Vendredi 30 mai 2008

Pas de commentaires depuis une dizaine de jours, des statistiques en chute libre....

Certes mon rythme de production est plutôt faible, qui plus est je ne parle pas de "technique" de thé - dégustations fines, ustensiles de grande valeur, comparaisons expertes etc...- mais je vous livre des devinettes insolubles (contrairement aux feuilles de thé...) et des textes ésotériques où de pauvres graminées ont le premier rôle...rien non plus pour attirer vos suffrages...

Et je vois de nouveaux blogueurs en verve me voler la vedette...Thomas, ses photos reposantes et ses textes qui inspirent la sérénité, Bruno et ses commandes de thé qui donnent le tournis, Gingko et ses céramiques attachantes, un Philippe sur le retour et en pleine forme, Lio avec des photos de taïwanaise et de Da Yu Ling dont je rêve la nuit...

Heureusement que Raphaël, Jeancarmet, Bejita et Michel sont aussi au repos, temporairement, car je ne supporterais pas la concurrence à leur avantage...

Moi aussi je suis au creux de la vague...(une pensée vers Hokusaï, et donc pour Béatrice actuellement je pense à Singapour...)...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Vendredi 30 mai 2008

herbes folles, incomprises, délaissées puis fauchées,
je viens auprès de vous reposer ma pauvre âme,
qui ne vaut pas plus cher que vos courageuses tiges

dans ma main quelques feuilles, d'un petit arbre de Chine
je vous les présenterai, je serai le témoin
d'une rencontre improbable,
rares feuiles exotiques, humbles herbes en jachère

baignées dans la tasse blanche, dans le creux de ma main,
elle me donneront leur sang, je goûterai leur liqueur,

et vous, là près de moi,
me donnerez votre coeur !

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Samedi 19 avril 2008
Libre reprise et adaptation de quelques unes des merveilleuses paroles de la chanson "I've seen it all" de Bjork dans Dancer in the dark

I've drunk it all, I have drunk the teas,
I've drunk marvellous old pu er in ancient yixing pot
I've drunk sweet wulongs in white glazed gaiwan
And sea-like senchas in stone-like kyusus
I've seen what I was - I know what I'll be
I've seen it all - there is no more to see!

You haven't drunk real da hong pao, wild tai ping hou kui
I'm happy to say I had better to do
What about fo shou ? Have you drunk such great tea ?
All teas are great, if prepared with the heart

You've never drunk pu er from the 50's ?
I have simple vrac 1992, its pu er that's all...
Old boazhong, rare dan cong ?
My pulse was as high on my very first tea !

I've drunk it all, I've drunk qimen hong
I've seen the purity in a cup of shui xian
I've seen what I chose and I've seen what I need,
And that is enough, to want more would be greed.
I've seen what I was and I know what I'll be
I've seen it all - there is no more to see!

You've seen it all and all you have seen
You can always review on your own little screen
The light and the dark, the big and the small
Just keep in mind - you need no more at all
You've seen what you were and know what you'll be
You've seen it all - there is no more to see!

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Samedi 29 mars 2008





















Plusieurs questions que je me pose depuis quelques temps, à lire ici et là diverses choses au sujet des théières...

1- Avez-vous réellement observé, visuellement en terme de dépôt intérieur et de pâtine extérieure, et gustativement sur la liqueur, les bienfaits d'une théière en terre culottée ?
J'utilise la théière de droite ici depuis maintenant 3 ans sur les pu er. Certes avec une fréquence assez modeste, disons 1 fois par semaine peut-être en moyenne sur ces 3 ans, soit 3 x 52 = 156 gongfucha. Grosso modo, disons une grosse centaine de dégustations. Intérieurement, elle se couvre très lentement d'un dépôt noir-marron, mais on ne peut pas dire qu'elle soit culottée. Extérieurement, elle était déjà plutôt "brillante" à l'origine, je ne trouve pas qu'elle a évolué sur ce plan là. Je la rince à l'eau bouillante en fin de dégustation, pour qu'elle sèche vite. Quelques fois j'y ai laissé des feuilles une nuit voire plus longtemps...Donc pour répondre à la 1ère partie de ma question, je ne peux pas dire que visuellement, cette théière a beaucoup évolué entre mes mains depuis 3 ans. Gustativement, je l'adore. Mais je ne ressens pas non plus l'effet d'un culottage. Il faudrait pour cela pouvoir déguster le même thé, avec la même eau, préparé de la même façon, au temps t0 et au temps t0 + 3 ans. J'ai depuis déménagé 3 fois, eu 2 enfants (!), changé mes "pratiques" de dégustation, plusieurs fois d'eau...donc ces "interférences" étant, il m'est bien difficile de mesurer si cette théière s'est en quelques sorte bonifiée en 3 ans d'utilisation, toutes autres choses étant égales par ailleurs.

Je me demande donc combien d'années il me faudra pour vraiment voir cette théière se culotter...et je me dis que la théière que je verrai le plus évoluer est ma théière en terre marron foncée de 30 cl dans laquelle je prépare tous types de thé, du rouge chinois au darjeeling, de l'assam au qi lan. A raison de 2 à 3 infusions par jour (petit dej puis dans la journée), je pense que c'est la théière qui se culottera le plus vite.

2- Etes-vous strict dans le respect de la règle "une théière en terre, un thé" (ou une famille homogène de thés) ?
Dans cette même théière, je prépare tous types de pu er, jeunes, vieux, crus, cuits. Même si entre-temps m'a rejoint la Yixing ancienne ici à sa droite qui accueille elle surtout les jeunes pu er. Donc dans la taïwanaise de droite des carrés des années 80, des cuits années 2000, des galettes crues 1999 etc. J'ai lu souvent que pour les pu er il était conseillé d'avoir 4 théières : jeunes cuits, jeunes crus, vieux cuits, vieux crus. Si c'est là une règle qu'il est conseillé de suivre (j'en doute...), j'en suis loin. Et là encore je n'ai jamais ressenti d'impact négatif suite à ma façon de faire. Dégustant une brique 1983 après une galette crue 1999, je n'ai jamais retrouvé ses notes de fumée et végétales. Ceci parce que je la rince bien à chaque fois ? Plusieurs disent qu'une théière doit suffire pour TOUS types de thés, à condition de bien la rincer à  chaque fois en fin de GFC. Je suis assez partisan de cette idée.

La Yixing ici à gauche est sacrément culottée. Impressionnant dépôt noir marron à l'intérieur. Elle aurait été fabriquée entre les années 1966 et 1976. Combien de propriétaires a t-elle eu depuis lors ? Quelles familles de thés y ont-ils été préparés ? Quand j'y mets de l'eau, sans thé, l'eau a un goût net de "vieux", sombre...Je la destine à une famille de thé, mais je me dis que s'il fallait vraiment réserver un type de thé à une théière, cette théière n'a fort probablement pas respecté cette règle au fil de ses pérégrinations, et pourtant aujourd'hui je n'y trouve pas de défaut majeur...

Autre réflexion :

Je me rends compte qu'assez souvent au moment de me lancer dans une dégustation, mon choix est orienté par la théière avec laquelle j'ai envie de passer un moment, plus que par le thé que j'ai envie de boire. Et la destination que j'ai donnée à ces 2 théières (taïwanaise de droite vieux pu er, cuits / yixing jeunes pu er, minéraux, floraux), je l'ai choisie en fonction du feeling que j'ai avec chacune d'entre elles, et non (ou moins) sur des critères de qualité de rendu gustatif. La taïwanaise est fine, délicate, fourmille de détails très finement réalisés, j'aime l'utiliser le soir, tard, avec des pu er raffinés pu er, calmes. La yixing a une forme plus simple, granuleuse, brute, imparfaite, asymétrique. Je l'aime pour des dégustations diurnes, de jeunes pu er encore fougueux, pour en extraire comme j'aime à le dire le "jus de nature". La taïwanaise est intellectuelle, la yixing corporelle.

Voilà pour un 1er jet, je pense que je serai amené à revenir sur ce vaste sujet...
par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Jeudi 6 mars 2008

Avez-vous déjà ressenti cette "peur", quand une passion naît en vous, de la voir s'estomper à trop la solliciter ? Passion pour les rochers et "peur" de les deguster trop souvent , de voir cette passion devenir banale...
1 gongfucha en Fang Yi Gong de shui xian ou wuyi rou gui, ou tié luo han (quelle merveille !) par semaine : quel bonheur déjà ! Plus serait un luxe inabordable ...
Possibilité de les renouveler plus souvent, à l'extrême, mais pas envie...tant leur rareté fait leur richessse...




par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Samedi 23 février 2008

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quelques mots que je trouve beaux, pour cette scène de thé que je trouve belle...

tout concourt en ce lieu à créer l'irréel...

le zhong de sa robe d'opale, accueille une liqueur, eau pâle

"t'oublies or not t'oublies
les ombres d'opaline..."
- noir désir, bouquet de nerfs -

le pot à thé, transparent, hyalin, livre un précieux liquide au caractère marin

la liqueur ...éthérée, séraphine, vaporeuse...

"...des séraphins en pleurs
rêvant l'archet aux doigts dans le calme des fleurs
vaporeuses...tiraient de mourantes violes
de blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles..."
- stéphane mallarmé, apparition -

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mercredi 23 janvier 2008

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Mes 3 familles de thé préférées sont les thés noirs (pu er), les thés rouges et les wulongs dits de rochers. Depuis quelques temps, je me rends compte que chacune de ces familles produit sur moi des effets propres et correspond à un mode de dégustation bien particulier. Ce n'est pas une classification hermétique que je vous expose là, les limites de classes sont floues et les passages entre classes évidemment  possibles. C'est plus un ressenti que j'essaie de formaliser (mon esprit scientifique...).
Au sein des pu er, je distingue d'une part les jeunes pu er crus, et d'autre part les vieux pu er crus et dans une moindre mesure les cuits. 
Je me rends compte que je déguste les jeunes shengs avec le CORPS tout entier. A part la fabuleuse galette 1999 n°30 qui offre une palette de goûts et parfums déjà étendue selon moi, j'ai du mal à trouver de la complexité dans les jeunes pu er (comme mon ami Philippe...). En revanche j'adore leur côté brut, nature à l'état pur. Du pur jus de nature, comme si un géant pressait une forêt humide entre ses mains pour le recueillir dans une tasse. Ca m'a sauté aux yeux récemment avec une galette 1999 n°17 de M3T. Encore sauvage, de l'amertume et de l'astringence comme il faut, pas une gamme aromatique épanouie pour l'instant, mais un effet sur le corps tout entier, la sensation de communier pleinement avec la nature. Un goût simple mais qui génère un bien-être au corps tout entier.
En comparaison, je déguste les vieux shengs (et cuits) avec la TETE. Carrés, brique 1983/10, galette 1985/11, vrac 1992/15 etc. Presque tous ont pour moi un tel pouvoir évocateur de souvenirs...Les carrés l'acidité et l'astringence mêlées que je ressentais quand enfant je croquais le tiges de rumex dans ma campagne finistérienne. La terre et la betterave rouge du jardin de mon papa sur les feuilles chaudes de la galette 1985. Un voyage dans les souvenirs, mais aussi des réflexions spirituelles ou littéraires que font naître en moi ces thés raffinés et subtils.
Je vis les thés rouges avec le COEUR. C'est avec eux qu'a débuté mon chemin de thé. Un certain Grand Yunnan et un Ceylan Orange Pekoe St James. Puis les Darjeeling...Depuis j'ai fait la connaissance du Qimen (ou Keemun), ou d'autres thés rouges plus raffinés (Dian Hong Gong Fu, Su Hong Mao Jian etc.). Nul besoin de très haute qualité. Seule l'empreinte qu'ils laissent en moi importe. Dans la "grande" théière en terre le matin au petit dej, le soir en rentrant du boulot pas trop tard...Une note domine les dégustations, point de complexité, de grande subtilité ou de longueur en bouche, ces thés sont simples, mais tellement chaleureux et proches de mon coeur.
Enfin les rochers, dont Raphaël précisait récemment dans un commentaire qu'ils sont "un pur plaisir". Oui des rochers dégustés vraiment avec la BOUCHE. Du pur plaisir gustatif. Moins évocateurs de souvenirs ou d'émotions pour moi que les vieux pu er. Moins chaleureux à mon coeur que les Qimen and co. Moins reflets des plaisirs de la nature que les jeunes pu er. Mais quel pied de passer une heure avec un Rou Gui ou un Shui Xian ! La beauté des feuilles, leur parfum dans une yixing bien chaude, les premières liqueurs gourmandes, sucrées, chocolatées, pâtissières, mordantes, minérales, torréfiées etc etc...

Je ne sais pas si cette classification (qui n'en est pas une..) vous parle...? Comme quoi le thé, "simple boisson", de l'eau et des feuilles, produit des effets multiples, et peut se vivre d'infinies manières...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mercredi 16 janvier 2008

ce soir...?
jouer avec les enfants 
ou
déguster un thé...?
lire pour la n ième fois, avec plaisir, "Russel le mouton" et "Oui-Oui" avec Fleur
ou 
faire un bout de chemin avec le da yeh wulong, superbe thé rouge de la côte est de taïwan, de Stéphane..?
faire "gouzi gouzi" avec Ethan (adorable petit bout de 4 mois et demi, le portait de son papa...:-)))
ou
se lancer dans un interminable gongfucha avec une galette 1999 n°30 de M3T ?
dilemnes quotidiens
petits êtres si attachants
petites feuilles tant aimées
tous deux je vous chéris
entre vous deux mon coeur balance
sans compter la belle adamantine, femme et mère, muse de mes secondes...
temps, étends-toi, arrêtes-toi, 
donnes moi latitude
de vivre mes rêves...

par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Mercredi 9 janvier 2008
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Il est bon parfois de revenir à ses origines, poser ses valises et s'arrêter. Mettre de côté les yixing de potier et les grands crus de pu er, les dégustations fines et pointues. Revivre le thé tel qu'on l'a découvert. Retrouver l'esprit de débutant, même si on n'est plus tout à fait le même quelques années plus tard...Ceci s'était concrétisé pour moi par la photo ci-contre, prise il y a déjà quelques semaines et que je n'avais pas pris le temps de publier alors. Une grande théière de Darjeeling, mon premier amour de thé. Le livre du thé de Jean Montseren, celui qui a guidé mes premiers pas sur mon chemin de thé. Assis sur le perron de la maison, être là tout simplement avec pour compagnons la liqueur, les mots et le petit hêtre. Nul besoin de décrire les impressions de dégustation, inutile d'épiloguer sur la qualité de thé ou les paramètres de préparation. L'essentiel est ailleurs...







elle coule dans mon corps
et irrigue mon coeur
caresse liquide
par Lionel publié dans : Pensées de thé
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Samedi 1 décembre 2007

 

Je vous invite à vivre une cérémonie de Gong Fu Cha de l’intérieur...Une cérémonie racontée par les acteurs eux-mêmes...
 

  - ça va ma vieille ? Tu tiens le coup ?, demande Cha Bei, la petite tasse en porcelaine blanche, à Yixing Hu, la théière en terre rouge qu’IL vient de reposer sur la table.
  - ça va oui, mais j’ai mal au coeur à me faire renverser sans cesse la tête la première sur Cha Hai.
  - Et moi, rétorque Cha Hai, le pot à thé, ne crois-tu pas que je fatigue ? C’est tout de même la huitième infusion de la soirée je vous signale.
  - Encore un de ces Pu Er dont IL rafole, fait remarquer Wen Xiang Bei, la haute et élegante tasse à sentir qui ne participe pas à la scène. Pour moi ce soir c’est repos. Il paraît que les Pu Er ne sont pas suffisamment fins au nez pour que j’en exhale les parfums comme je sais si bien le faire avec les wulongs.
  - Voyons mes amis, ne soyez donc pas si ingrats, dit d’une voix forte et paternelle Cha Chuan, le bateau à thé, une fine assiette de porcelaine couleur céladon. Je suis né sous les Qing et les ai vus s’éteindre...C’était en 1911...Depuis lors, sorti de Chine, je suis passé dans de nombreuses mains... Rarement l’on a si bien pris soin de moi croyez-le. IL est très doux et son Amour pour le thé ne fait aucun doute. Le Pu Er 1980 que tu accueilles en ton sein ma chère Yixing Hu et que nous contribuons tous à LUI faire déguster est un cadeau pour nous aussi.
  - Tu as raison Cha Chuan, dit Yixing Hu, la théière. Les feuilles que j’héberge libèrent en moi des huiles essentielles d’une qualité rare.
  - Et la liqueur que tu me transmets semble si délicieuse, reprend Cha Hai le pot à thé. J’y perçois des arômes de terre humide, de forêt après la pluie, des fragrances subtiles de champignons, d’amande verte.
  - A voir le temps que passent SES doigts et SES lèvres à mon contact, renchérit Cha Bei, la tasse à déguster, tout porte à croire qu’IL goûte LUI aussi les qualités que nous énumérons là...
  - Silence les amis, voilà la neuvième eau. Tous à vos postes !!, signale Wen Xiang Bei qui assiste à la scène en observateur. C’est alors qu’IL soulève le couvercle de Yixing Hu, la remplit d’eau frémissante puis replace le couvercle avant d’arroser généreusement la théière d’eau chaude. Trente secondes plus tard, IL renverse Yixing Hu sur Cha Hai, le pot à thé, qui recueille le précieux liquide. Pendant ce temps, Yixing Hu rejoint Cha Chuan, le bateau à thé. Enfin, Cha Hai passe le relais à Cha Bei, la petite tasse. IL la prend alors, la porte à ses narines puis à ses lèvres. Ainsi se poursuit la soirée, doucement, simplement...Les gestes s’enchaînent harmonieusement. Tous participent à un moment rare et précieux. Chacun en a conscience et fait de son mieux pour vivre "l’ici et le maintenant".
  - C’est l’heure de la douche les amis, s’exclame Cha Hai, visiblement exténué. 17 infusions !! J’ai accueilli 17 liqueurs différentes ce soir...  Eh l’ancêtre, dit le pot à thé en s’adressant au bateau à thé, mon cher Cha Chuan, toi qui vécut au temps du dernier empereur, dis-moi : en as-tu vécu beaucoup des gongfucha comme celui-ci ? d’une telle intensité et d’une telle durée ?
  - Ma mémoire comporte quelques lacunes, à mon âge...mais je ne crois pas mon cher Cha Hai...
  - Et qui va se faire dorloter maintenant ? Qui va être l’objet des soins les plus délicats ? Qui va se faire brosser ? puis caresser dans une douce serviette ? Yixing Hu la théière sait que c’est d’elle dont parle ainsi jalousement mais affectueusement Cha Bei.
  - Je me sens plus belle de jour en jour. Les huiles essentielles de ces thés nourissent la terre dont je suis faite, et les soins qu’IL m’apporte font briller ma pâtine. 
Ainsi prend fin la soirée. La théière s’endort sur le bateau à thé. Le pot se remet tranquillement de ses émotions. Cha Bei rejoint sa complice Wen Xiang Bei et lui raconte avec force détails ce gongfucha mémorable. Tandis qu’IL s’endort doucement, intimement imprégné des subtiles essences qu’en ce jour comme en chaque jour le thé lui a offertes.
par Lionel publié dans : Pensées de thé
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