Mes familles de pu er

Nous sommes nombreux ici à petit à petit constituer une "cave" à pu er, au vu des posts de ces dernières semaines sur mes blogs préférés (suivez mon regard en bas à droite de l'écran...). Une fois cette petite famille réunie, et en les côtoyant régulièrement, je me rends compte que je peux les ranger en plusieurs sous-familles..."Classement" que je vous soumets ici, sachant que les frontières entre les classes sont étanches...
Il y a d'abord les carrés que je trouve vraiment à part. Je ne connais que les carrés 80 et 85 de M3T. Ils sont pour moi épicés, poivrés, avec beaucoup de relief, de mordant, de la force, du camphre. La liqueur peut être très noire. A la limite entre le très jeune et le pu er qui commence à acquérir de réels caractères de vieux pu er. "Ils sont en fin de jeunesse" m'avait dit un jour Mme Tseng, je trouve cette expression juste.
Puis les raffinés, subtils, complexes, famille dans laquelle je range le vrac 1970, le Tuo Cha 78. La galette 1985 est certes puissante, mais je la range là aussi : la liqueur reste marron-orange foncé, jamais très noire. Je les prépare en taïwanaise, pour préserver leur complexité et délicatesse. Ils demandent un palais neutre, bien disposé à détecter toutes les subtilités de ces thés de grande classe.
Viennent ensuite les gourmands, boisés, ("cuits" en général), les briques 83 de M3T, ou encore la Fu Hai 2000 de Stéphane (Merci Philippe pour l'échantillon !). De la mâche, liqueur noire, complexité moyenne, notes de croûte de pain très cuite, notes pâtissières, beurre, etc...

Avant-dernière famille, les minéraux (que les racines de ce hêtre vont puisser profondément dans le sol). Galette 1998 n°31, Brique 1986 n°12, Tuo Cha 86 de M3T. Parfois déjà âgés, mais encore si jeunes ! Liqueur orange translucide, du relief en bouche, du liège, de l'écorce d'arbre (que je consomme comme Raphaël et Philippe pour compenser les dépenses en thé...). De la subtilité aussi, mais ces pu er n'ont pas encore acquis la complexité que dans 20 ans ils connaîtront.
Enfin, les p'tits jeunes : admirable galette 1999 n°30, Yi Wu 2001 et 2003 de Stéphane. Notes clairement végétales, florales aussi, liqueur jaune-vert, rafraîchissants, parfois amers et/ou astringents (selon aussi le dosage et le temps d'infusion). Peu complexes encore, mais dejà de belles choses à dire.
Certes chaque pu er est unique, certes chaque pu er a ses caractéristiques propres, et "l'enfermer" dans une classe n'a pas grand sens. Certes d'une dégustation à une autre parfois un pu er passe d'une famille à une autre. Peut-être ne serez-vous pas d'accords avec ce classement et les thés qui composent les classes (surtout si vous ne les connaissez pas évidemment...). Mais je suis curieux de savoir si vous aussi, détenteurs de jolies collections de ces merveilleux thés, avez consciemment ou inconsciemment ce type de "classement" en tête, et si vous adhérez à celui que je vous propose là...