Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Dire le thé (2)

30 Août 2007, 22:23pm

Publié par Lionel

 

Comment décrire le moment de la dégustation, cet instant où la liqueur pénètre dans la bouche, imprègne la langue et le palais, et pendant lequel une multitude de choses se passent : sensations, évocations, souvenirs etc etc...Faut-il chercher à décortiquer les choses, analyser, critériser ? ou plutôt laisser les choses se passer, sans faire intervenir l'intellect ?


reptilienne saveur, tu glisses sur ma langue
tels deux draps de soie, sans cesse te dérobes
fuyante couleuvre, indéfinissable
mes mots ont bien peine, à dire ton nom

enchevêtrement de notes exquises
j'aimerais chacune vous apprivoiser
arrêter le temps, vous prendre la main
le temps d'un instant, mêler nos destins

mais l'on n'abat pas la fière Notre-Dame
scruter un à un, ses pierres ses pavés
en toi je pénètre liqueur - cathédrale
et laisse tes cloches faire vibrer mon coeur

Commenter cet article

lionel 31/08/2007 22:45

j'oubliais bejita : je me suis aussi aperçu dans l'introduction (voilà, ça recommence !) du poème que mes mots pouvaient être perçus dans un autre sens...:-D

lionel 31/08/2007 22:41

Merci Michel, Bejita et Jacie pour ces commentaires qui me font rudement plaisir (faut dire je suis un peu sensible en ce moment cf post que je vais écrire après...). Bien vu Bejita sur l'analogie à zazen, et Superbe petit poème Jacie vraiment j'adore...

jacie 31/08/2007 21:06

je suis bien d'accord.
Souvent on essaie de nommer, analyser, trouver le bon adjectif, et ce faisant on commence déjà à se prendre la tête, ce qui n'est pas le but de la dégustation…

Les plus entraînés d'entre nous trouvent de suite l'expression exacte et adéquate, mais qu'est un simple mot face à ce que l'on peut ressentir, en buvant sa tasse à petites gorgées ? Au delà des arômes de fruits, de fleurs, de verdure ou de terre, le vécu est bien souvent très personnel et beaucuop plus complexe qu'une simple analyse gustative, variant souvent d'un individu à l'autre.

Alors la poésie vient là, au secours du langage défaillant, comme un voyage intérieur qui aurait enfin trouvé le chemin de la sortie pour s'exprimer, faire naître des images, des sons, des odeurs, et recréer un univers.

J'aime beaucoup tes poésies qui nous font partager tes dégustations sous un angle dans lequel je me retrouve. N'y comprenez surtout pas que je fustige l'analyse au profit de la rêverie ! Non, bien entendu. Elle est nécessaire à construire sa connaissance du thé et il est aussi indispensable de savoir découvrir avec exactitude le ou les arômes qui se cachent dans ce si délicieux breuvage. Mais il est bon aussi de laisser parfois l'esprit d'analyse en jachère et se laisser guider par les sensations générées au cours de la dégusation. Point d'étiquette : ouvrir son coeur et sa sensibilité, pour exprimer le contenu du thé…

Comme tu le dis si bien dans les quatre derniers vers, à trop vouloir disséquer, on risque de casser le fragile éqilibre qui résultait d'un ensemble de choses.

Le thé est un voyage
qui parfois se dérobe aux mots
mais souvent se dévoile aux poètes

Encore merci, Lionel, pour tes mots qui apportent à nos lectures "bloguesques" une dimension supplémentaire…

bejita 31/08/2007 13:52

c'est beau...
on rejoint le zen de ton article precedent: ne pas empecher (durant zazen ) les pensées de venir mais ne pas s'attarder dessus , les laisser filer.
et avec le thé c'est pareil, on a certes des idées , des associations de gout qui nous viennent à l'esprit , mais il ne faut pas s y accrocher , il faut juste s'attarder sur le thé , simplemement.
mis a part ça je voulais te dire que le debut de ton article et ton ( superbe ) poeme ont un peu des conotations sexuels !!! je suis zoutré :-D
Sinon beau poeme

Michel 31/08/2007 13:02

Ah... Nice one. Je laisse tes cloches vibrer mon coeur!