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私の煎茶道
mon senchado
Nicolas Bouvier
Le vide et le plein
Carnets du Japon 1964-1970
"Me donnent un sentiment de plénitude : le son de certains gongs, quelques-uns des bouddhas o-jizo qu'on trouve dans les cimetières, le thé vert amer et épais, les paupières et la nuque des femmes désirables, et certaines vieilles balayeuses qui portent des lunettes à monture d'acier sur des groins de professeurs d'université, se foutent des catégories et sont d'une liberté et d'une impertinence rafraîchissantes." -page 46.
"Il ne faut pas que le snobisme culturel qui règne sur la cérémonie du thé et qui empeste les catalogues d'expositions de certains potiers célèbres fasse oublier la vitalité de ces arts, ni l'appréciation véritable qu'on peut trouver chez certains clients d'allure campagnarde, sortes de rats des champs égarés dans ces mêmes expositions d'une distinction si anémiante et qui peuvent rester dix bonnes minutes, le ventre en avant, devant un beau tchawan, les yeux mi-clos, la pomme d'Adam montant et descendant comme lézards au soleil". -page 222.