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climax ou entropie ?

6 Août 2010, 15:07pm

Publié par Lionel

La sagesse, c'est la capacité à créer du bonheur avec ce dont on dispose.

 

En matière de thé, je me rends compte que je crois souvent en l'illusion que mon bonheur passe par l'acquisition de quelque chose d'extérieur. Je me sens en quête perpétuelle de mieux. Cela fait 8 ans que je m'intéresse au thé, et j'ai le sentiment de sans cesse chercher, projeter l'achat de nouveaux thés et ustensiles. J'ai en projet une commande de thés japonais en fin d'été, je lorgne sur de nouveaux wulongs et garde dans un coin de ma tête 3-4 références de pu er intéressantes. En 8 ans, j'ai acheté je crois 17 ou 18 théières, une vingtaine de tasses et autres ustentiles (revendu aussi 5 théières et cassé quelques objets en porcelaine...). J'ai passé 3 ans à être fan quasi inconditionnel de pu er, puis vinrent les rochers, aujourd'hui ensevelis, puis les wulongs taïwanais - miellés, et maintenant ce sont les thés japonais qui me passionnent depuis 2 mois de façon quasi exclusive...

 

Je me dis que ces recherches, acquisitions nouvelles sont des étapes qui, un jour, mèneront à un état stabilisé. Or il n'en est rien...Et je n'aime pas trop cette sensation d'incomplétude, j'aimerais stabiliser ma situation en quelque sorte, me dire : "voilà, t'es bien là, savoure...".

 

Est-il possible d'atteindre un climax ? : point de plus grande intensité d'une force dans une série ascendante, point culminant (source wikipedia).

Ou doit-on se résoudre à une entropie permanente ? : désordre, le mot est trop fort, quête du toujours mieux...

 

S'ennuyerait-on si l'on cessait de chercher, fouiner le monde du thé ? Est-ce cela qui nous tient en haleine et maintient notre passion vivante ?

 

De quel côté vous situez-vous ? Cela dépendra aussi de son ancienneté dans le monde du thé, du chemin déjà parcouru sur le chemin...

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SoL 14/08/2010 14:25



et bien je te comprends... d'accord avec toi : 2 ou 3 thés en magasin, 2 ou 3 théières adaptées pour aller avec...  mais pourquoi tendre vers un truc qui ressemble tellement à une fin,
une complétude, un équilibre, une satisfaction absolue ?... pour moi le thé est un prétexte à tirer les ficelles de la vie, de la culture, de la gourmandise ; on n'a pas fini de tester, et
pourtant je suis du genre fidèle.


ça me fait penser à ce qu'à dit l'autre jour mon ami le graveur Erik Saignes : il a abandonné la couleur, pour ne plus utiliser que des encres noires pour ses estampes ; apparemment plus simple
(c'est ce qu'il recherchait, la sobriété, voire austérité), et combien plus riche en possibilités !



Robin 06/08/2010 22:30



Bonjour,


Ton billet me touche beaucoup, faisant justement écho à mes interrogations du moment. 


Etrange vision : des millions de feuilles de thé, toutes différentes, à qui il faut apprendre à s'adresser avec justesse.


J'ai cru un temps que je m'efforçais de boire le meilleur thé possible, ou du moins différents excellents thés, pour sentir et toucher l'inépuisable richesse du goût, comme si c'était du choix et
de la préparation de ces feuilles que devait provenir la sérénité - comme s'il fallait seulement savoir plus, agir mieux, acheter plus cher, pour avancer.


Il y a quelques jours, j'ai vu le merveilleux Departures, de Yojiro Takita, et ce film m'a rappelé pourquoi j'aimais le
thé : dans l'exacte précision de chaque geste, dans l'extrême attention accordée à chaque chose, j'ai reconnu le délice de mes plus belles tasses de thé, celles que j'ai préparées et dégustées en
y mettant tout mon coeur.


J'espère que je n'oublierai pas cela, la prochaine fois que je m'assiérai sur mon tabouret - l'importance de cet acte tout simple, infuser le thé, le boire, non comme on déguste un mets seulement
raffiné, mais comme on ajuste les détails d'un rituel.


Et sans doute je l'oublierai, ce sommet de mon existence, je le trahirai mille fois, parce que je suis une pauvre chose, mais pour l'ancrer en moi, pour en faire ma chair et mon sang, pour qu'il
devienne mon quotidien, j'ai tout le reste de ma vie.



hobthe 06/08/2010 21:50



oups, je voulais écrire "papillonner".



hobthe 06/08/2010 21:49



Je ne suis pas aussi "calée" que Flo ou Nicolas. Mais je pense qu'une quête quelle qu'elle soit n'a d'intérêt que si elle est permanente, elle permet ainsi une
"évolutivité" continuelle.


Quant à l'entropie, je dirais que c'est la "norme"!!! 


Je n'ai pas autant d'expérience que toi dans le monde du thé (quoi que depuis ma plus tendre enfance, j'ai "vécu" les cérémonies du thé à la menthe) mais je "paillonne" déjà pas mal...


En tout cas, merci pour cet article intéressant.



Nicolas 06/08/2010 18:38



Bref tu es toujours en chemin et cela t'interpelle?


Ma voie politiquement correcte du thé est très récente. Par contre ma voie personnelle en yoga est maintenant forgée au point que je puis me permettre d'être professeur et à mon tours de guider
les autres dans leurs propre voie de yoga...


La sagesse est pour moi une image d'Epinal, j'affirme même que la Sagesse ("S" majuscule) n'est réservée qu'à une faible élite ayant été sur ce chemin depuis très très très longtemps.


Par contre ce qui est accessible à tous sans exeption c'est l'évolution personnelle!


Regarde autour de toi ces gens qui n'évoluent pas, répètant sans cesse les mêmes comportements stériles. Les mêmes rencontrs conflictuelles, etc...


Flo à écrit :"quand on se met à picoler du thé, il faut s'attendre à être déstabilisé un peu tout le temps"; pour le yoga c'est pareil. Et perso je serais toujours en recherche au fond de moi.


Pour répondre clairement à ta question, il n'y a pas de point culminant c'est la vie.


Je suis sorti un peu du sujet du thé, mais une voie est une voie, quel que soit son nom, thé, yoga, ou autre. Elle ne sont pas incompatibles et peuvent même être complémentaires.


Bonne journée