Moi je vote rouge !

Hier, en cette belle après-midi ensoleillée de février, j'ai dégusté deux très jolis thés rouges. A gauche sur la photo : Su Hong Mao Jian, à droite : Chuan Hong Jin Ya. Chacun 2 g en zhong.
Deux thés rouges aux notes très pâtissières et gourmandes. Les feuilles du Su Hong Mao Jian dans le zhong réchauffé diffusent un parfum de glace au chocolat, de cacao, quelque chose de très dense et sucré. Des feuilles rinçées s'échappe un parfum qui me rappelle Oriental Beauty, comme de la lavande, une essence de fleur enivrante. La liqueur : "Waouh, c'est fort !" (le dosage est peut-être un peu excessif pour de si petites feuilles...?). Là aussi, quelque chose de très dense, avec la caractéristique principale de ce type de thé rouge en très petites feuilles noires : beaucoup de matière, de force et de longueur en bouche. Il n'est pour autant pas pesant. Mais on imagine les "particules" porteuses des saveurs, nombreuses dans cette liqueur. Une légère amertume s'annonce, mais très furtive. La couleur est vraiment très belle sur de la fine porcelaine blanche : orange, marron, dorée.
Le Chuan Hong Jin Ya est très différent. Les feuilles sont superbes : de longs bourgeons duveteux et dorés (golden tips), quasi exclusivement des bourgeons. Le parfum des feuilles sèches dans le zhong chaud est un pur régal : abricot sucré, caramélisé, pêche. Sur les feuilles rinçées des rappels de jeune pu er : minéral et végétal, fumée ? tabac ? Probablement l'origine commune des feuilles : le Yunnan. L'infusion est marron, vert kaki, gris. Je dirais que la liqueur ne tient pas toutes les promesses que nous ont faites les feuilles : on ne retrouve pas ce côté si gourmand et sucré. Mais la tarte à l'abricot saupoudrée de sucre caramélisé est toujours un peu là tout de même.
Bref, une après-midi gourmande : glace au chocolat et tarte à l'abricot. Pour pas une calorie !
Je trouve que la place réservée aux thés rouges sur les cartes des maisons de thé, et sur le net, boutiques et blogs, est injustement trop réduite. Certes ils n'ont pas la palette arômatique et gustative des meilleurs wulongs, ni d'anciens pu er. Personnellement je les adore. Particulièrement ceux de la famille du Su Hong Mao Jian présenté ici, en toutes petites feuilles, aux notes chocolatées avec une nuance de fleur. Le Yi Hong Gong Fu est aussi très beau : chocolat et rose, avec une charpente et une force étonnantes. Je me demande parfois ce que donneraient ce type de thés dégustés en gong fu cha...Certains d'entre vous l'ont-ils déjà essayé ?