Vendredi 1 juin 2007

La publication par Philippe de sa cave à thé m'a inspiré les réflexions suivantes...

J'ai aujourd'hui 28 pu er différents dans mon petit meuble. Et je me remémore le jour de septembre 2004 quand je suis sorti de la Maison des Trois Thés avec dans mon petit sac une boîte de cubes 87 et un tuo cha 1982. J'étais le plus heureux des hommes. J'avais encore quelques grammes du vrac 92 que j'avais acheté assez longtemps avant. Avec ces 3 pu er, je me voyais parti pour des mois. Je les dégustais tour à tour, je les connaissais donc chacun parfaitement. Après avoir dégusté quelques dizaines de grammes d'un même thé, vous commencez à bien le cerner, percevoir ses différentes facettes. Puis j'ai acheté un carré, puis une jeune galette 2004, puis une galette des 80's, puis ...puis...Et me voilà aujourd'hui avec une jarre pleine, à devoir faire des petits casiers en bois pour ranger tout ça (cf un post précédent...). Et je me demande : n'est ce pas en quelque sorte que "diluer" son affection pour chaque pu er que d'en avoir un grand nombre ? (je parle d'affection, certains seront peut-être surpris, choqués ? mais il y a de ça dans une relation au thé...). Il est difficile et je m'en rends compte de bien connaître chaque pu er quand on en a une trentaine non ? (sauf à avoir énormément de temps pour les déguster, et boire chacun fréquemment, ce qui n'est pas mon cas...). Vous me direz que quand l'affection que l'on a pour le thé est infinie, peu importe le nombre, cette affection ne peut être diluée...Un père de famille nombreuse ne doit pas "diluer" son amour pour ses enfants au prorata de leur nombre...Mais tout de même je me dis parfois "Tiens ce tuo cha 1992 que j'ai acheté en avril 2005 (c'est bizarre je me souviens très précisément de ce genre de choses...), ça fait longtemps que je ne l'ai dégusté", alors que quand je l'ai acheté il était un trésor pour moi...Ressentez-vous ce genre de choses ??? (j'en sens plus d'un à lire ces lignes se dire "comme il se prend la tête celui-là..."...).

Autre réflexion, suite à un commentaire de Michel je ne sais plus où...disant Michel que tu dégustes 15/20 g de pu er par jour. Moi j'atteins la moitié de ce total à la semaine peut-être !!!  C'est bizarre...J'adore le pu er, vraiment, mais je ne ressens pas le besoin d'en boire beaucoup, souvent. En boire une qualité moyenne au p'tit dej par exemple, pas envie. J'aime faire de mes rencontres avec le pu er des moments exceptionnels. Je garde d'ailleurs sur mon petit carnet en mémoire des "moments de thé" exceptionnels pour moi, je vous en parlerai un jour même s'il n'est pas facile pour une personne extérieure de ressentir ces moments de la même façon ...Je fonctionne par pics, par cycles. Je fais une dégustation "exceptionnelle" (genre celle de la galette 85 le 25 avril dernier de 22h à minuit en écoutant un CD de l'Ave Maria par Soeur Marie Keyrouz ...divin...), puis je m'en souviens pendant 4-5 jours après, j'y repense au volant de ma voiture (je me déplace pas mal pour le travail et je n'ai pas d'auto-radio...:-)) etc...puis je laisse monter le manque comme l'a dit justement Raphaël, puis je déguste à nouveau...Bon je ne fonctionne pas toujours ainsi mais sur la durée je me rends compte que c'est un peu comme ça que je vis le pu er...

Bref, ces réflexions n'ont en aucun cas pour but d'ériger un modèle, de dire le bien le mal, de recommander quoi que ce soit. Avoir 5 pu er ou 45 peu importe, en avoir 500 g ou 8 kg on s'en fiche. En déguster au p'tit dej, puis à midi, le soir, tous les jours, ou simplement quelques soirs par semaine....Tout ça n'est que le reflet de la diversité de la vie, des divers chemins que nous tous, passionnés de thé, nous empruntons chaque jour. L'essentiel est d'avoir la chance et la possibilité de choisir sa voie, d'y cheminer à son aise et de s'y sentir bien...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Dimanche 27 mai 2007

Ah...Enfin le week-end...Un peu de repos en perspective...Eh bien non : samedi matin, 5h49, un délicieux son émane de la chambre de Fleur, cris et pleurs mêlés...L'heure du réveil a sonné. Soit ! Saisissons l'occasion pour déguster un joli thé, alors que bébé s'est rendormie dans le lit de ses parents, que le silence est revenu...Quel thé alors choisir ? Je voudrais quelque chose de vif, de frais, pour accompagner mon réveil, du jeune pu er donc. Mais rien de trop agressif non plus, pas trop de matière ou d'amertume. Qu'auriez-vous choisi en pareille circonstance ? Mon choix s'est finalement porté sur un thé dont j'ai déjà parlé ici : le vrac 1997 n°23. 4 g en Yixing.

Feuilles toujours aussi surprenantes et superbes. Du grain, des céréales sur les feuilles sèches : j'adore ! Une liqueur fraîche, précise, un peu "acide" (le terme n'est peut-être pas très fidèle à ma sensation mais je ne trouve pas mieux), métallique.

 

 

jeune pu er au réveil

liqueur pure et métallique

le chant du coq

 

Un côté que je ne lui avais pas trouvé aux précédentes dégustations : fruité. Un fruité et une verdeur qui n'est pas sans rappeler les dan congs, thés que je connais assez mal mais j'y perçois cette ressemblance...

 

 

céréales, fruits

jeune pu er au réveil

petit dej complet

 

 

Une liqueur qui n'a pas le corps, la matière, la longueur d'une galette 1999/30 par exemple, mais c'est très beau, très frais, et surtout très original. Comme je le disais dans mon précédent commentaire sur ce thé, une complexité intéressante déjà, même si ça n'atteint pas celle de la galette 85/11...

 

jeune pu er ta liqueur

égale en complexité

le chant du merle

 

Voilà, il est presque 8h, bébé se réveille pour de bon...

 

seulement 8h du mat

bouilloire brita déjà vide

pipi dans l'herbe fraîche

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Mercredi 23 mai 2007

Hier soir. 4 g de galette 1994/23 en gong fu cha, théière Yixing de 10 cl. Compte-rendu en direct.

"Fleur (notre fille de 18 mois dont vous apercevez là les mignons petits pieds - ndlr), reposes cette cuillère à thé ! et ne la mets pas dans la bouche s'il te plaît...". Fleur obéit sagement. "Très bien ma chérie". Très beau parfum de la théière chaude, vide. Très agréable parfum des feuilles sèches également : c'est gourmand, sucré, chocolaté, cacao, pâtissier. Du cuit je pense. "Fleur, tu ne prends pas non plus cette petite tasse (céladon de l'époque Qing - ndlr), tu la reposes gentiment...". Les feuilles rincées developpent un parfum différent : plus dense, encore fort agréable. "Fleur, attention à la table avec tes pieds...Si tu ne sais pas quoi faire pendant que papa et maman dégustent un thé, tu veux aller chercher un livre ?". Immédiatement Fleur descend du canapé et se dirige vers sa mini table, et revient aussitôt avec son gros livre de Franklin à bout de bras. Les 3-4 premières liqueurs sont très belles, marron très foncé voire noires. C'est plein en bouche, gourmand encore une fois, assez complexe. Une finale cacaotée, assez longue. On voudrait que la théière, pour une fois, soit plus grande, pour pouvoir se partager davantage de cette délicieuse liqueur à chaque infusion. "Alila lila, alila lila". "Oui ma chérie, Franklin va à l'école avec Arnaud son escargot dans son sac à dos. Il va retrouver Mr Hibou, son professeur....". Les liqueurs qui suivent perdent assez vite en densité et en arôme. Le liquide s'éclaircit. Mais ça reste bon. "Alila lila", me dit fleur en tapotant sa tête de sa main droite, et me montrant la casquette rouge rivée sur la tête de Franklin. "Oui, toi aussi tu as une casquette rouge pour aller dehors quand il fait chaud, c'est bien ma puce...". 

Il est 22h32, Fleur s'est endormie dans mes bras, elle a maintenant rejoint son lit. Nous arrêtons là cette dégustation en famille, après environ 8 infusions de ce sympathique pu er cuit. Un bel exercice de méditation, de présence à l'instant, ici et maintenant. Exercice d'équilibriste aussi parfois. Certes je n'ai pas l'habitude de déguster mes plus raffinés pu er ou wulongs dans ces conditions, mais c'est aussi ça le thé, le thé dans la vie, en plein dedans, au milieu des êtres, des choses, des mouvements et des sons...

 

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Jeudi 17 mai 2007

 

 

 

 

pluie drue sur l'Ecosse

elles se régalent les gargouilles

du château hanté

par Lionel publié dans : Haïku
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Jeudi 17 mai 2007

Une idée me vient suite à mon post précédent...Et si nous nous répartissions à plusieurs une même jeune galette, pas chère (comme celle que je présente juste avant), pour laquelle on est prêt à prendre des risques, et que chacun fasse vieillir son morceau dans des conditions particulières...qui un appartement parisien sous les toîts, qui un abri à bonsaïs alsacien, qui une cave à vin, qui une vieille grange, etc. Si possible des conditions assez différentes, histoire "d'extrémiser" les choses pour que la comparaison vaille le coup. Et au bout d'un an on prélève et on échange un petit morceau que l'on déguste pour voir quels effets ont eu les différentes conditions de vieillissement...

Qu'en pensez-vous ?

par Lionel publié dans : Au quotidien...
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Samedi 12 mai 2007

Voici dans quel état j'ai trouvé ma galette 1999 7352 de JingTeaShop, après 14 mois passés dans une vieille grange chez ma grand-mère dans le Finistère. Hélas, je ne l'avais pas photographiée avant...Tout ce que je peux vous dire c'est qu'elle a évolué d'un point de vue visuel et aussi gustatif. Elle s'est recouverte d'une pellicule blanchâtre dont je ne sais trop quoi penser...moisissure ? foutue cette galette ? c'est grave docteur ? En grattant on retire facilement ce voile blanc...Au niveau du goût, cette jeune galette de pu er s'est assagie. Franche et brute en février 2006, elle est aujourd'hui plus facile à boire.Elle devient moins rapidement amère, moins forte, exprime plus de subtilité même si c'est encore fougeux et relativement simple. Bref, un séjour qui lui aura été bénéfique. Comme quoi un stockage humide peut avoir des effets bénéfiques, mais plusieurs ici n'en doutaient pas ...Y a qu'à voir la galette 1998 n°31 ou les carrés des 3T qui bénéficient aux aussi d'un stockage visiblement humide, et quelles beatutés à l'arrivée...D'ailleurs, au nez sur la galette entière, cette galette "expérimentale" présente des ressemblances avec la 1998 sus-citée : des parfums de grenier à grains (exactement l'ancienne fonction de la grange dans laquelle je l'ai stockée pendant 14 mois !), de céréales.

Bref, un joli pu er, et une expérience de stockage intéressante. Je vais maintenant la mettre dans le grenier de notre petite maison de campagne, sur les bords de la Vilaine...Et je lui rendrai une petite visite dans 1 an environ, voir comment elle aura évolué...Rendez-vous donc en mai 2008...

par Lionel publié dans : Dégustations
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Vendredi 4 mai 2007

J'ai ce pu er en vrac de 1996, nouveauté M3T, depuis quelques semaines, et je n'arrive pas à en percer le mystère, à y trouver le trésor que d'autres m'ont dit y trouver...Je me suis donc armé de mes deux théières à pu er pour tenter de résoudre l'énigme. L'occasion aussi de "comparer" ces deux théières, chose que je fais continuellement en y dégustant parfois successivement les mêmes thés, mais que je fais rarement sur des dégustations en parallèle, "toutes choses égales par ailleurs" comme on dit dans mon métier de la recherche - développement en agronomie...4 g de thé dans chaque cas, les deux théières ayant à peu de choses près la même contenance...

Premier enseignement : la théière de gauche, taïwanaise de fabrication récente, permet une meilleure expression des parfums des feuilles sèches puis humides. C'est net. Les notes olfactives arrivent naturellement au nez, nombreuses et complexes. Sur la Yixing, il faut aller les chercher en inspirant plus fort, et c'est plus confus, on y perçoit moins de choses.

Sur la liqueur, honnêtement, la différence n'est pas à couper au couteau mais il y a quelque chose... Contrairement au nez, la Yixing offre plus de choses en bouche, la liqueur est plus expressive, plus pleine. Mais c'est une différence assez faible. J'ai perçu cette différence notamment en prenant une très petite quantité de liqueur en bouche pour bien saturer la langue : avec la Yixing, la liqueur est plus forte, et plus simple ; avec la taïwanaise, c'est plus "aqueux" et peut-être plus complexe, mais encore rien de très très net...Plus de longueur en tendance sur la Yixing. En terme de palette aromatique, c'est aussi assez proche sur les deux théières : plutôt léger de corps, léger fumé, pain grillé, bois sec...

Voilà pour ce test...Au final un thé qui me laisse un peu sur ma faim même si c'est bon...Je lui préfère les deux autres vracs du fameux trio de la M3T (vracs 1996-1997-1998). Je reparlerai du 1998 bientôt...Quant à la comparaison des théières, ça confirme l'opinion que je m'étais forgée de ces deux merveilles : même si la différence fonctionnelle reste assez subtile, elles ont toutes deux un profil un peu différent, qui outre leurs esthétiques elles très différentes, les rend toutes deux indispensables !

par Lionel publié dans : Dégustations
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Mercredi 2 mai 2007

Un petit haïku composé hier, jour de la fête du travail....Quel rapport avec le thé me direz-vous ? Attendez je cherche....Ah oui, imaginez les plaisirs olfactifs que ressent une taupe à sans cesse fouiner dans la terre et les feuilles mortes, hummm....ces notes permanentes de terre et d'humus à portée de son museau ....Elle n'a rien à nous envier, nous autres fins dégustateurs de pu er antiques....

 

fière de son ouvrage

la taupe en haut de sa motte

hourra des pâquerettes

 

 

(avec deux jeux de mots à "dénicher" dans ce haïku...)

 

par Lionel publié dans : Haïku
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Vendredi 27 avril 2007

La Genèse, La Création, 1, 11

Dieu dit : "Que la terre se couvre de verdure, d'herbe qui rend féconde sa semence, d'arbres fruitiers qui, selon leur espèce, portent sur terre des fruits ayant en eux-mêmes leur semence !". Il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe qui rend féconde sa semence selon son espèce, des arbres qui portent leurs fruits ayant en eux-mêmes leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.

Et si...

Dieu vit que cela n'allait pas. Et comme, en démiurge prudent et prévoyant, il travaillait toujours sur plan avant de mettre en oeuvre ses idées grandioses en taille réelle, il chiffonna le tout énergiquement, visiblement agaçé et manifestement insatisfait. Mais ce brouillon ne fut pas vain. Non. De ce papier chiffonné, compressé fermement entre les mains de Dieu en personne, jaillit ce jour-là un liquide divin, par essence, un jus de terre, de verdure, d'herbe, de forêt, d'arbres. Liquide qui aujourd'hui continue d'abreuver les hommes, du moins certains, les plus pratiquants d'entre eux, et de leur procurer autant de plaisir que la pomme à Eve et Adam. Liquide que les hommes depuis nomment Pu Er...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mardi 24 avril 2007

             

 

                                        
par Lionel publié dans : Au quotidien...
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