émotions de thé
En marge du musée alsacien de la théière, dont l'exposition permanente occupe la grande salle, voici dans une petite salle
annexe exposées mes 3 théières...
Comme je l'indiquais il y a quelques jours, et comme le rappelle souvent Philippe...., je pense moi aussi avoir stabilisé ma 'collection' de théières, et atteint une sorte de climax,
d'aboutissement. Lorsqu'au printemps 2002 ma vie a croisé la voie du thé pour ne plus jamais la quitter, je n'avais évidemment pas de plan d'action en tête pour aboutir à ce résultat. Tout s'est
fait naturellement, sans à-coup, au gré des envies, besoins et opportunités.
A droite, vous la connaissez déjà, une théière taïwanaise fabriquée en 1999 par le potier (ou potière ? les avis divergent -sans jeu de mot) Yang Wen Ji. Destinée aux pu er, jeunes, vieux, crus,
cuits, tout y passe ! Cette pratique va à l'encontre des règles de bonne conduite de culottage d'une théière, mais donne des résultats tout à fait satisfaisants depuis maintenant 5 ans. C'est MA
THEIERE chouchou, qui a résisté à toutes les propositions d'échanges jusqu'à ce jour formulées et résistera à jamais...Terre taïwanaise d'excellente qualité, parfaite exécution, foultitude de
savoureux détails : l'anse si fine et si joliment insérée sur le corps, les arêtes qui rythment l'ensemble, le bouton haut perché sur le couvercle...Son culottage commence à être bien visible, sa
pâtine extérieure est assez brillante d'origine et n'a que peu évolué depuis ...Esthétique, efficacité, attachement émotionnel, elle a tout.
Au milieu, comme aurait pu la chanter Olivia Ruiz, la théière 'chocolat'. Chocolat par sa couleur, chocolat de part les parfums chocolat, cacao, noisette que produisent les thés de rochers que
j'y plonge. Acquise l'été dernier, réalisation du potier Cai Man Zu. 14 cl, parois plutôt fines, terre de dureté moyenne, forme 'shui pin' classique. Un toucher extraordinaire, satiné. Je passe
de longues minutes à la caresser de la paume de la main...J'avoue avoir encore du chemin à faire pour bien la cerner et parfaitement y réussir mes rochers, mais ça devrait le faire...
Enfin à gauche, xishi. Acquise en février dernier. MA PREFEREE du moment. Un toucher d'ardoise, légèrement granuleux. Une couleur noire grise bleu nuit. Parsemée d'aspérités couleur sable. Parois
plutôt fines, belle finition. Parfaite alliée de mes thés rouges adorés. S'y épanouissent à merveille mes violetta et topinambour de Lio, le thé rouge 'Da Yeh Wulong' de Stéphane, et bientôt vont
y pénétrer un Su Hong, Chuan Hong Mao Feng et Qi Hong Mao Feng.
Diversité de couleurs : rouge, marron, noir.
De formes : cloche anguleuse, cloche classique, xishi.
Du brillant au mat.
Du lisse au légèrement granuleux via le satiné.
Trois merveilles pour préparer mes trois familles de thés préférées, pu er, rochers et thés rouges. Une orientation très 'à droite' de l'arc-en-ciel des couleurs du
thé, qui commence à gauche par les thés verts, jaunes, blancs, puis bleus-verts avec les sous-familles fleuris-miéllés-dan congs-rochers, puis les rouges et les post-fermentés pu
er.
Oh tu sais Lionel, c'est souvent dans les toutes petites salles d'art et d'essai que sont projetés les meilleurs films !!
Je me suis renseigné là où il faut sur la fameuse dame potier : nous nous sommes tous trompés, il s'agit bien de MONSIEUR Yang Wen Ji mais en revanche, il faudra dire désormais MADAME Cai Man Zu
C'est touchant de voir enfin quelqu'un ne pas être dirigé par la fièvre acheteuse. Si souvent, l'avidité de possession nous dirige, qu'on veuille l admettre ou non. être content de ce que l'on a, savoir reconnaître la qualité de ce que l'on a, avoir confiance et entretenir un rapport de fidélité. Bravo!
L.
Concernant Yang Wen Ji, après m'être renseigné auprès de trois chinois, il m'a été dit par les trois que le dernier caractère n'est pratiquement jamais utilisé pour une femme, ce qui oriente assez fortement la question du sexe du potier.
Et après demande à la M3T, il m'a été confirmé que pour eux il n'y a pas de doutes, ce que m'ont dit les chinois est tout à fait exact. Voilà, la question semble réglée.
>> "C'est touchant de voir enfin quelqu'un ne pas être dirigé par la fièvre acheteuse.... avidité de possession...."
Bon, je me sens vaguement visé par ton commentaire insidieusement teinté de reproches ! Bien, mais si une vingtaine de théières en 10 ans s'apparente à de la fièvre acheteuse, alors tu as une drôle de conception de la vie... Et puis le minimalisme n'est pas toujours synonyme de perfection absolue comme tu sembles le penser.
On peut apprécier la qualité et être content de ce que l'on a, pour reprendre tes termes, avec une collection plus étoffée sans avoir à rougir de culpabilité face à d'autres amateurs moins fournis. La quête de la perfection peut se situer aussi dans la recherche permanente du "mieux". Grâce à l'expérience que l'on acquiert avec le temps, on élimine les choses que l'on juge moins bonnes ou moins performantes au profit d'objets techniquement supérieurs, etc... Ca devrait d'ailleurs être également le principe de base pour un fonctionnement efficace de nos sociétés occidentales mais on se contente trop souvent de la médiocrité en s'apitoyant sur elle car ça fait tendance et politiquement correct; mais bon j'arrête là, on va encore me traiter de facho sinon ! Quoiqu'il en soit, vive les trois théières de Lionel que j'aime beaucoup surtout la Yang Wen Ji
@ edp :
Tu n'as pas lu mon commentaire mon bon Denis
Achètes-tu tes théières dans une fièvre incontrôlée? mmmh j'en doute. C'est quand même la collection privée de théière la plus cohérente que je connaisse. Elle devient un corps, il y a une unité qui me régale les yeux à chaque passage sur ton blog. ;-)
Tu seras d'accord avec moi qu'aujourd'hui on achète et jette bcp. C'est un peu la norme d'un société de consommation. L'article de lionel est à contre courant et je trouve ça touchant.
;-)
Achètes-tu tes théières dans une fièvre incontrôlée? mmmh j'en doute. C'est quand même la collection privée de théière la plus cohérente que je connaisse. Elle devient un corps, il y a une unité qui me régale les yeux à chaque passage sur ton blog. ;-)
Tu seras d'accord avec moi qu'aujourd'hui on achète et jette bcp. C'est un peu la norme d'un société de consommation. L'article de lionel est à contre courant et je trouve ça touchant.
;-)
Autre réflexion que m'inspirent ces echanges : je parle de complémentarité entre théières de mon trio, on parle de 'collection' qui se tient, qui forme un tout. Est-ce là un objectif à viser ? Car la priorité doit il me semble être de trouver la meilleure théière par chaque famille de thé qu'on veut y préparer, peu importe si au final elles sont toutes de forme +/- ronde et de couleur rouge par exemple...Arriver à une diversité de formes-couleurs-types de terres etc. est une conséquence annexe, un 'co-produit' du processus, qui n'est pas forcément recherché au départ. Mais pour ma part, et comme Philippe je le sais, étant tellement amoureux de l'objet théière, je tenais à réunir toutes ces couleurs formes grains de terre etc., outre le fait de trouver la bonne théière à pu er , rocher et thé rouge...
Au final, ma préférée est la YWJ, ma couleur préférée la marron et le grain de peau le sablé de la xishi !
Les théières sont faites effectivement pour croiser notre chemin. Cela dit, il y en a que je ne pense a priori jamais revendre, par exemple mes deux entrées de gamme M3T sont en fait des cadeaux. Vu son histoire hors normes, il est peu probable que je revende ma grande marron. Sinon les autres, peut-être, au fur et à mesure de ma progression dans le monde du thé.
Lio, tu as tout compris, c'est parfaitement ça ! Je suis rassuré que tu penses plutôt cela qu'autre chose au sujet de ma "collection" !
Je me demandais suite à ces messages, quelle serait la théière que chacun d'entre nous choisirait si nous devions n'en garder qu'une?
La question est lancée!
L.
Bon, je me place d'emblée, sans avoir à y réfléchir, dans la seconde catégorie. Les théières restent pour moi un simple objet de consommation et je ne pense pas leur acquisition en termes de collection. Les regards attendris que je leur lance sont l'expression d'un remerciement sincère pour le service qu'elles me rendent ou m'ont rendu, la reconnaissance du plaisir qu'elles me donnent ou m'ont donné. Pas davantage.
Je me demande souvent si je devrais donner celles que je n'utilise plus. Mais si je ne les utilise plus, c'est que j'en connais de meilleures à mon goût : comment donner (a fortiori vendre) ce que je ne considère pas comme top ? D'un côté elles pourraient continuer leur vie chez d'autres, de l'autre m'en dessaisir ne me paraîtrait pas très généreux quand je donnerais plus volontiers à quelqu'un que j'aime vraiment la théière que j'aime vraiment... Je n'ai pas encore réussi à résoudre ce dilemme - tout personnel, en fait.
Et si je devais répondre à la question de Lio, laquelle pour n'en garder qu'une, eh ! bien, ma réponse différerait tous les jours ; j'envisagerais plus facilement de n'en garder aucune, ce luxe est foncièrement inutile.