Petit matin
Un matin de septembre, vers six heures. Bouche légèrement pâteuse (désolé pour les détails !), paupières collantes, cheveux hirsutes. L'heure n'est pas à la dégustation d'un délicat tuo cha 1978 ou d'une complexe galette 1985. Les sens ne sont pas encore en éveil, les papilles gustatives insuffisamment alertes et sensibles. Je choisis donc un pu er cru (sheng/vert), Yi Wu 2001. Non pas une dissection analytique de la liqueur, une démarche de critérisation comme le dit Jean Montseren, mais une rencontre, un contact, un moment de thé. Une rencontre amicale mais virile, parfois violente. Ce jeune pu er est encore sauvage et fougeux, le dompter n'est pas une mince affaire. Finalement, la théière de Yixing aidant, arrondissant les angles de ce pu er encore brut, et au prix de quelques coups de griffes - légers assauts d'amertume et d'astringence - c'est un joli bout de chemin que nous parcourons ensemble. Je débute ma journée, il commence son long et patient processus de vieillissement qui à n'en pas douter fera de lui un Grand pu er. Mais nous nous retrouverons encore d'ici là....
soleil encore timide
empreintes de draps sur la peau
Yixing déjà chaude