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mon histoire de thé (4

26 Juillet 2012, 21:08pm

Publié par Lionel

2007 : année des changements. Changement de boulot. Changement de région (78 =>35). Naissance d'un 2è enfant. Je dois donc adapter mon thé à ces nouvelles occupations chronophages. A savoir :

- fin progressive du thé du soir, qui était le plus souvent un pu er...snif

- nécessité de redonner de l'intérêt au thé du matin, car celui-ci va désormais devenir l'unique thé du jour.

Les Yang Wen Ji et Yixing terre épuisée vont donc petit à petit revêtir un manteau de poussière, les galettes de pu er vont évoluer sans moi...Mais que faire du thé du matin ? Mon habitude consiste alors en une petite théière en fonte 30cl, et des thés de rouges de basse qualité. Ma barrière psychologique étant fixée à 5 euros / 100g. Concrètement, des Keemun, Yunnan, Ceylan, Assam d'entrée de gamme, Darjeeling. Souvent des Broken, petites feuilles brisées, voire Dust...Mais j'aime bien. C'est pratique ces petites bouilloires reconverties en théières, filtre métallique. Mais je vais sauter le pas, qui me paraît alors un gouffre : acheter une magnifique théière en terre, marron, 35 cl, appelée "Wendan", que je me procure à La Feuille de Thé, très jolie boutique costarmoricaine mise en musique par une passionnée. Ce n'est pas tout : cette théière arrive accompagnée de beaux thés rouges, aux feuilles entières (ou presque), des Darjeelings dignes de ce nom, un Qimen au superbe parfum (remarquez qu'à partir de ce moment je l'appelle Qimen et non Keemun...). Des thés à 8-10 euros / 100g !!! vous imaginez ? Le jour et la nuit. Ca y est, je suis sauvé. Je pars le matin le coeur tranquille et les papilles satisfaites. Même si le reste de la journée est vierge de thé...

 

Globalement, je remarque que je n'ai cessé d'adapter ma pratique du thé à ma vie. On pourrait penser qu'une passion débordante (comme une yixing en gongfucha !) comme celle-là ne connaît pas de limite, et que ce sont les autres composantes de la vie qui doivent s'adapter, mais non. En même temps ce n'est pas un hobby ponctuel, anecdotique, bien délimité, circonscrit dans le temps et l'espace, qui puisse rester le même quelles que soient les conditions extérieures ; c'est une passion suffisamment dominante pour qu'elle demande à évoluer, mais sans imposer sa loi à son environnement.

 

C'est aussi en cette fin d'année 2007, et grâce à la même boutique de thé, que je remets le nez dans un rocher (aïe !). Un Rou Gui très simple, assez torréfié. Préparé d'abord en zhong. J'adore ! Quels parfums des feuilles sèches dans le zhong chaud...Délice. Pour Noël je reçois en cadeau Shui Xian 3 et Wuyi Rou Gui 1 de la M3T. 2 entrées de gamme, 2 valeurs sûres. Mon intérêt pour cette famille se confirme. Et donc, passage obligé pour l'amoureux des théières que je suis : trouver une petite théière à affecter à ces Yancha. Ce sera une théière de Teamasters au poétique nom de Fang Yi Gong Xin Hu (alias Mr Patate pour les plus anciens lecteurs de mon blog...). Je passe de très beaux moments avec ces thés et cette théière, certains soirs où bébé s'endort plus tôt...Eté 2008, 3 jours de vacances à Paris en solo. Dégustation d'un grand Rocher à la M3T : Tie Luo Han 2. Dans une prestigieuse théière ancienne...J'ai alors le malheur d'arrêter le regard sur ces étagères magiques, et d'ancrer dans ma mémoire une théière Shui Pin marron signée Cai Man Zu (Taïwan). Le surlendemain elle est emballée dans sa boîte noire cartonnée dans mon sac alors que je monte dans le TGV...

 

Voici illustrée une constante de mon chemin de thé : j'entre dans une famille de thé, rapidement je lui consacre une théière de qualité, mais aussi rapidement après elle est remplacée par une théière de potier. Ca a été le cas avec les pu er (théière de base M3T < taïwanaise de potier < yixing épuisée). C'est la cas avec les rochers ici. Ca le sera avec les wulongs de Taïwan...A me demander si le fait de m'intéresser à une nouvelle famille de thé n'est pas un prétexte à l'achat d'une nouvelle théière...C'est un raisonnement qui tient la route ceci dit. Mais je ne prends pas le temps 1/ de savoir si cette nouvelle famille de thé va m'intéresser sur la durée, 2/ de bien connaître ces thés pour identifier correctement quelle théière leur affecter (ou plutôt les faire en zhong...). Preuve par les faits que cet enchaînement n'est pas le bon : aujourd'hui je ne m'intéresse plus aux thés de rocher, et Cai Man Zu est une superbe théière qui à ma honte dort dans un meuble à thé depuis 4 ans...Pris dans le flot, dans l'enthousiasme, l'euphorie, on commet des actes fous, irraisonnés...(bon j'exagère un peu...).

 

Prochain épisode : 2008 : ma nouvelle lubie, les miellés taïwanais.

 

Commenter cet article

Mars 27/07/2012 10:46


On se surprend à attendre la suite avec impatience ! 

David 27/07/2012 00:53


Passionnant.