Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 13:56

nu

je suis la page blanche, le thé est le poète
je suis la toile, le thé est le peintre
je suis l'argile, le thé est le potier

laisser venir à moi ses mots, ses couleurs, ses formes

les choses telles qu'elles sont, sans a priori, sans idée préconçue

se débarasser de ses oripeaux, faire tabula rasa, lâcher prise

être nu et fragile, pleinement réceptif à la plus petite chose


je m'aperçois que j'ai jusqu'à ce jour fait pas mal de 'surqualité' :
blinder sur la théière : de potier, terre épuisée, mini 300 euros...
blinder sur le thé : pu er sheng mini 15 ans d'âge, rocher haut de gamme, rouge prestigieux
maintenant : enlever ce blindage, cette armure, être à nu et laisser venir...

non pas affirmer qu'une très bonne théière et un très bon thé sont choses vaines, loin de moi cette idée
certainement de telles choses sont capables d'apporter de grandes joies de dégustation

mais avant tout adapter sa façon de faire le thé à sa nature profonde
7 ans de cheminement sur ma voie du thé
et pas encore expérimenté réellement les apports d'une très bonne théière (300 euros et +) versus une théière plus 'modeste' (30-50 euros)
mes thés préférés sont des rouges à 10 euros, des wulongs taïwanais à 25 euros, des pu er shu ou jeunes sheng

'facile' d'investir dans les matières nobles : théières, thé
et oublier l'eau et ses propres sensations, son attention

plutôt que d'investir dans le thé, s'investir dans le thé...



Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 14:24
Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire....en me remplissant d'une essence précieuse....

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

ressentez-vous ces effets que prête Proust au thé ?

Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 13:45
ta pointillation crème
ton toucher d'ardoise
tes courbes caressantes

je ressens une telle fierté à voir ta patine apparaître

voir la lumière du jour prendre en toi son foyer

et moi en toi voir grandir mes racines

Par Lionel - Publié dans : Objets de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 15:54

4g env. dans xishi 10 cl
26 €/100 g soit 1 € le gfc

parfum des feuilles dans la xishi chaude

absolue merveille, s'il est un parfum que j'emmènerais avec moi sur une île déserte, peut-être serait-ce celui-là...
gourmandise, fruit, acidulé
cela fait 3 minutes que régulièrement je plonge mon nez dans la théière encore tiède, c'est toujours aussi fabuleux

liqueur 1, 1 minute
comme xishi noircit sous la chaleur, magnifique !
la liqueur reste d'une couleur peu soutenue, translucide, marron-orange
avec quelques morceaux de feuilles passés au travers de la 'balle de golf'

les feuilles sont déjà bien ouvertes, avec une dominante de couleur vert-kaki, brun
le parfum n'est plus le même, moins gourmand, plus végétal, mais reste sucré

comme elle est délicieuse cette liqueur...
ce thé est une merveille...
si habile mélange de gourmandise, pain d'épice (dixit Flo, l'avais pas vraiment identifié, jusqu'à présent, mais là oui je le sens...)
acidulé, végétal, miel, cannelle...
j'en reviens pas comme c'est bon...

on garde cette liqueur en bouche de longues minutes, c'est assez plein, riche et rond, avec en permanence ce toucher acidulé, métallique, cette sensation physique et non physico-chmique, c'est tout autre, ça persiste longtemps...

on approche le nez de la liqueur, et déjà on entrevoit la promesse d'un petit bijou, d'un petit délice
en contre-point, la sensation tactile et physique prédomine, et oculte peut-être la manque de plénitude de la liqueur, mais l'un dans l'autre fait de ce thé un grand...

liqueurs 2 et 3, 1 min puis 1 min 30
même profil de liqueur, en moins riche et plein
mais toujours cet 'after-taste' si vif et en relief !

bref, j'aime ce thé, c'est évident


Par Lionel - Publié dans : Dégustations - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 14:34

s'il est un thé qui me remue, me réchauffe, me pénètre...
c'est bien lui
simple thé rouge
même pas un pu er millésimé, vénérable sheng de 10, 15, 20 ans
même pas wulong haut de gamme :
dan cong à la récolte infinitésimale
prestigieux da hong pao
high mountain gao shan

non, thé rouge, fully oxidized

même pas théière en terre épuisée
même pas taïwanaise de potier
même pas bateau en porcelaine de l'époque qing

non, simple xishi, noire, pas très chère
bateau = assiette blanche trouvée par hasard dans la cave chez mes parents

l'absolue imperfection des objets du thé



Par Lionel - Publié dans : Dégustations - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 15:52

Théières en terre vivantes,

Dont brille la patine,

Vous êtes venues neuves

Chez nous.

 

Nous avons beaucoup appris

Pendant ce temps.


d'après un poème de Eugène Guillevic, dans le recueil Terraqué, 1942


Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 16:03

quelques réflexions en vrac, petite pause sur mon chemin de thé...

théières

ma ou mes théières préférées ne sont pas les plus prestigieuses, les plus chères ou les plus performantes
ce sont celles dont je me sers le plus souvent, et qui de ce fait ont acquis une belle pâtine
ce sont  celles qui me suivent partout, à la maison, au bureau, en week-end, en vacances
ce sont les plus 'accessibles', simples, d'un prix moyen

je me rends compte que le feeling, les sensations inexplicables, sont plus importants pour moi dans la 'relation' à une théière que le prix, la qualité sur le papier, les performances dans l'absolu d'une théière
ainsi depuis plusieurs mois je ne fais de fongfucha que dans ma xishi noire de la cave à thé, non pas la boule noire yang wen ji, mais l'autre 5 fois moins chère...
je perds probablement en qualité de rendu de la liqueur, mais vu que je n'arrive pas à me concentrer pleinement sur le moment gongfucha, je ne serais de toute façon pas à même d'apprécier à sa juste valeur une théière de très haute qualité...

théière de potier, haute montée en température, terre épuisée, rare, ancienne, unique,...autant de mots qui me font de moins en moins rêver
feeling, pâtine construite soi-même, jour après jour, polyvalence, simplicité, accessibilité, pas peur de l'ébrécher ou de l'amener en week-end, pas d'attente disproportionnée dans son rendu...je préfère...

thés
c'est finalement pas si facile que ça de trouver des thés que l'on aime
combien de fois au bout des 10-15 premiers grammes d'un paquet de 100g on sait déjà que ce thé ne vous enchantera pas pleinement...?
rares sont les fois où j'ai racheté exactement le même thé, en quantité importante (300g d'un coup), après l'avoir goûté une 1ère fois, parce que je savais que j'amais vraiment ce thé et que je voulais en mettre de côté
ça m'est arrivé avec : pu er vrac 1992 m3t, carrés de pu er, galette de pu er 1999 n°30, brique de pu er 1983, thé rouge violetta, thé rouge qimen hong...sur les centaines de thés que j'ai dégustés, c'est peu...



Par Lionel - Publié dans : Pensées de thé - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 13:40



hung shui oolong automne 2009 de teamasters
environ 4g / xishi de 10 cl

feuilles sèches
feuilles roulées en assez grosses boules, couleur vert foncé, noir, gris
le parfum est inhabituel, la première fois j'ai cru sentir les feuilles d'un vert japonais ! c'est très vert, végétal

liqueur
la couleur est proche de celle du dong ding "classique" dont j'ai parlé précédemment : vert-jaune

infusions 1min / 1 min / 1 min30 / 2 min / etc...
l'entrée en bouche est chaleureuse, on sent là la torréfaction des feuilles
c'est végétal, frais, fruité, du fond
la liqueur a un parfum de marron-châtaigne grillée, presque un parfum de long jing !
une pointe d'amertume apparaît de temps en temps, pas trop gênante

J'avoue être très supris par ce thé, et par le décalage qui existe entre ce que je constate à le déguster et ce que Stéphane en dit sur son blog : les "hung shui" oolongs sont fabriqués selon la méthode traditionnelle des oolongs du terroir de dong ding, à savoir plus oxydés que la moyenne et moyennement torréfiés. Personnellement, je trouve ce thé très "vert" : visuellement les feuilles puis la liqueur, les parfums (rappels de sencha et long jing), les feuilles une fois ouvertes ne présentent pas de zones rouges-brunes signes d'oxydation comme j'en vois sur mes wuyi de taïwan, si ji chun 2, beauté académique etc...La liqueur n'a pas la gourmandise, le miel que je recherchais.

Je ne comprends pas ce thé. Il semble être un hybride entre
- les wulongs aux feuilles roulées peu oxydés, peu torréfiés, frais, aux notes végétales, fleuries, liqueur vert clair, translucide, wulongs de haute montagne (gao shan, da yu ling, shan lin shi, etc)
- les wulongs toujours feuilles roulées, mais plus oxydés et torréfiés, liqueur d'une couleur plus soutenue, orange-marron, plus de fond, miel, notes pâtissières, fruits cuits (wuyi de taïwan, beauté académique etc).


Par Lionel - Publié dans : Dégustations - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 13:35

«Sans rien changer à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait presque le crissement de la soie frottée par l'envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l'une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu'elle se mettait à la pétrir. L'officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d'un noir profond.

Sans prétendre l'avoir, à la lettre, vu, j'eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l'écume verdâtre emplissait la tasse sombre - s'y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites taches -, de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse.»

yukio mishima, le pavillon d'or 


Par Lionel - Publié dans : Au quotidien... - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 12:48







Il n'y a pas que David, Gingko et Alain à avoir droit à leur joli paquet rempli de petites merveilles...moi aussi j'ai reçu une petite boîte cartonnée ce matin !

Provenance : Taïwan.

Contenu :
- 100g de Hung Shui oolong de Feng Huang automne 2009
- 50g de Concubine oolong 'sauvage' printemps 2009
- 100g de Luanze oolong 'classique' printemps 2009
conformément à la commande passée

En cadeau :
- un échantillon de Luanze oolong automne 2009
- 2 morceaux de charbon
- et 1 jolie tasse noire intérieur blanc-crème craquelée !

Merci Stéphane ! pour ces beaux produits et bien-sûr ces cadeaux...chaque fois je suis gâté ;-)

J'ai testé ce matin le Luanze oolong 'classique' en xishi 10 cl. En vrac mes toutes premières impressions :
- riz soufflé sur les feuilles sèches, du végétal vert avec une note de torréfaction en plus
- belle liqueur jaune-vert translucide
- beaucoup de fraîcheur ! on le dirait cueilli il y a quelques heures...
- jolie longueur en bouche
- bonne tenue aux infusions (6),

Je m'attendais à quelque chose de plus oxydé, une liqueur d'une couleur plus soutenue orange-marron. Je connais peu ce type de wulongs mais celui-ci m'est déjà sympatique...La torréfaction au four électrique est en harmonie avec le thé...


Par Lionel - Publié dans : Dégustations - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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