Au quotidien...


Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 14:53

une autre jolie petite tasse signée Eric Soulé

 

à l'intérieur : sencha ふくみどり - fukumidori de Hiruma Yoshiaki

 

vert, très vert, force, amertume fleurie et pralinée

 

le petit hêtre vient de débourrer

 

la pelouse resplendit grâce aux abondantes pluies

 

vert...

 

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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 10:46

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Il se produit une petite révolution dans mon thé japonais depuis quelques jours. La cause : cette coupe cuite au feu de bois, oeuvre du potier français Eric Soulé / http://www.ericsoule.fr/.

 

 

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Ce bol introduit 2 caractéristiques nouvelles :

- la forme très ouverte, qui contraste avec mes tasses hautes et d'assez faible diamètre, appelées Yunomi en japonais ;

- sa cuisson au feu de bois, qui donne un rendu très brut, rustique, sauvage, qui diffère des yunomis de style Hagi, plus homogènes en couleur, plus 'sages', émaillés.

 

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Je ne m'attendais pas à un tel changement dans la façon de vivre mon thé japonais. "Une seule tasse qui change et tout est bouleversé", pour parodier une citation autrement plus raffinée de Lamartine...

 

L'effet que je souhaitais avec ce bol est exactement celui reproduit sur la photo ci-dessus : boire du sencha directement dans le creux de mes mains. Je me promène en forêt, je m'arrête au pied d'un petit filet d'eau qui serpente entre les arbres, je recueille de l'eau fraîche entre mes mains. Et je bois la nature...

 

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Grande proximité avec la liqueur donc. On surplombe la liqueur verte, trouble, "boueuse" ?. Au fur et à mesure que l'on boit, le paysage intérieur du bol se découvre...

 

Autre conséquence : le besoin d'attention pour tenir cette coupe en main. Le yunomi autorise la distraction, l'envolée des pensées au loin car il tient fermement et solidement en main. Ici l'exercice est plus périlleux. Les bords sont très peu élevés, un faux mouvement et la liqueur d'échappe !

 

Une coupe qui invite donc à la méditation, à la "présence pure" (titre d'un très joli livre de Christian Bobin). Immersion dans la nature, contact intime avec la main.

 

Une petite révolution donc, par les effets que cette coupe produit sur ma pratique du thé. J'évoque ici davantage les effets que la cause. La cause étant la coupe elle-même, qui dès l'instant où je l'ai découverte, sortant de son papier bulle, m'a bouleversée. J'en reparlerai ultérieurement, mais vraiment Eric Soulé est un grand artiste. Je ne peux que vous inciter à découvrir son travail.

 

 


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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 12:29

A VENDRE :

 

Set porcelaine signé Petr Novak.

Théière 18 cl + 1 tasse.

Emaillée intérieur et extérieur. Couleur céladon.

 

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Hohin en porcelaine.

25 cl.

Filtre métallique.

 

 

 

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Si vous êtes intéressé(e) :

lionel.quere@laposte.net


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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 11:36

ou quand le génial auteur des Mystères de Paris nous parle, à sa façon, du thé :

 

"La réaction en bien n'est pas brusque comme la réaction en mal ; ses effets se prolongent davantage. C'est quelque chose d'onctueux, d'ineffable, qui peu à peu détend, calme, épanouit les coeurs les plus endurcis et leur fait goûter une sensation d'une inexprimable sérénité."

 

page 586, éditions Quarto Gallimard

 

Chacun aura reconnu ici les allusions à l'after-taste [se prolongent d'avantage], au qi [qui peu à peu détend].

 

Selon moi, il évoque ici clairement la dégustation d'un futsumushi sencha, hon.yama par exemple, dans un kyusu yakishime (cuit au feu de bois) :  after-taste infini, "onctueux", "ineffable", et surtout "fait goûter une sensation d'une inexprimable sérénité"...

 

Au delà de cette citation particulière, c'est un livre que je ne peux que vous recommander chaudement (genre 65°C...).

 

 


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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:22

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 13:19

kuro to shiro

noir et blanc

 

la corolle des fleurs de prunus

et la tasse de Hagi blanche

abritent le même nectar

 

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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 17:27

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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 10:20

Performance et Robustesse

 

(ces temps-ci je philosophe et conceptualise...)

 

Au vu de mes expériences actuelles, je réalise que le thé est un compromis entre performance et robustesse.

Performance : capacité à produire une liqueur de qualité, qui procure du plaisir olfactif, gustatif.

Robustesse : capacité à fonctionner, à être efficace en toutes circonstances.

 

Pour illustrer ces notions, je reprends mon duo sencha/pu er. La façon dont je vis ces 2 familles de thé me fait dire que mon sencha est performant mais peu robuste, et que mon pu er est moins performant mais plus robuste.

 

Mon sencha est performant parce que dans disons 90% des cas j'obtiens une liqueur qui me ravit au plus haut point. Un délice. Le summum selon moi du plaisir des sens, goût de la liqueur, manipulation de magnifiques ustensiles. En revanche, pour atteindre cette performance, il me faut réunir des conditions et des efforts qui rendent cette pratique peu robuste. Calme, silence, esprit reposé, peser les feuilles, contrôle de la température de l'eau, temps d'infusion, ustensiles de qualité, évidemment thé de qualité. Réunir ces facteurs de réussite n'est pas toujours aisé, si bien que je juge ma pratique du sencha peu robuste. Conséquence : une pratique qui se raréfie pour moi.

 

Rouler dans une Ferrari à 300 km/h procure des sensations fortes, un plaisir immense (j'imagine...), mais il faut la Ferrari, de belles routes rectilignes sans radar, ou réserver un circuit rien que pour soi...Performant, peu robuste.

 

Mon pu er est bien plus robuste. Petite xishi toute simple, un jeune sheng floral et parfumé. On extrait quelques feuilles de la galette, dans la théière, eau bouillante, 30 sec, 1 minutes, 3 minutes...On se prend pas la tête...Une dégustation qui se prolonge dans le temps, qui peut être interrompue puis reprise. Une pratique qui pour moi passe et fonctionne bien dans beaucoup de circonstances. Et quid de la performance ? Dans l'absolu, ça ne rivalise pas selon moi avec mes sencha...mais ça atteint néanmoins souvent de très bons niveaux. Donc la performance est là, mais plus variable.

 

Ce n'est plus là la Ferrari à 300 km/h mais au moins le coupé Alfa-Roméo ou l'Audit TT sur les routes de campagne près de chez soi. Plus facile à mettre en oeuvre et certainement générateur de plaisir.

 

Ces 2 concepts vous parlent-ils ? S'appliquent-ils à votre thé ?

Est-il possible de les porter tous 2 conjointement au plus haut point ? ou faut il en sacrifier un au profit de l'autre ?

 

 

 


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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 17:05

Depuis ma découverte du thé japonais en juin 2010, le sencha avait pris une place prépondérante dans ma pratique du thé, réduisant le spectre des thés que je dégustais. Sencha le matin, le week-end, au bureau en journée...Depuis quelques mois, à la faveur de rencontres et d'échanges avec d'autres passionnés, je me remets au pu er. Et avec quel bonheur ! Je revisite ainsi ma cave constituée dans les années 2004-2007...de taille modeste, mais composée de petits trésors...Ceci m'amène à quelques réflexions autour de ces 2 types de thés très différents en plusieurs points (selon moi).

 

Le sencha est le thé de l'instant et de l'intime.

Le pu er est le thé de la durée et de l'ouverture.

 

Je constate que le thé japonais devient vraiment mon thé du matin. Levé 6h15, opérationnel à 6h30 par là. Les enfants dorment encore. L'aurore pointe. Silence. La tête encore peu encombrée des multiples pensées et préoccupations à venir. Shudei ou Yakishime de Yamada So. Asatsuyu ou joli asamushi de Saïtama. Savourer chaque gorgée avec intensité, un maximum de présence et d'attention. Etre là.

Je n'arrive plus à sortir mon sencha en après-midi le week-end. Comme si c'était mon secret. Trop de lumière. Risque d'être dérangé.

 

Cette place laissée vacante par le thé japonais est désormais occupée par le pu er. Mon coup de foudre en la matière ont été les jeunes pu er shengs de Essence of Tea. Quels thés ! Si raffinés, élégants, purs, parfumés...Et pourtant encore jeunes, 2010 ou 2011. Par ricochet, je redécouvre mes pu er anciens ou entre-deux-âges...Et il est clair qu'après les avoir clairement mis au second plan pendant 3 ans, eh bien j'aime toujours ça !

 

J'aime boire un jeune sheng de 1-3 ans sur la durée d'une journée. 7g (en gros) de Mansai, Banpen ou Mannuo 2010 EoT le matin dans la xishi 10 cl en arrivant au bureau à 9h, les 5 premières infusions sont géniales, les 5 suivantes très bien, il est alors 15h, les quelques dernières tiennent très bien la route. Eau bouillante. Temps d'infusion au pif. Ca répond presque toujours bien. Pas prise de tête. Du plaisir.

 

Une façon de vivre ces 2 thés très différente. 2 approches complémentaires. Un bon équilibre.

 

En terme de stratégie d'achat la différence est aussi nette.

 

Le thé japonais se boit frais, dans le mois en gros une fois le sachet ouvert. J'en achète 3-4 fois dans l'année, 500g environ chaque fois. Ce n'est pas un thé qui se stocke. L'achat peut être impulsif, coup de coeur. On s'engage sur un sachet de 100g, si on aime on renouvelle...

Le pu er impose une logique assez différente.

1/ Le pu er est un thé millésimé. Chaque produit est unique. Existe en quantité limitée. Donc quand on goûte, qu'on aime, on est tenté d'en racheter pour mettre de côté, ne pas passer à côté d'une bonne affaire.

2/ Le pu er est un thé qui se stocke, voire qui s'améliore en vieillissant (le voire dans cette phrase peut donner lieu à discussions...). Une stratégie peut donc être d'en stocker pour faire vieillir chez soi et ainsi éviter d'acheter des produits déjà anciens à prix faramineux.

3/ Le pu er se vend sous forme compressée, souvent galette de 357g, brique 250g etc. Donc quand on en achète un, on en prend pour mini 350g souvent. Les quantités ainsi constituées peuvent assez vite devenir importantes.

 

En quelque sorte, l'approvisionnement en pu er me stresse. 1/ La peur de passer à côté de bonnes affaires. Un truc à ne pas rater, on sait que la récolte suivante on ne retrouvera pas le même. A l'inverse du sencha...J'ai adoré le Saemidori de Kagoshima 2011, je pense que j'en retrouverai de qualité assez semblable en 2012. 2/ Avoir chez soi des carrés 1979, des briques des années 80, des galettes des années 90, on sait que ce sont des ressources non renouvelables. Chaque grame consommé c'est ça de moins. Je sais donc que régulièrement je me ravise avant de mettre de telles feuilles dans ma théière, pas les conditions idéales, je vais gâcher...Et puis si on aime les pu er évolués, 10-15 ans par exemple, il faut établir un plan d'achat de jeunes pu er de l'année par exemple, pas trop chers, à stocker chez soi, pour plus tard. Alors que le japonais, on achète, on boit, on rachète on reboit etc. Il n'y a pas ce souci du moyen-long terme.

 

Voilà de façon un peu décousue mes réflexions du moment...


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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 13:17

ce matin, 6h45

hon.yama sencha

cette pierre de rivière me sert de repose-couvercle

(réalisé sans trucage)

 

うれしい , ureshii, heureux

 

 

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