un moustique flotte
sur la tasse de thé - comme lui
mourir de plaisir
émotions de thé
un moustique flotte
sur la tasse de thé - comme lui
mourir de plaisir
le Titanic sombre
mais personne ne crie
dans une mer de thé
L'automne est ma saison préférée. Pour les couleurs incomparables que prennent alors les arbres. Pour le plaisir qu'on ressent, chaudement blotti sous les couvertures, alors que dehors le vent rage contre les vitres. Pour le bonheur de penser, rentrant chez soi mouillé jusqu'aux os, au formidable Qi Hong (Keemun) qui viendra nous réchauffer.
feuilles comme mortes flottant
dans une eau brunâtre - une mare
ou ma tasse ?
mousse au pied de l'arbre
matcha dans le bol - thé et nature
même saveur
En écho au magnifique haïku de Buson :
devant le chrysanthème blanc
les ciseaux un instant
hésitent
je vous propose :
frêle bourgeon de thé
la main de la cueilleuse un instant
hésite
boire un peu d'histoire
ou croquer une fleur - ce soir
pu er ou wulong ?
Un petit clin d'oeil à Philippe de "La Galette de thé" et Basquiat, tous deux grands amateurs de galette, à boire ou à écouter...
Yixing et tasse qing
le bateau le pot et l'eau
symphonie du thé
(à lire à voix haute...)
Fin 2006 a eu lieu un concours de haïku sur le thème du thé. J'y avais participé. Je ne figure pas parmi les 5 lauréats, dont vous pouvez lire les haïkus à l'adresse suivante : http://www.afhaiku.org/aphp/page1.php?page=afh-the2006.
C'est drôle, car j'ai vécu avec la gagnante le moment de thé qui, je pense, lui a inspiré son haïku. Il s'agissait du chanoyu pour Hatsugama 2006. Hatsugama est la première cérémonie japonaise de l'année, au cours de laquelle notre professeur de chanoyu avait sorti ses plus beaux objets, dont l'antique bouilloire dont parle Chantal Peresan-Roudil.
Voici ci-dessous les 2 haïkus que j'avais envoyés. Ce sont quasiment les premiers haïkus que j'avais écrits sur le thé. Peut-être que les textes que j'ai écrits depuis (et que vous avez eu la chance de lire !) auraient fini en meilleure place dans ce palmarès, mais tout cela importe peu...
la barque tangue
la mer et la vie s'agitent
ouf ! une île : le thé
abri protecteur
rouge le matin noir le soir
deux thés pour un toît
Quoi de plus beau que la liqueur d'un thé rouge dans une pure porcelaine blanche ?
D'aucuns le préfèrent décoré de branches de cerisier en fleur, de tiges de bambou ou de fleurs de lotus, moi j'ai opté pour un zhong entièrement blanc. Contemplez la liqueur d'un Dian Hong Gong Fu, d'un Yi Hong Gong Fu, d'un Su Hong Mao Jian dans un tel objet. Quelle pureté il en jaillit ! J'aime imaginer la succession d'évènements qui a permis que cet instant soit possible : la plantation des théiers, leur entretien, la cueillette, le séchage des feuilles, leur oxydation, le tamisage etc...puis les multiples étapes de transport qui l'ont fait attérir dans une petite boîte de thé...et enfin la préparation, peser, infuser...Toutes ces étapes diverses et parfois compliquées, pour aboutir à ces quelques centilitres de liqueur blottie au creux de cette tasse blanche. De la multitude et de la diversité produire une telle simplicité et une telle pureté, quelle alchimie !
Et l'on est là, assis, tenant au creux de sa main cette tasse chaude, alors que dehors tombe la neige, nos sens et nos rêves plongent dans cette liqueur dorée, brillante et profonde, notre corps et notre esprit s'établissent fermement, ici et maintenant...
blanche comme la neige
diaphane porcelaine
en toi le thé se fond
les thés dans leurs boîtes :
"à qui le tour ce matin ?"
réveil qui sonne
Vendredi 2 février, 3h46 à 5h06...
brêche dans la nuit
mes pensées alors s'engouffrent
dans ma cave à pu er
fin de nuit, blanche
rêvons d'un vieux pu er
qu'elle redevienne noire
voyage en songe
au pays des mille thés
insomnie