Vous la connaissez déjà un peu, mais cette fois-ci je vous la présente en détail. Le jour où j'ai su que les pu er allaient m'accompagner tout au long de ma vie, j'ai décidé de faire une folie : m'offrir, et leur offrir, une théière de potier. Plutôt que de démarrer le culottage d'une théière "quelconque" avec ces thés, et de vouloir en changer après plusieurs années, j'ai fait le grand saut d'emblée. Voici donc l'élue de mon coeur. Je n'ai pas hésité une seule seconde, quand, dans la boutique, une petite dizaine de théières étaient alignées devant moi. C'était elle.
Je la trouve d'une originalité folle. J'adore les théières, leur esthétique, et je m'attarde souvent à les admirer quand j'en "croise" sur mon chemin de thé. Jamais je crois n'en avoir vue avec de telles lignes, une telle audace dans les formes. Elle a globalement une forme de cloche (!!). Elle comporte beaucoup de ruptures de lignes : son petit "socle", deux arêtes très nettes sur le corps, puis la finesse du couvercle. La simple insertion du petit "bouton" sur le couvercle est un pur chef d'oeuvre ! Vu de dessus le couvercle, on voit se dessiner plusieurs cercles concentriques...très joli (malheureusement je n'ai pu restituer ce détail en photo).
Les deux points d'insertion de l'anse se situent sur ces arêtes très fines. Malgré cela, l'anse ne donne pas l'impression d'être soudée brutalement au corps de la théière. Bien au contraire, il y a une continuité entre ces deux éléments. Comme si l'anse était née naturellement, engendrée par la théière elle-même, et non ajoutée par un être extérieur, en l'occurence le potier. Le bec verseur possède aussi cette qualité. Le potier s'appelle "Yang Wen Ji". Cette théière a été façonnée l'année du lièvre (1999). C'est ce que montrent les idéogrammes suivants...
Ce potier a vraiment des mains magiques, car d'autres de ses oeuvres sont magnifiques. Allez par exemple voir la photo du post d'accueil de "La galette de thé" (voir rubrique Liens). J'adore cette théière de mon ami Philippe !
Les parois de cette théière sont plutôt fines. Voilà pour l'esthétique, passons maintenant à ses qualités fonctionnelles. Premièrement, elle restitue les parfums des feuilles de façon incroyable. Je suis très sensible au parfum des feuilles sèches dans la théière chaude (particulièrement sur les pu er, mais aussi les rochers notamment...), puis des feuilles rincées, puis de l'infusion (feuilles humides) au cours du temps. Cette qualité, rarement soulignée chez une théière il me semble, revêt donc une grande importance à mes yeux. Mon autre théière par exemple, la Yixing ancienne, "perturbe" davantage les parfums, ayant elle-même un parfum très affirmé. Deuxièmement, cette théière permet une dégustation "analytique" d'un thé. Elle permet d'y déceler toutes les subtilités, chose moins facile avec une terre épuisée, laquelle donne du "gras" à la liqueur, l'influence plus je trouve que ne le fait cette taïwanaise. C'est pourquoi je l'utilise pour déguster mes pu er les plus délicats et les plus anciens.
Bref, cette théière, tant du point de vue esthétique que fonctionnel, me comble de joie...