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私の煎茶

3 Octobre 2011, 13:21pm

Publié par Lionel

A l'instar de David qui nous présente actuellement ses Dan Congs, qu'il range dans des catégories toutes personnelles, je vous propose ici mes catégories de sencha.

 

Au préalable je précise :

1- que je n'apprécie guère ce terme 'catégorie', trop rigide, trop dualiste. Il n'y a aucune barrière étanche entre ces catégories, mais plutôt un brouillard, une limite floue comme on dit en mathématiques ;

2- que cet exercice n'a aucune valeur d'exemple, de démonstration quelconque, mais juste un petit exercice personnel.

 

En avril dernier, à l'arrivée des nouvelles récoltes de thé vert japonais, et face à un stock dramatiquement bas..., je commençai à réfléchir aux thés que j'allais commander. Et donc aux différentes circonstances dans lesquelles j'allais les déguster (au petit matin, en après-midi le week-end, au bureau, dans la nature...). Je faisais donc le point sur mes goûts, mes envies...L'on se prend alors à établir un planning organisé et raisonné de dégustations...(j'exagère...)...

 

Voilà ce à quoi j'aboutis aujourd'hui...

 

Les Fukamushi sencha au hi-ire assez marqué

(pardon pour ces termes incompréhensibles ...)

Sencha aux feuilles plutôt brisées, car issues d'un étuvage long. Le "hi-ire" est la phase finale de séchage, qui donne une douceur, du sucré au thé.

Le thé qui m'a fait entrer dans cette catégorie est un Sayama cha, 狭山茶, ou thé de Sayama-Saïtama, région au Nord de Tokyo, réputée pour ses thés au hi-ire fort. Ou plus récemment un Okuyutaka, おくゆたか, de l'île de Kyushu. Et encore mieux un Saemidori 2011 cueilli à la main.

C'est selon moi le sencha par excellence, en tout cas tel que je l'imaginais avant d'entrer dans le monde du thé vert japonais. Un peu l'archétype du sencha, encore une fois selon moi. Un thé doux, voire douceâtre, qui emplit la bouche, aucune amertume ou astringence.Une liqueur bien verte, dense, trouble, épaisse.

Un thé que j'affectionne particulièrement le matin, tôt, et plus particulièrement en automne et hiver, par temps froid. Se réveiller et être accueilli par tant de douceur...

 

Les Fukamushi monocultivar de Yoshiaki Hiruma

Un créneau étroit, peu connu et peu répandu. La petite porte par laquelle je suis entré dans l'immense monde du thé japonais, 日本茶.

Yoshiaki Hiruma est un producteur de la région de Saïtama. Un artiste, un inventeur incroyable. Une personne d'une gentillesse et accessibilité aussi incroyables. Il ré-invente le thé japonais en quelque sorte. Ne cesse d'innover, créer de nouveaux goûts.

Les cultivars qu'il travaille :

- Yumewakaba, ゆめわかば : complexité lactée, fleurie, légumes

- Hokumei, ほくめい , Fukumidori , ふくみどり : explosion végétale et fleurie

- Sayamakaori, さやまかおり : encore plus de fleur

Des thés d'après-midi, de soleil. Une grande intensité, complexité, présence en bouche. Une amertume délicieuse. Des thés très différents des premiers cités comme des suivants. Proches d'un Baozhong par exemple. Des fleurs très présentes. Du parfum. A nuls autres pareils. Géniaux.

 

Les Futsumushi au parfum raffiné

Kawane, 川根, et Kôshun, 香駿, sont les 2 spécimens que j'ai croisés sur mon chemin. Sencha étuvé moins longtemps, thé de plus haute altitude que les fukamushi de plaine, feuilles en fines aiguilles émeraude. Une liqueur plus claire, translucide, moins "boueuse" que les fukamushi.

Des thés raffinés, délicats, parfumés.

Le cultivar Kôshun notamment offre des saveurs crémeuses, beurrées, plus de la noisette. Une grande complexité en bouche, du parfum.

Des thés plus rares, pour les instants privilégies, bien au calme.

 

Asatsuyu, あさつゆ

Il occupe à lui seul une catégorie !

Mon chouchou. Le coup de foudre a eu lieu en décembre 2010, avec un Asatsuyu de chez Maruyama-en. Assez poudreux, explosif. Puis celui de Florent - Thés du Japon, plus subtil, complexe, mais encore meilleur.

Asatsuyu est un cultivar atypique, avec 2 caractéristiques principales : une liqueur d'un magnifique vert, et une saveur d'une douceur particulière, faite de fèves, de protéagineux cuits, j'y ai aussi trouvé du brocoli...

Déconcertant au premier abord, mais pour peu qu'on accroche et qu'on persévère, quel bonheur.

Un thé facile à préparer, jamais amer. J'aime le faire fort : beaucoup de feuilles, pas trop d'eau, infusé longtemps. Le résultat est alors quelque chose de complexe, épais, qui dure en bouche...Jamais 2 fois le même, un thé aux ressources inépuisables et vraiment très attachant.

 

Les Kabuse cha, かぶせ茶

Ma découverte de cette famille est encore récente, mais j'y entrevois déjà des belles perspectives. Thés d'ombre, ils proposent une liqueur douce, au goût intense et très marqué.

Le cultivar Samidori 2010 que je déguste en ce moment en est un bel exemple. J'en parlais dans mon post précédent. La première liqueur est particulièrement belle. Un véritable nectar, d'une grande intensité. Il faut fermer les yeux pour le savourer, faire abstraction de tout le reste pour ne plus faire qu'un avec ces quelques centilitres miraculeux...

 

Voilà !

Je ne prétends pas qu'un thé japonais lambda trouvera sa place dans l'une de ces 5 catégories (qui je le rappelle n'en sont pas...). Mais voilà comment je vois les choses...

Et dire qu'avant de pénétrer ce monde fascinant, je pensais que le thé japonais (le sencha) était un, monolithique.

Et dire que l'auteur de l'ouvrage Le temps du Thé, Dominique T. Pasqualini, qualifie le Japon de "pays de l'étroit thé", en opposition vous l'aurez deviné au sacro-saint pays des 3T (Chine, Taïwan), dont l'ambassade se situe Place Monge, Paris...

 

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Philippe 13/10/2011 10:21



Bonjour Lionel, je souhaiterais faire un échange de lien avec votre site.



lionel 11/10/2011 16:30



OUI Sébastien, ces catégories sont virtuelles, et finalement inutiles. Elles peuvent peut-être aider un néophyte à cheminer dans le monde du thé japonais...


Moi aussi j'ai fait de gros yeux en lisant le commentaire de Fortunato : 1 kg/mois !!!!! Si c'est pas de la passion ça...Quand on connait la densité et l'intensité des thés de Yoshiaki Hiruma,
j'imagine l'énergie que cela doit procurer et les effets sur le corps...


C'est intéressant Fortunato de constater la diversité de thés que tu bois. Moi aussi je bois régulièrement du pu er, darjeeling, assam...Mais depuis ma découverte du thé japonais (à laquelle
tu as fortement contribué...) j'ai resserré la gamme de thés que je déguste, alors que toi tu t'ouvres à d'autres familles de thé...cela dit au vu des quantités que tu consommes le thé japonais
reste tout de même le poids lourd...



Fortunato 11/10/2011 13:40



C'est vrai que je bois beaucoup de thé, surtout l'été & de + quand je suis en vacances !... J'en consomme moins en hiver par ex., mais ça tourne autour de 700 grammes à 1 kilo
(actuellement)... En même temps je ne bois quasiment que ça... J'ai essayé l'eau chaude, mais j'avoue qu'avec 1 peu de thé je préfère... 



Sébastien 11/10/2011 11:13



"je pense que le thé s'il est bien fait, peu importe sa provenance, ce sera
tjrs 1 bon thé"


Tout à fait d'accord. Les "catégorisations" sont indispensables pour s'y
retrouver, mais elles ne doivent pas pour autant devenir des barrières. Je fais un parallèle avec la musique, domaine dans lequel l'étiquettage a été poussé à son paroxysme avec des genres,
styles, sous-styles, tendances etc... Mais en fin de compte, quand c'est fait avec goût et talent, peu importe la "catégorie" !


"le kilo que je consomme quasiment tous les mois"


!!!!  !!!!


1kg/mois ! ça fait du 30g/jour ! impressionnant !



Fortunato 06/10/2011 06:05



Après tout, qu'est-ce-qu'1 blog de thé peut faire passer si ce n'est simplement "l'envie de boire du thé" ?... 


Me concernant je bois beaucoup + de thés différents qu'uniquement du Sencha, j'avoue y trouver des plaisirs insoupçonnés en fonction des moments vécus dans la journée, la semaine, le mois, la
saison...


Je pense que le clivage dans le monde du thé est bien triste après tout, j'apprécie autant maintenant de boire des thés de TaIwan, de Chine, du Japon & même du Darjeeling ou bien 1 Assam,
après tout je pense que le thé s'il est bien fait, peu importe sa provenance, ce sera tjrs 1 bon thé...


Ensuite c'est normal qu'on se sente + proche de certaines familles de thés suivant leur provenance, leur production etc., le thé japonais reste malgré tout le kilo que je consomme quasiment tous
les mois en provenance des jardins de Yoshiaki Hiruma...


Bonne continuation !...