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mon histoire de thé (3

25 Juillet 2012, 10:54am

Publié par Lionel

J'ai reçu des encouragements de la part de 2 fidèles amis de thé, alors je continue...Merci beaucoup...;-)

 

2004, moderato sur l'exploration tous azimuts, je commence à me spécialiser. Tout ceci n'est pas conscient, raisonné et réfléchi, ça se fait tout seul...Le pu er donc...J'entre dans cette ô combien vaste famille par une grande porte, avec le fameux Pu er en vrac 1992 de la M3T. J'ai toujours véçu à la campagne, très jeune passionné par la nature, la forêt, une rivière à 500m de chez moi, des grands-parents agriculteurs, etc...Comprenez donc mon enthousiasme à l'ouverture d'une boîte de thé qui m'offre ces parfums de mon enfance ! Ce vrac 1992 c'est de l'humus à l'état brut ! C'est une odeur de terre sucrée. Incroyable. Comment des feuilles de thé peuvent être le support d'un tel parfum ? Bref, je tombe les 2 pieds dedans. Ma première boîte de pu er, je la bois en grande théière en fonte. Juin 2004 : achat d'une petite théière "yixing" en terre rouge, petite soeur de la noire précédemment citée, et début du pu er en gongfucha. Quel pied ! Les parfums des feuilles sèches dans la théière chaude...

 

Je ne mesure alors pas ma chance d'habiter à 1h de la Maison des Trois Thés, qui dispose d'une cave à pu er exceptionnelle. Comme ce sont des thés qui se stockent, à chaque passage là-bas, je reviens avec un pu er...A cette époque, les prix du pu er sont raisonnables, et sont disponibles des références aujourd'hui soit épuisées, introuvables ou à des prix rhédibitoires. Octobre 2004, j'achète comme ça, sans trop réfléchir, un carré de pu er 1980 pour une quarantaine d'euros !!!!! Purement inimaginable aujourd'hui. S'en suivront une galette 1994, une toute jeune galette 2004, des Tuo Cha 1982, 1992, un vrac 1970. Des shengs, des shu, des jeunes, des vieux, des galettes, vracs, briques, tuo chas etc...je varie les plaisirs...sans le plannifier je constitue une petite réserve de pu er, que je ne sais pas à l'époque être de grande qualité.

 

De 2004 à 2007 je vais acheter beaucoup de pu er. Pas de grosses quantités, mais de la variété et de la qualité. Et pour cela, les rencontres via les blogs vont être décisives. Les 3 "blacks blogs" de l'époque sont en grande partie consacrés au pu er. Publication d'un billet de dégustation sur un pu er. Commentaires. Discussions. Envoi d'un échantillon. J'aime, j'achète ! Achat sécurisé, je suis sûr de ce que j'achète. J'y mets souvent le prix, mais la qualité est là sans aucun doute. 90% de mes achats sont faits à la M3T. Mais aussi à Stéphane - Teamasters, dont je me glorifie d'être un des tous premiers acheteurs...c'était pendant l'été 2005 : brique Jiang Cheng 1996 et galette YiWu 2001. 2 superbes références. 1 ou 2 achats via internet, e-Bay et Yunnan Sourcing. Mais pas de frénésie d'achat, pourtant ce ne sont pas les tentations qui manquent !

 

Mai 2005 : une expression me hante : "théière de potier". Objet unique, oeuvre de maître, qui transcende les liqueurs de thé, qui vous fait basculer dans une autre dimension. Direction place Monge. 7 spécimens sous les yeux. Des petites théières taïwanaises rouges, souvent assez brillantes. D'une finition incroyable. Des horloges suisses. Parfaite symétrie, précision. Bien que je n'en avais jamais vue à l'époque, ni même en photo, ou très peu, je me faisais l'idée de théières imparfaites, asymétriques, granuleuses, brutes...Peu importe, j'achète une Yang Wen Ji rouge de 10 cl, pour la modique somme de 340 euros ! Je sais que le pu er sera un des thés de ma vie, je commence à avoir de superbes références, je débute mon chemin de pu er, je DOIS me munir dès cet instant de l'ustensile ultime de préparation, la théière de potier. Ca y est , j'en ai une ! Elle est incroyable. Je passe ma vie à l'admirer (à cette époque). Je la connais par coeur. J'y fais bien sûr mes pu er. Oubliée la précédente petite rouge. Naturellement, le thé est bien meilleur dans cette théière. Non, en fait il n'est pas si meilleur que ça...c'est ce que je pense à l'époque, ce dont je me convainc...Vu son prix, vu ce que d'autres disent de ce type de théière...elle ne peut qu'être performante.

 

Un des grands débats à l'époque est : peut-on faire tous ses pu er dans la même théière ? ou doit-on spécialiser une théière pour les pu er shengs jeunes / shengs entre-deux-âges / shengs âgés / shu...? Source de stress ça aussi...Faire un jeune shengs dans ma Yang Wen Ji pour en ruiner le culottage ! (quoique je n'en boive que très rarement à l'époque...ce qui n'est plus le cas aujourd'hui ! je suis sur un Bulang 2012 en ce moment même ! sacrilège ! mais c'est dé-li-cieux ...bref, j'anticipe...).

 

Juillet 2006 : après la petite yixing rouge "de base", après la taïwanaise de potier, voici venir la "terre épuisée". Autre expression très usitée à cette époque. Des théières fabriquées avec une terre désormais épuisée, extraite de mines chinoises de la région de Yixing qui aujourd'hui ne fournissent plus. La meilleure argile du monde et de tous les temps, puisque désormais épuisée les théières qui en sont faites sont hyper recherchées..."Parce que faite de ce qui n'est plus, on me porte aux nues", écrivais-je à ce moment-là. J'ai alors l'impossible opportunité d'acquérir une de ces pièces uniques. Grâce une nouvelle fois à des relations, des contacts noués grâce à internet. Me voici donc grâce à une opération rondement menée le détenteur d'une Yixing terre épuisée. Je me rappelle : je l'ai eue un dimanche de juillet 2006, jour de finale de coupe du monde de football France-Italie...Une théière très culottée (avec quels thés ?), granuleuse, qui sonne comme du métal "cling" ! Une pièce très forte. Dont je me sépare 2 ans plus tard...Eh oui, on fait tous des erreurs dans la vie !

 

- chance incroyable d'être tombé au bon endroit (Paris/Place Monge) au bon moment (2004-2007, avant la flambée des prix du pu er)

- échanges très denses et riches entre passionnés de pu er, achats de galettes en commun, envois d'échantillons...

- achats de théières exceptionnelles, chères, dont je ne mesure pas à l'époque la plus-value apportée à mes dégustations de thé, des achats sous influence, insuffisamment réfléchis et intériorisés, le sentiment que la qualité est mécaniquement proportionnelle au prix...

Voilà quelques caractéristiques de mes années pu er de 2004 à 2007.

 

Prochain épisode : 2007, les Rochers détrônent (momentanément) le pu er

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Lionel 31/08/2012 10:28


Bonjour et Bienvenu Olivier,


Je suis bien content de voir que mon blog, parmi d'autres, te guide dans ce dédale...


Initiation aux arômes ? Non, rien de particulier. Effectivement je me suis amusé à essayer de "décortiquer" un vin avant de devenir amoureux du thé. L'idée est de rester ouvert aux parfums, aux
saveurs que tu rencontres dans la vie quotidienne, et de savoir les repérer ensuite dans un thé que tu dégustes. Mais je suis moins à cheval sur cette pratique qui consiste à chercher à dresser
une carte d'identité détaillée d'un thé comme le ferait un sommelier en vin...repérer et identifier la moindre nuance, la plus petite note...ça m'intéresse moins aujourd'hui...

Olivier 28/08/2012 00:31


Très intéressant cette histoire initiatique. Je débute moi-même dans le thé, mais c'est un univers tellement riche qu'il est difficile de ne pas s'éparpiller. Les blogs sont d'une aide précieuse.


Un point que vous abordez peu, c'est votre initiation à la (re)connaissance des arômes. Aviez-vous un "vécu", à travers les vins par ex ? Avez-vous été "initié" ?


Cordialement.

lionel 26/07/2012 14:36


merci les amis ! content de voir que ça vous plaît...


je vais continuer...ce matin j'ai noté plein d'idées en vrac sur un post-it...


 

David 25/07/2012 19:13


Même si je connais un peu l'histoire, c'est passionnant !!

Sébastien 25/07/2012 13:33


oui moi aussi, c'est LE feuilleton de l'été, vivement la suite !