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réflexions 1)

2 Mars 2012, 17:05pm

Publié par Lionel

Depuis ma découverte du thé japonais en juin 2010, le sencha avait pris une place prépondérante dans ma pratique du thé, réduisant le spectre des thés que je dégustais. Sencha le matin, le week-end, au bureau en journée...Depuis quelques mois, à la faveur de rencontres et d'échanges avec d'autres passionnés, je me remets au pu er. Et avec quel bonheur ! Je revisite ainsi ma cave constituée dans les années 2004-2007...de taille modeste, mais composée de petits trésors...Ceci m'amène à quelques réflexions autour de ces 2 types de thés très différents en plusieurs points (selon moi).

 

Le sencha est le thé de l'instant et de l'intime.

Le pu er est le thé de la durée et de l'ouverture.

 

Je constate que le thé japonais devient vraiment mon thé du matin. Levé 6h15, opérationnel à 6h30 par là. Les enfants dorment encore. L'aurore pointe. Silence. La tête encore peu encombrée des multiples pensées et préoccupations à venir. Shudei ou Yakishime de Yamada So. Asatsuyu ou joli asamushi de Saïtama. Savourer chaque gorgée avec intensité, un maximum de présence et d'attention. Etre là.

Je n'arrive plus à sortir mon sencha en après-midi le week-end. Comme si c'était mon secret. Trop de lumière. Risque d'être dérangé.

 

Cette place laissée vacante par le thé japonais est désormais occupée par le pu er. Mon coup de foudre en la matière ont été les jeunes pu er shengs de Essence of Tea. Quels thés ! Si raffinés, élégants, purs, parfumés...Et pourtant encore jeunes, 2010 ou 2011. Par ricochet, je redécouvre mes pu er anciens ou entre-deux-âges...Et il est clair qu'après les avoir clairement mis au second plan pendant 3 ans, eh bien j'aime toujours ça !

 

J'aime boire un jeune sheng de 1-3 ans sur la durée d'une journée. 7g (en gros) de Mansai, Banpen ou Mannuo 2010 EoT le matin dans la xishi 10 cl en arrivant au bureau à 9h, les 5 premières infusions sont géniales, les 5 suivantes très bien, il est alors 15h, les quelques dernières tiennent très bien la route. Eau bouillante. Temps d'infusion au pif. Ca répond presque toujours bien. Pas prise de tête. Du plaisir.

 

Une façon de vivre ces 2 thés très différente. 2 approches complémentaires. Un bon équilibre.

 

En terme de stratégie d'achat la différence est aussi nette.

 

Le thé japonais se boit frais, dans le mois en gros une fois le sachet ouvert. J'en achète 3-4 fois dans l'année, 500g environ chaque fois. Ce n'est pas un thé qui se stocke. L'achat peut être impulsif, coup de coeur. On s'engage sur un sachet de 100g, si on aime on renouvelle...

Le pu er impose une logique assez différente.

1/ Le pu er est un thé millésimé. Chaque produit est unique. Existe en quantité limitée. Donc quand on goûte, qu'on aime, on est tenté d'en racheter pour mettre de côté, ne pas passer à côté d'une bonne affaire.

2/ Le pu er est un thé qui se stocke, voire qui s'améliore en vieillissant (le voire dans cette phrase peut donner lieu à discussions...). Une stratégie peut donc être d'en stocker pour faire vieillir chez soi et ainsi éviter d'acheter des produits déjà anciens à prix faramineux.

3/ Le pu er se vend sous forme compressée, souvent galette de 357g, brique 250g etc. Donc quand on en achète un, on en prend pour mini 350g souvent. Les quantités ainsi constituées peuvent assez vite devenir importantes.

 

En quelque sorte, l'approvisionnement en pu er me stresse. 1/ La peur de passer à côté de bonnes affaires. Un truc à ne pas rater, on sait que la récolte suivante on ne retrouvera pas le même. A l'inverse du sencha...J'ai adoré le Saemidori de Kagoshima 2011, je pense que j'en retrouverai de qualité assez semblable en 2012. 2/ Avoir chez soi des carrés 1979, des briques des années 80, des galettes des années 90, on sait que ce sont des ressources non renouvelables. Chaque grame consommé c'est ça de moins. Je sais donc que régulièrement je me ravise avant de mettre de telles feuilles dans ma théière, pas les conditions idéales, je vais gâcher...Et puis si on aime les pu er évolués, 10-15 ans par exemple, il faut établir un plan d'achat de jeunes pu er de l'année par exemple, pas trop chers, à stocker chez soi, pour plus tard. Alors que le japonais, on achète, on boit, on rachète on reboit etc. Il n'y a pas ce souci du moyen-long terme.

 

Voilà de façon un peu décousue mes réflexions du moment...

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Yakimono 05/12/2012 21:39


Je suis Fan du Thé Tunisien, mais maintenant il est temps de déguster Sencha Thé , déguster le saveur du Thé Japonais , Vraiment c'est très interessant

OTHMAN Nivine 05/12/2012 17:39


Je suis déja unFan du Thé , mais ça m'interesse beaucoup la dégustation du Thé Japonais ...


Merci pour ces riches informations 

Kaieros 10/07/2012 22:56


Bonsoir, 


 


En lisant votre post je me demandais justement comment bien conserver un pu-er, faut-il des jarres en pierre ou le stocker à l'abri de l'humidité suffit ? Je suis assez d'accord avec analyse des
différences entre le viril et frivol Sencha, et le sage et vénérable Pu er^^.

edp 02/03/2012 18:34


Salut Lionel, 


 


Deux autres aspects :


 


* les thés de garde, rien ne t'assure que ton goût n'évoluera pas ! 


* sur la santé, argument auquel je ne suis peut-être pas assez soucieux : vaut-il mieux stocker des pu er élevés au DDT ou des japonais élevés au Fukushima ?