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mon histoire de thé (5

27 Juillet 2012, 17:59pm

Publié par Lionel

Les rochers donc, après avoir suscité mon enthousiasme, ne sont plus ma tasse de thé. Eté 2008, je vais faire un petit tour du côté de Taïwan, et de ses wulongs roulés en petites billes...Un Dong Ding 'tradition', encore une fois de la boutique bretonne déjà citée à 2 reprises dans ces pages (sont forts ces bretons !). En zhong. Rapidement ce type de wulong va représenter pour moi le thé complet, qui rassemble beaucoup de qualités. De beaux exemplaires pas trop onéreux, relativement faciles à préparer, une gamme gustative et olfactive large et qui flatte les papilles, des thés "qui passent" en toutes conditions, après-midi, le soir, dégustés concentrés en solo, ou plus "lâchement"...Rapidement je me tourne vers la M3T pour étoffer ma gamme : Wuyi de Taïwan (confiserie, fête foraine !), Si Ji Chun 2 (miel, torréfaction), Mi Xiang Wulong (fleurs, fruits), Qi Lan 4 (sucré). Bref, de superbes produits à moins de 30 euros les 100g...Je fais mes armes ave ces thés à l'aide de ma xishi noire, achetée à cette époque (février 2009) à la Cave à Thé. La seule théière que j'ai cassée. Dieu sait si je l'ai aimée celle-là ! Une belle petite boule noire-grise, à la pointillation crème, au toucher d'ardoise...Vous devinez la suite...Eté 2009, micro vacances solitaires à Paris, à peine descendu du TGV je suis place Monge assis à la table de gauche en entrant, sirotant un Mi Xiang Wulong...les étagères, le coup de foudre, la nuit blanche, le TGV avec la boîte noire avec l'étiquette M3T...Après la Yang Wen Ji rouge, la Cai Man Zu marron, voici venir la micro boule noire Yang Wen Ji encore. Ma 3è taïwanaise ! 8 cl utiles. Une boule parfaite. Un bec tubulaire très très court (bec non-bec). Une anse fine et excentrée vers le bas. Une pièce d'art moderne très audacieuse. Un instrument très performant. Renvoi des parfums incroyable. Mais une PETITE théière, très petite. Les petites billes taïwanaises peinent à se déployer dans cet espace confiné...Je pensais faire de ces thés mes gourmandises du soir, mais à l'image de mes wulongs fleuris de 2003 je finis par me lasser...De thés un peu tous pareils, qui se fatiguent vite à l'infusion...J'ai encore plusieurs dizaines de grammes de ces thés, et la boule noire poursuit son destin dans la ville de Jeanne d'Arc...

 

Rochers, miellés de Taïwan, passions éphémères, coup de foudre sans lendemain...Pourquoi ? Je ne sais pas...Ce qui me surprend aujourd'hui c'est ma faible fréquentation de cette vaste famille de thé, les wulongs. Les wulongs sont les thés les plus flatteurs, les plus suprenants. Quand j'ai des invités, ou que je veux "initier" une connaissance au "vrai" monde du thé, je sors une Beauté Académique ou un Wuyi de Taïwan, c'est jackpot assuré ! Que ce soit un Baozhong, un miellé de Taïwan, un Gao Shan Cha, un thé de rocher, un Dan Cong : les feuilles sont belles, le parfum complexe et hallucinant pour une feuille de thé "nature", la préparation relativement facile, la liqueur plaisante...Mais non, je reste étranger au monde des wulongs. Je ne côtoie que les extrêmes de l'arc-en-ciel du thé, à gauche les non oxydés thés verts japonais, et à droite les post-fermentés pu er. Je pense que ce sont les rochers qu'il me plairait de ré-investir dans le futur...un Imperial Red Robe de temps en temps, c'est quand même pas si mal que ça...;-)

 

Vous aurez remarqué mon entêtement dans un cheminement funeste : thé de base sympa, en zhong, vite plein d'autres références plus haut de gamme, vite une théière "de base", vite une théière de potier (par l'entremise d'un séjour parisien express ...). Et marche arrière : je ne bois plus ces thés, de belles théières orphelines...

 

Donc à ce stade de mon parcours, nous sommes à la fin de l'année 2009, mes pu er dorment au placard, rochers et wulongs taïwanais me sont devenus étrangers. Heureusement les thés rouges restent mon immuable base. Mais ça ne suffit pas à remplir une vie de thé ! 2010 sera donc l'année du plus gros bouleversement théistique (?) de ma vie...

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edp 29/07/2012 16:56


Tu as bien raison, les wulong c'est ce qui est le plus flatteur pour faire découvrir le monde des thés "nature". 


Je me retrouve tout à fait dans cette appréciation.


En fait j'en ai chez moi pour deux raisons : la première que tu as évoqué, l'autre pour en boire de temps en temps et voir si un jour la passion naîtra. Concernant les rochers par exemple, j'ai
fini cette semaine les plus chers que j'avais (et qui m'avaient séduits lors des premières dégustations) : Rou Gui 2009, DHP 2009 et Fragment of DHP de PCT. Le bilan final est que je ne me suis
jamais vraiment excité avec ceux là (pourtant les deux premiers j'en avais 60g ce qui signifie que j'en ai bu plusieurs fois). Je vais tout de même en racheter afin de voir si la passion naît un
jour, mais je vais taper (au moins provisoirement) dans du moins cher. 


En revanche, la frénésie pu er continue chez moi, même si je me suis calmé en terme d'achats. C'est plutôt ma base à moi. Quelques bonnes surprises récentes grâce à ma guide lors de mes séjours
chinois antérieurs. 


 

Nicolas 28/07/2012 20:52


Salut Lionel, moi qui suis Pu'er-Pu'er, j'apprécie régulièrement les taiwanais. Mais aussi les rochers, à moindre échelle. Je suis entièrement d'accord avec David sur le fait qu'un bon Da Hong
Pao une fois de temps en temps c'est très très agréable :)


Si une échange "fragment de Da Hong Pao" contre certains de mes nouveau Pu'er t'intéresse, je pense qu'il y a matière à partager les plaisirs.


Bien à toi


Nicolas

David 28/07/2012 12:43


J'ai également eu ma période "friandises oolong miellés" de la place Monge. Tu n'y es d'ailleurs certainement pas étranger. Encore à l'heure actuelle, les plus grands noms de leur carte (Dong
Pian, Tai Bai Zui Jiu, Rou Gui de Taïwan...) titillent ma curiosité, tandis que les thés moins onéreux que j'ai finissent souvent en grande théière pour mon grand plaisir d'ailleurs.


 


Quant au Fragment of Imperial Robe, que dire ? Je pense que le meilleur thé même d'une famille qu'on n'apprécierait pas sera toujours quelque chose de fantastique. En tout cas, c'est clairement
le meilleur yancha que j'ai bu à ce jour, bien que je ne doute pas qu'il existe bien bien meilleur.


 


La question que je me pose, même si j'anticipe peut-être un peu sur la suite, c'est pourquoi garder de belles théières au placard ? Quitte à ce qu'elles ne servent peut-être plus "jamais",
pourquoi ne pas emmener la YWJ rouge au boulot, s'en servir sur un coin de paillasse pas très propre de la cuisine ? Je sais que ce genre d'objet a de la valeur, mais ne vaut-il mieux pas
qu'elles vivent, même au risque de se prendre un ou deux chocs de temps en temps, que de rester dans l'obscurité du placard ? Je suis sûr que la Cai Man Zu pourrait donner des trucs sympa avec du
jeune puerh, pour ne citer qu'un exemple parmi tant d'autres...


 


Bonnes vacances !!