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Réflexions sur le pu er (2)

26 Juin 2007, 21:30pm

Publié par Lionel

La "peur de perdre" existe chez les tennismen. N'existerait-elle pas aussi chez le buveur de pu er ? Peur de perdre un morceau de pu er qui une fois dégusté aura disparu pour de bon. C'est la même chose avec tout thé me direz-vous : une fois dégusté, il n'en reste évidemment rien. Mais les pu er étant millésimés, on ne retrouve pas d'une année sur l'autre les mêmes thés, contrairement à un tie guan yin par exemple qui certes n'est pas le même d'une récolte à une autre mais qui change tout de même assez peu...J'ai par exemple devant moi quelques 160 grammes d'une galette 1985 n°11 de M3T, fameuse galette, devenue rare et disparue de la carte de la maison précitée. Il n'existe pas de galette millésimée 1986 s'en rapprochant à ma connaissance, ni 1987...Ces 160 grammes sont donc rares et précieux. Conscient de la fantastique qualité de ce thé, et de sa rareté, j'hésite souvent à le déguster. Je le réserve pour des conditions idéales de dégustation : du silence, du temps devant moi, les sens en éveil...Pour extrémiser les choses, et les modéliser, je pourrais parfois traduire mon raisonnement en langage mathématique :

Soit une quantité finie de thé de 160 grammes, soit 40 dégustations de 4 g chacune. Comment, sur le temps qu'il me reste à vivre, répartir au mieux ces 40 dégustations pour en tirer le maximum de plaisir et de bonheur ? On est là bien loin de l'idée première du thé, de sa philosophie, le thé de l'instant, le thé de l'instinct...Non, là on plannifie, on gère en bon gestionnaire...Les jouisseurs de la vie sans arrière-pensée dégusteront ce thé sans penser à demain, comme si c'était leur dernier jour à vivre...

Avoir dans sa cave quelques unes de ces pièces uniques, au milieu d'autres moins prestigieuses, permet d'équilibrer les dégustations dans le temps, les unes et les autres se valorisant mutuellement, chacune étant dégustée dans des conditions appropriées (réflexion de Raphaël, reprise plusieurs fois au cours de nos échanges via les commentaires...).

Alors oui cette "peur de perdre" existe chez moi, mais c'est aussi une conscience de la valeur des choses. Reste à savoir équilibrer les deux. Savoir apprécier pleinement des moments magiques de dégustation avec des thés exceptionnels, sans éprouver un serrement au coeur en jetant les feuilles épuisées à la poubelle...Après tout, le thé c'est la vie, c'est le cours normal des choses que de les voir prendre fin, se succéder à elles mêmes, pour recommencer encore et encore...

 

 

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Raphael 03/07/2007 11:54

Il m'est arrivé de goûter des Pu Er meilleurs que cette gamme et qui ne sont pas sur la carte de la M3T à de rares occasions (4 fois, pour être précis). je peux vous dire qu'il y a une marge de progression qu'il est difficile de soupçonner avant d'y avoir goûté.
Notamment, un raffinement, une profondeur et une pureté qui les rapprochent de certains grands wulong. Le retour aux bons Pu Er de la carte, voire à certaines soupes tourbées du Net doit se faire en douceur...

lionel 02/07/2007 21:15

qu'entends-tu par "pu er exceptionnels" ? une galette 1985/11, un carré 1979 ou un vrac 1970 n'en font pas partie si je comprends bien ? Tu penses que nos palais d'amateurs sont capables d'apprécier ces crus exceptionnels à leur juste valeur ?

Raphaël 02/07/2007 10:30

Il est finalement intéressant de constater que notre rapport aux Pu Er anciens a complètement changé cette année. Le quotidien est devenu exception et il a fallu apprendre à porter un nouveau regard sur ces thés. Maintenant, notre appréciation s'en est trouvée modifiée. J'apprécie les pu er crus et jeunes, j'essaie de les différencier, ce qui n'est pas toujours facile. Ces dégustations mettent en relief celles des crus anciens mais... je dois admettre que l'on a tendance à sacraliser inutilement nos vieilles références. Et à les regoûter de temps à autre, je me rends compte qu'elles sont bonnes mais pas forcément si exceptionnelles que l'on voudrait bien le conserver en mémoire. je pense, pour avoir eu la chance de boire à de rares occasions des pu er vraiment exeptionnels, que nos chères références sont au mieux très bonnes mais pas plus et qu'il y a encore un palier à franchir pour atteindre le top. Cette étape sera franchissable dans de nombreuses années pour ceux qui auront acquis les galettes de prestige de la M3T parues il y a peu.
 

Philippe 27/06/2007 16:09

Moi je n'ose même toucher à mes galettes des années 80. Quand je casse un petit bout, j'ai toujours l'impression de détruire quelque chose que je n'arriverai plus jamais à avoir... C'est pour cela que je commande des trucs pas chers chez YS à boire tous les jours (essentiellement du cuit qui me rappelle (très) vaguement les vieux Pu Er M3T).

L'autre solution consiste à utiliser la théière la plus petite possible (5-6 cl) pour pouvoir réussir un Gong Fu Cha avec seulement un ou deux grammes.

Michel 26/06/2007 23:46

Le moment propice tu sais exactement quand c'est. Je préfère toujours que le moment s'ouvre à moi que de 'caculer' quand..
Mes trésors j'aime les boirent en compagnie d'un ami! et sinon que quand j'en ai vraiment besoin car je peus le gâcher, qunad je suis pas assez émotionellement récéptif.
Si ça va vraiment pas alors un'shout' direct,8/10 g et puis le pu ehr c'est là pour marquer les tournants d'une vie ..
qu'ils soient psychiques, personnel, familial ou pour assouvir un fort desir épiqurian ou bien accompagner une communion en forêt..