Alors oui cette "peur de perdre" existe chez moi, mais c'est aussi une conscience de la valeur des choses. Reste à savoir équilibrer les deux. Savoir apprécier pleinement des moments magiques de dégustation avec des thés exceptionnels, sans éprouver un serrement au coeur en jetant les feuilles épuisées à la poubelle...Après tout, le thé c'est la vie, c'est le cours normal des choses que de les voir prendre fin, se succéder à elles mêmes, pour recommencer encore et encore...

 

 

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Dimanche 24 juin 2007

 

 

Le saviez-vous ? La porcelaine chinoise appelée céladon, recouverte d'émail craquelé, le plus souvent vert pâle, tient son nom d'un héros de roman. Céladon est le nom d'un personnage de l'Astrée, roman d'Honoré d'Urfé édité de 1607 à 1627, et qui connut un succès considérable en Europe au XVIIè siècle. Les porcelaines chinoises arrivaient en Europe à cette époque et ont donc pris là leur nom. Le fil rouge de ce livre est l'histoire d'amour parfaite entre son héroïne, qui a donné son titre au roman, Astrée, et Céladon. Tous deux sont des bergers foréziens. Voilà pourquoi j'ai fait cette petite mise en scène pour faire cette photo. J'ai remis Céladon, sous les formes ici de mon bateau et ma tasse à gongfucha,  au milieu de ses moutons, de diverses sortes, que m'a gracieusement prêtés Fleur...(et qui attend, le poing fermé, que je les lui rende une fois la photo prise...).

 

 

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Samedi 16 juin 2007

Je reproduis ici un petit texte écrit il y a plus d'un an, sur Le Cercle du thé, en réponse à un ami qui nous livrait ses impressions de dégustation d'un Wen Shan Bao Zhong...

 

Ah ! non ! c'est un peu court jeune homme !

On aurait pu dire...Oh ! Dieu !... bien des choses en somme.

En variant le ton, - par exemple, tenez :

Agressif : "Moi, Monsieur, si j'avais un tel thé,

Il faudrait sur le champ que j'en boive une tasse !"

Gracieux : "Aimez-vous à ce point les wulongs

Que paternellement vous leur consacrâtes

Une petite théière avec une jolie natte ?"

Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entraînée

Par ce wulong, de sombrer dans l'ivresse du thé !"

Tendre : "Conservez-le dans une jolie boîte

De peur que son parfum au soleil ne se gâte !"

Admiratif : "Pour un parfumeur, quelle enseigne !"

Naïf : "Ce monument du thé, quand le goûte-t-on ?"

Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie ?

Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot!"

 

A vous de découvrir les mots que j'ai osé insérer dans le texte d'Edmond Rostand....

(ce post est dédié à mon petit frère Régis, grand fan de Cyrano...)

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mercredi 13 juin 2007

Ce matin, sitôt réveillé, je suis allé me promener en forêt. A jeûn, les sens en éveil, dans le silence de la nature qui s'éveille, telle une feuille blanche que la moindre petite poussière vient marquer...Dans le sous-bois, des feuilles mortes, je m'y penche. Dégradé de tons brun, marron, noir, vert kaki. Sur une terre pourpre, granuleuse, encore froide mais qui va vite se réchauffer. Terre que je prends dans ma main, quel agréable toucher, à la fois lisse et doucement rugueux. La parfum est minéral, et aussi étonnamment frais, presque mentholé. Je progresse sous les arbres, notes des champignons, pour arriver à l'entrée d'une prairie au milieu de laquelle serpente une rivière bordée de saules. La rivière transpire, exhale une vapeur. Je m'en approche, le plus près possible de l'eau. Je plonge ma main, saisis une pierre recouverte d'algues et maculée de vase. Je la sens, son parfum est ténu, très discret. Ces objets sous-marins n'ont pas les vertus olfactives de leurs voisins aériens, mais j'y perçois tout de même des notes fortes, de caractère. Je bois l'eau, pure, métallique. Je poursuis ma ballade, longe la rivière. Des parfums fleuris me parviennent, rien d'exhubérant, pas de miel, de jasmin...Quelque chose de mi minéral, terrien, mi fleuri. Vraiment très spécial. Voilà déjà une heure que je chemine et les sensations olfactives, tactiles et visuelles sont encore très soutenues. Mais la vie m'appelle. Il est temps de refermer cette parenthèse hors du temps.

Voilà une belle ballade, assis à ma table de thé...

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Dimanche 10 juin 2007

 

1 an que j'attendais ça, ou presque...Le tant attendu se nomme Darjeeling Mullootar FTGFOP1 First Flush 2007. Chaque année, c'est pour moi un grand bonheur de retrouver quelques grammes de Darjeeling de printemps. Après du Castelton (le must), de l'Ambootia, et du Moondakotee l'an dernier, voici donc le jardin de Mullootar. Look habituel pour un Darjeeling de printemps : de petits morceaux de feuilles, marron brun noir, parsemé de morceaux de feuilles bien vertes, plus de jolis bourgeons duveteux. Et ce parfum ! Mon dieu quelle merveille !

 

 

C'est un des thés qui me procure le plus de plaisir simplement au nez sur les feuilles encore dans leur boîte. Vous approchez doucement le nez de la boîte, le parfum est bien concentré, ça commence par une note acidulée, des agrumes, puis vient la fraîcheur, la note verte. Puis vous soufflez doucement sur les feuilles pour extraire dans l'air chaud les notes les plus volatiles, et ce sont des notes pâtissières qui vous parviennent, du biscuit au beurre, sucré, de la brioche...et surtout l'amande...Déjà de très belles choses...

Puis vient l'infusion. Les Darjeelings sont pour moi des thés capricieux, délicats à préparer, plus que des thés chinois (dont certains sont aussi délicats à préparer...). Je ne les réussis pas toujours, et j'ai mis un peu de temps à trouver les bons "paramètres" de préparation. Pour les Darjeelings de printemps, je procède ainsi : 4g pour 40 cl, une eau un peu moins chaude que pour un autre thé rouge, et 2 min 30 d'infusion voire moins. Pour cette première préparation de ce Mullootar, le résultat est plutôt bon. La liqueur est assez colorée, verte. jaune. Et quelle fraîcheur en bouche, quel mordant ! Peu de corps comme souvent sur les Darjeelings de printemps, une liqueur métallique, une sensation vraiment à part, rien à voir avec les thés chinois. Pas d'amertume, même si celle-ci est là qui guette. Une astringence agréable qui assèche le palais et la langue. Une longueur surprenante pour un thé de printemps.

Bref, d'heureuses retrouvailles avec un de mes thés préférés. Un thé dont il est rarement question sur les blogs que je "fréquente", dont beaucoup disent qu'il n'a pas les qualités qui en font un grand thé de dégustation comme les pu er, wulongs etc...Personnellement je lui trouve d'énormes qualités que je vous ai détaillées ici : un parfum frais hors du commun, une liqueur pure et purifiante. Un thé qui tient une place à part dans mon chemin de thé...

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Mardi 5 juin 2007

 

 

Avec l'aimable autorisation de Philippe (La galette de thé), je reprends ici une de ses fameuses photos, car je suis bien incapable d'en faire une pareille pour concrétiser l'idée qui m'est venue ce matin au volant de ma voiture (encore !), en direction de St Malo, et qui m'a conduit à griffonner quelques lignes sur mon petit carnet (ne faîtes surtout pas ça ! mais l'inspiration n'attend pas...). Repensant au post et aux vidéos de Jeancarmet sur le mariage pu er / cigare, un poème de Mallarmé m'est revenu à l'esprit ...

 

 

 

 

 

Toute l'âme résumée

Quand lente nous l'expirons

Dans plusieurs ronds de fumée

Abolis en autres ronds

Atteste quelque cigare

Brûlant savamment pour peu

Que la cendre se sépare

De son clair baiser de feu

Ainsi le choeur des romances

A ta lèvre vole-t-il

Exclus-en si tu commences

Le réel parce que vil

Le sens trop précis rature

Ta vague littérature

 

Voici donc ce que j'ai écris sur mon carnet...

 

Toute l'âme résumée

Quand lente nous inspirons

Cette vapeur de pu er

Emanant de la théière

Attestent quelques feuilles

Exhalant savamment pour peu

Que l'on ait pris soin avant

De bien chauffer la théière

 

Ainsi la pure liqueur

A ta lèvre vole t-elle

Exclus-en si tu commences

Le réel parce que vil

 

Le sens trop précis rature

Tes émotions de thé

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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