Plusieurs questions que je me pose depuis quelques temps, à lire ici et là diverses choses au sujet des théières...
1- Avez-vous réellement observé, visuellement en terme de dépôt intérieur et de pâtine extérieure, et gustativement sur la liqueur, les bienfaits d'une théière en terre culottée
?
J'utilise la théière de droite ici depuis maintenant 3 ans sur les pu er. Certes avec une fréquence assez modeste, disons 1 fois par semaine peut-être en moyenne sur ces 3 ans, soit 3 x 52 = 156
gongfucha. Grosso modo, disons une grosse centaine de dégustations. Intérieurement, elle se couvre très lentement d'un dépôt noir-marron, mais on ne peut pas dire qu'elle soit culottée.
Extérieurement, elle était déjà plutôt "brillante" à l'origine, je ne trouve pas qu'elle a évolué sur ce plan là. Je la rince à l'eau bouillante en fin de dégustation, pour qu'elle sèche vite.
Quelques fois j'y ai laissé des feuilles une nuit voire plus longtemps...Donc pour répondre à la 1ère partie de ma question, je ne peux pas dire que visuellement, cette théière a beaucoup évolué
entre mes mains depuis 3 ans. Gustativement, je l'adore. Mais je ne ressens pas non plus l'effet d'un culottage. Il faudrait pour cela pouvoir déguster le même thé, avec la même eau, préparé de
la même façon, au temps t0 et au temps t0 + 3 ans. J'ai depuis déménagé 3 fois, eu 2 enfants (!), changé mes "pratiques" de dégustation, plusieurs fois d'eau...donc ces "interférences" étant, il
m'est bien difficile de mesurer si cette théière s'est en quelques sorte bonifiée en 3 ans d'utilisation, toutes autres choses étant égales par ailleurs.
Je me demande donc combien d'années il me faudra pour vraiment voir cette théière se culotter...et je me dis que la théière que je verrai le plus évoluer est ma théière en terre marron foncée de
30 cl dans laquelle je prépare tous types de thé, du rouge chinois au darjeeling, de l'assam au qi lan. A raison de 2 à 3 infusions par jour (petit dej puis dans la journée), je pense que
c'est la théière qui se culottera le plus vite.
2- Etes-vous strict dans le respect de la règle "une théière en terre, un thé" (ou une famille homogène de thés) ?
Dans cette même théière, je prépare tous types de pu er,
jeunes, vieux, crus, cuits. Même si entre-temps m'a rejoint la Yixing ancienne ici à sa droite qui accueille elle surtout les jeunes pu er. Donc dans la taïwanaise de droite des carrés des années
80, des cuits années 2000, des galettes crues 1999 etc. J'ai lu souvent que pour les pu er il était conseillé d'avoir 4 théières : jeunes cuits, jeunes crus, vieux cuits, vieux crus. Si c'est là
une règle qu'il est conseillé de suivre (j'en doute...), j'en suis loin. Et là encore je n'ai jamais ressenti d'impact négatif suite à ma façon de faire. Dégustant une brique 1983 après une
galette crue 1999, je n'ai jamais retrouvé ses notes de fumée et végétales. Ceci parce que je la rince bien à chaque fois ? Plusieurs disent qu'une théière doit suffire pour TOUS types de thés, à
condition de bien la rincer à chaque fois en fin de GFC. Je suis assez partisan de cette idée.
La Yixing ici à gauche est sacrément culottée. Impressionnant dépôt noir marron à l'intérieur. Elle aurait été fabriquée entre les années 1966 et 1976. Combien de propriétaires a t-elle eu depuis
lors ? Quelles familles de thés y ont-ils été préparés ? Quand j'y mets de l'eau, sans thé, l'eau a un goût net de "vieux", sombre...Je la destine à une famille de thé, mais je me dis que s'il
fallait vraiment réserver un type de thé à une théière, cette théière n'a fort probablement pas respecté cette règle au fil de ses pérégrinations, et pourtant aujourd'hui je n'y trouve pas de
défaut majeur...
Autre réflexion :
Je me rends compte qu'assez souvent au moment de me lancer dans une dégustation, mon choix est orienté par la théière avec laquelle j'ai envie de passer un moment, plus que par le thé que j'ai
envie de boire. Et la destination que j'ai donnée à ces 2 théières (taïwanaise de droite vieux pu er, cuits / yixing jeunes pu er, minéraux, floraux), je l'ai choisie en fonction du feeling que
j'ai avec chacune d'entre elles, et non (ou moins) sur des critères de qualité de rendu gustatif. La taïwanaise est fine, délicate, fourmille de détails très finement réalisés, j'aime l'utiliser
le soir, tard, avec des pu er raffinés pu er, calmes. La yixing a une forme plus simple, granuleuse, brute, imparfaite, asymétrique. Je l'aime pour des dégustations diurnes, de jeunes pu er
encore fougueux, pour en extraire comme j'aime à le dire le "jus de nature". La taïwanaise est intellectuelle, la yixing corporelle.
Voilà pour un 1er jet, je pense que je serai amené à revenir sur ce vaste sujet...
J'ai déjà dit prcédement sur ton blog que je croyais de moins en moins au culottage des théière, de même qu'à leur fidelité monogamme vis-à vis d'une famille de thé. je possède un Zhuni anciennne faite en terre assez grasse et peu poreuse: je l'utilise avec tous les thés très fins et délicats, les fleuris et les fruités, que ce soit des vieux Pu Er en vrac des années 60 ou des Dan Cong haut de gamme, ou encore du Pu ER jeune de très haute qualité (vrac 2007, 26)... Et franchement, je n'ai jamais trouvé aucune perturbations lorqu'un dan cong passait après un Pu Er ancien. Je rince la théière abondammenet à l'eau bouillante "brita" après chaque GFC, et lorsque je met le nez dans la théière ébouillantée ça sent la terrre de yixing: une odeur minérale et métallique, comme du fer rouillé.
Autre anecdote à propos de cette théière et de son culottage: lorsque j'en ai fait l'aqcuisition, l'intérieur était couvert d'un épais culottage noir... après quelques rinçages à l'eau bouillante, j'ai commencé à préparer des thés avec et chaque fois je trouvais que le thé avait un gout "sale", un peu "terreux", il y avait comme un "flou" qui vennait "voiler" les fragrances, "commme de traces de doigts sur une lentille", bref quelque chose de "pas très net"... grosse déception devant ma première yixing ancienne, m'étais-je fais avoir ???
Finalement je me suis décidé à employer la manière forte: un bon décullotage au STERADENT (je me suis inspiré pour la procédure d'un article paru sur le blog TEAFILES).... mais c'est radical, ça décrasse super bien.
j'avais pas mal de craintes quant à l'odeur nauséabonde que le stéradent laiserait dans la théière, mais après de nombreux rincages et deux infusions, ma théière était flambant neuve, et plus aucune traces d'odeur de stéradent.
De manière évidente la qualité des infusion était maintemant au rendez-vous...
Ceci concerne surtout les terres très dures, je n'ai jamais essayé de mélanger les familles de thé avec des terres plus poreuses comme la Zisha ou la Duan Ni, ces dernières me parraissent retenir en elles plus de prafums, lorsqu'elles sont ébouillantée, des effluves de thé ressortent encore des infusions précédentes...
Concernant les Pu Er cuits, je dois dire que je leur reserve une théière et que je n'ai jamais osé (ou très rarerement) faire dans mes théières favorites, je me dis qu'au vu de l'épaisseur de la liqueur ça doit culotter et imprégner intensivement. Par ailleurs, je trouve les cuits moins bon dans des théières "dures".
Ton expérience avec cette Taïwanese m'interresse: j'en possède depuis peu une qui à la même siganture que sur la tienne, et je me demande si elle à été faite avec la même terre... je me suis surtout laissé séduire par l'esthétique et la qualité de la finition des pièces de ce potier, elles ont un souci du détail epoustouflant... (j'ai déjà passé des heures en contemplation devant cette théière).
Cela dit le type de terre utilisé est assez étrange: la terre est très fine au niveau des grains, l'extérieur est extrêment lisse et parait même avoir été "comme enduit ", alors que l'intérieur a un toucher assez "rugeux" et "poreux", extérieur et intérieur n'ont pas la même couleur ( Stéphane erler disait quelques part dans son blog que c'était un mauvais signe....).
Curieusement , cette terre parait être en même temps très dense et dure et poreuse: lorsqu'on vient de la vider de son contenu bouillant il suffit que quelques secondes pour voir les parois absober l'eau et prendre une apparence sèche; par ailleurs, l'intérieur assez rugeux semble accocher facilement car j'ai déja remaqué des modifications dans son aspect...
je l'utilise avec des Dong Ding et des Tie kuan YIN, j'apprécie énormémént son rendu: elle donne du corps à ces thés tout en restituant beaucoup de détailes d'une manière très ordonnée... je dois encore faire mieux connaissance avec elle.
Ce que je me demande pour l'instant, c'est si sa faculté à absober très rapidement le liquide jouera sur le culottage, jusqu'à présent je n'ai pas oser y faire des thé trop différents vu que je la destine à des chose plutôt légères et subtiles.... Peut-être que ton expérience avec des cuits et des thés plus legers pourra-t-elle m'éclairer ????
THOMAS