Je pense avoir trouvé la raison de mes insomnies récentes (non non ce n'est pas mon adorable petite fille de 15 mois, Fleur, qui se réveille la nuit car ses parents lui manquent...à moins que...). Non, la raison tient à mon avis à un des précédents posts que j'ai publiés dans lequel je présentais ma théière taïwanaise sous toutes les coutures...Quel rapport ? me direz-vous...Eh bien, avoir rendu accessibles aux internautes théophiles du monde entier les photos d'une telle merveille n'aura pas manqué d'attiser les convoitises, ne pensez-vous pas ? (Peut-être même faites vous partie de ces amateurs conquis par cette ravissante théière...?). Donc, revenant à mon raisonnement, je me suis dit que mes insomnies provenaient probablement de ma crainte, inconsciente dans un premier temps, de voir ma théière subtilisée par un internaute dont les tendances cleptomanes auraient été révélées par ces images. Il me fallait donc trouver un remède à ces brêches creusées dans mes nuits. Somnifères ? Bof...J'ai trouvé mieux : mettre l'objet du désir sous la protection d'un infaillible gardien. J'ai un instant songé au gendarme Cruchot, de la célèbre brigade de St Tropez. Mais son sens du spectacle risquait d'éloigner son attention de l'objet de sa protection...J'ai donc choisi le plus courageux et intrépide chevalier de l'histoire de la littérature mondiale, peut-être l'aurez-vous reconnu sur la photo ci-dessus, j'ai nommé le chevalier à la Triste Figure (comme il voulait qu'on le nomme), plus connu sous le nom de Don Quichotte de la Manche. Après avoir combattu les moulins à vent, le voici donc aux prises avec, croyez moi, de biens réels brigands prêts à mettre la main sur ma précieuse théière...
Au passage, je ne résiste pas au plaisir de vous offrir un extrait de Don Quichotte...
Là-dessus ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent, et, dès que don quichotte les vit, il dit à son écuyer : "La fortune conduit nos affaires mieux que nous n'eussions su désirer, car voilà, ami Sancho Pança, où se découvrent trente ou quelque peu plus de démesurés géants, avec lesquels je pense avoir combat et leur ôter la vie à tous. - Quels géants ? dit Sancho. - Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras, et d'aucuns les ont quelque fois de deux lieux. - Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui semble des bras sont des ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir le pierre du moulin. - Il paraît bien, répondit don quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et, si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille." Et, disant cela, il donna des éperons à son cheval Rossinante. (4è de couverture / Cervantès / L'ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche I / Folio Classique).
Ce post est dédié à Christophe, mon petit frère.